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ESQUISSES HISTORIQUES SUR LES ORIGINES DES SCIENCES BIOLOGIQUES

(Paris. C. Naud, s. d., 1904).

Sous ce tilre sont réunies en une brochure de 167 pages les leçons que nous avons eu l’occasion de faire sur différents sujets relatifs à l’hislorique des sciences biologiques en général, de l’histologie en particulier. Notre but était de vulgariser les notions recueillies au cours de nos recherches sur les travaux, les méthodes et la vie de certains savants qui, aux siècles précédents, dégrossirent « ce bloc de la Connaissance » contre lequel on s'acharne encore aujourd’hui.

C’est à ces hommes, qui eurent nom Malpighi, Leeuwenhoek, Ruysch, Harvey, et, plus près de nous, Bichat et Schwann, que revient la réelle paternité de la Biologie moderne, établie, sur les bases solides de leurs immortelles découvertes. De lè le litre de Pères de la Biologie donné au recueil dans lequel nous avons rappelé leurs travaux et leur physionomie particulière, essayant de les faire revivre un instant, tels qu’ils nous apparaissent actuellement à travers leurs œuvres et les résultats acquis par eux à la science.

De microscope, qui permit de pénétrer plus avant dans la connaissance de la structure intime des organes, fut inventé au xvii* siècle. C’est l’histoire de cet instrument et de l’application des verres grossissants aux investigations biologiques qui est esquissée dans le premier chapitre (‘). Après la descriptiondes instruments utilisés par Demisiano, et Leeuwenhoek et l’étude des perfectionnements apportés par Z. Janssen, R. Hooke, Foulana, Campani, etc., qui construisirent des microscopes composés très voisins de ceux d’aujourd’hui, nous avons exposé les premières découvertes que ces instruments grossissants permirent de réaliser: les naturalistes

éludiant les végétaux et les insectes, Malpighi le rein, la rate et le poumon, Hai-vey découvrant la circulation du sang et étudiant le développement de l’oeuf. En Hollande, Leeuwenhoek, avec une instrumentation fort rudimentaire qu’il construisait lui-même, décrit les globules du sang, voit, avec son élève Louis Ham les animalcules spermatiques, et communique ses innombrables observations à la Société Royale de Londres. Swammerdam, Ruysch, par l’ingéniosité de leurs rechercbes contribuent è modifier complètement les notions régnantes en anatomie.

A la suite de ces recherches et sous l’impulsion de Sténon, les esprits furent orientés vers l’anatomie de structure, que commencèrent à établir les anatomistes du xvii' siècle, parmi lesquels nous avons spécialement étudié Malpighi et Ruysch.

Comme nous l’avons fait pour Leeuwenhoek, la vie de Malpighi et celle de Ruysch (') ont été exposées dans le second chapitre. L’œuvre considérable de l’anatomiste italien y est'analysée : ses recherches sur le poumon et la circulation pulmonaire, son ingénieuse méthode d’investigation qui lui permit de découvrir la circulation capillaire sont l’objet d’une description particulière. Nous l’avons suivi étudiant les papilles de la langue, la peau et l’épiderme, le corps' muqueux qui aujourd’hui porte encore son nom. Nous le montrons expérimentant sur le foie des animaux pour y surprendre le mécanisme du cours de la bile, décrivant les lobes du rein et les tubes urlnifères et « ces glomérules qui pendent aux vaisseaux comme des pommes sur les branches d’un arbre ». La rate est encore l’objet d’une descripuon minutieuse de la part de Malpighi ; il étend ses recherches aux glandes qu’il tente de classifier, et, partisan de la doctrine de de Graaf, il étudie dans un traité « Ve formatione pulli » le développement embryonnaire du poulet. Les résultats de ses recherches furent considérables, la multiplicité des organes auxquels est resté attaché son nom le prouve sans conteste, aussi un historien contemporain a-t-il pu justement l’appeler le Phénix des Anatomistes.

Le Hollandais Ruysch, adversaire de Malpighi, observe surtout le système

Hhloloÿk : Malpighi (1628-1621), Rujsch (1658-1

circulatoire. Nous lui devons la méthode des injections fines, la découverte des artères pénicillées de la rate, du système vasculaire de la choroïde, du cœur, de la peau. Technicien d’une rare habileté, nous le voyons pratiquer des injections cadavériques avec une surprenante perfection. « Ses momies, a dit Fontenelle, prolongeaient en qnelque sorte la vie, au lieu que celles de l’ancienne Égypte ne prolongeaient que la mort. » Il avait rassemblé dans un riche musée anatomique une quantité considérable et précieuse de pièces de toutes sortes, humaines, zoologiqnes.

Les progrès réalisés par Malpighi et Ruysch, dans deux directions opposées, ont permis d’établir les données positives que nous possédons aujourd’hui sur la structure des glandes, leur vascularisation et leur fonctionnement physiologique.

Parmi les premières découvertes que réalisa l’emploi du microscope, l’une des plus importantes fut celle des spermatozoïdes(*), qui révolutionna les idées régnantes sur le mécanisme de la fécondation. A qui revient l’honneur de cette découverte, à Louis Ham, et à Leeuwenhœk ou à Hartsœker? Nous avons exposé les données de ce problème sans oser le résoudre. Hartsœker semble avoir observé les animalcules dès 1674, alors que Leeuwenhœk ne les aurait décrits qu’en 1677. Quoiqu’il en soit, nous avons fait l’historique de la question, développant les conceptions de chacun des observateurs, les conditions de leurs expériences, les descriptions exactes ou fantaisistes que l’on fil de ces éléments, dont la nouveauté renversait les principes de la scolastique et les très anciennes théories édifiées par Hippocrateet Aristote. Cet absolu bouleversement provoqué par la découverte des spermatozoïdes nous a amené à esquisser l’histoire des théories qui se sont succédé sur la génération depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours. Passant en revue les idées des peuples primitifs sur le rôle de la semence du mâle et du sang menstruel exposées dans les documents qui ont permis de reconstituer les opinions des Hébreux et des Hindoux, puis celles des philosophes et des médecins grecs qui croyaient au mélange des deux

semences mâle et femelle. Nous arrivons à Aristote qui, le premier, compare à un œuf lefœtus entouré de ses membranes. Apartir de celte époque jusqu’à la fin du moyen âge, on n’ajoute rien à ces notions. Il faut arriver au xvi' siècle pour voir se préciser certains détails anatomiques : la description des ovaires et des trompes deFallope et les premières observations cmbryogéniques (Fabrice d’.Acquadente). Au xvn" siècle, nous assistons à la naissance d’une science nouvelle, la physiologie. S’ajoutant aux découvertes microscopiques d’Hartsœker et de Leeuwenhœk, les recherches d’Harvey et de Reinier de Graaf apportent quelque lumière au problème de la génération. Nous voyons Harvey étudier la fécondation de l’œuf de poule, observer la naissance du cœur « punctum saliens », puis, ne retrouvant pas de sperme dans les organes génitaux des femelles, comparer le fœtus des vivipares à celui des ovipares et émettre enfin son aphorisme célèbre : « Omne vimm ex ovo ». Pour lui comme pour de Graaf, le rôle de l’ovaire dans la fécondation était prépondérant. Reinier de Graaf, Hollandais longtemps hôte de la France, découvre la formation de vésicules sur l’ovaire et pressent la présence de l’ovule qu’il ne peut démontrer. A ce moment, deux écoles se trouvent en présence ; les uns, les ovistes, prétendent que les parties essentiellesdunouvelêtrepréexistent dans l’œufovarien, les autres, s'appuyant sur les observations microscopiques des animalcules du sperme, les spermatisles, voientdans ces éléments de véritables embryons qui se développent dans l’œuf de la femelle. C’est la lutte passionnée entre ces deux théories que nous avons rapportée avec ses deux déductions philosophiques de la préformation syngénésiqne et de l’épigénèse. Ceci nous a conduit jusqu’à la théorie des molécules organiques de Bulîon, jusqu’aux expériences de Spallanzani et de Bonnet jusqu’enfin à nos connaissances actuelles.

Avec le xix* siècle s’accumulent les notions positives acquises par Dujardin, Wagner, Lallemand, Kôlliker, Ch. Robin, Sertoli, sur le spermatozoïde et la spermatogénèse, la découverte de l’ovule par de Rær, les expériences de Prévost et Dumas, les observations de Foll, Herlwig et Selenka sur la fécondation, toutes choses qui ne sont pas encore de l’histoire mais le commencement de la science moderne.

Bichat fut tout à Ja fois un anatomiste et un physiologiste de génie: le montrons disséquant, expérimentant sur les animaux, faisant d( alogie sans miscroscope, étudiant la texture des organes par la macé- I, l’ébullition, la dessiccation, etc. ; il classe les systèmes anatomiques décompose en tissus élémentaires. Mort à 51 ans, il fonda pendant le si courte, une anatomie et une physiologie nouvelles. 'Vérilabh alionnaire dans le domaine des sciences biologiques, c’est à son iman puissante que sont dues les belles découvertes de l’anatomie de l’e et de l’histologie.

;hat ne se servait pas du microscope, mais pour voir plus et mieu; ai, ses successeurs surent l’utiliser. Tréviranus, Raspail, Dutrochet; mt les tissus, y distinguèrent les parties élémentaires. La notion d( e, qui remonte à Robert Hooke, confirmée par Grew et Malpighi, est se par Brisseau-Mirbel pour les tissus végétaux. Brown signale la cone du noyau déjà aperçu par Leeuwenheek, Cavolini et Fontana, iden décrit dans la cellule végétale la paroi, le corps protoplasmique; fau et le nucléole. C’est alors que M. ïh. Schawnn (1839), généralilux tissus animaux la théorie que Schleiden avait formulée pour le: végétaux, reconnaît que toutes les parties organisées sont formée: n assemblage de cellules ; il fonde ainsi la théorie cellulaire et la scicnct •udie la formation, la multiplication, la mort des cellules : la cyto-

st l’histoire de cette science(’) et de ses rapides étapes que nous avon: lée en terminant : les modes de reproduction de la cellule, la division te et la caryocinèse. Les investigations poussées encore plus loin

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