HISTOLOGIE NORMALE
blés par l’abondance des srranulations basophiles qui bourrenl leur proto-
Généralement munis d’un seul noyau, ces éléments en présentent parfois plusieurs, sans que pourtant on trouve jamais de figures de karyokinèse à leur niveau. La pluralité des noyaux ne semble pouvoir s’expliquer que par la coalescence de plusieurs cellules semi-fluides et arrivées au dernier stade de la sécrétion.
Bans le cytoplasme des cellules, on trouve souvent une ou plusieurs vacuoles et chacune de ces vacuoles renferme presque toujours un corpuscule basophile ou sidérophile.
Parfois enfin, au centre d’une couronne formée par des cellules cyanophilos existe un amas plus ou moins abondant de substance colloïde,
2. — Les cellules sidérophiles de l’hypophyse chez la femme enceinte.
Comptes rendus de la Société de Biologie, 28 mars 1905, tuiiie IV, p. -i.'iO.
Nous avons appelé sidérophiles la plupart des cellules que l’hémaléine et l’éosine laissent incolores sur des coupes d’hypophyse de femme quelques jours après la parturition. Ces cellules qui correspondent en partie aux cellules chromophobes de Comte, jouissent en effet de la curieuse propriété de se colore:’en noir inlenso parla méthode de l’hématoxyline au fer de Heidenhain.
Cette propriété leur est conférée par l’abondance extrême de granulations spécifiquement colorables que renferme leur cytoplasma.
Les granulations ne sont pas également réparties dans toutes les cellules : il en est qui n’en renferment qu’une qitantité minime, il en est d’autres qui en sont tellement bourrées que leur protoplasma prend une teinte noire beaucoup plus foncée que celle du noyau.
Les cellules sidérophiles apparaissent soit isolées, soit agminées en groupes plus ou moins volumineux. Dans ce dernier cas, il n’est pas ton' jours facile de déterminer les limites des éléments ; ils semblent, en effet, se réunir en une sorte de syncytium, en rapport avec la fluidité et la mal-
qui existe enti-e les deux lobes constitutifs de la glande, le lobe épithélial l’emportant en volume sur le lobe nerveux beaucoup plus encore qu’à l’état normal.
En comparant d’autre part le lobe glandulaire chez une femme grosse à celui d’une femme en dehors de la gestation, on reconnaît facilement que, dans le premier cas, la structure est tout à la fois plus régulière et plus variée. Nous disons plus régulière parce que les tubes glandulaires présentent une direction déterminée; ils convergent tous, en effet,delà périphérie vers l’intérieur de la glande. Il y a comme une systématisation en rapport avec un fonctionnement plus actif. Nous disons enfin plus variée, parce que l’aspect général est modifié par les différences extrêmes de diamètre que présente le calibre des tubes. Ces différences donnent encore l’impression d’un travail de sécrétion plus intense.
Cette impression se confirme si on tientcompte des résultats que fournit une investigation plus approfondie faite à l’aide île forts grossissements. Elle permet de mieux apprécier les caractères propres à chacune des variétés de cellules que nous avons décrites et de pressentir sinon d’affirmer leur rôle.
Les cellules éosinophiles, situées en bordure, peu volumineuses, privées de granulations, possédant parfois deux noyaux, peuvent être considérées comme des éléments au repos, quant au point de vue sécrétoire. Si la masse de leur protoplasma augmente tout en se chargeauf de granulations colorées eu violet par l’héinatélue, elles deviennent des cyanophiles. Si, d’autre part, apparaissent dans leur cytoplasme des granulations sensibles à l’action de l’hématoxylineaufer, elles constituent des cellules sidérophiles à petit noyau sombre. Le noyau, prenant sans doute part, lui aussi, à la sécrétion, modifie son aspect et devient vésiculeux. En même temps qu’ils subissent ces changements, les éléments se trouvent repoussés vers le centredu tube ou ils achèvent leur évolution en excrétant un produit de sécrétion qu’on retrouve au milieu d’eux.
Cette évolution cellulaire, dont on retrouve les étapes à l’état normal ■chez l’homme, ou chez la femme, semble portée à son maximum d’intensité it la-fin de la gestation, de telle sorte qu’on peut conclure en disant que :
mentaüon de nombre et une hyperactivité fonctionnelle des cellules que nous avons dénommées sidérophiles.
Celle hypertrophie de l’hypophyse,, traduisant son hyperfonclion, est à rapprocher do celle que l’on observe dans la thyroïde, au cours de la gcs-
4. — Sur l’existence de vestiges embryonnaires dans la portion glandulaire de l'hypophyse humaine.
Comptes rendus de la Société de Biologie, 12 décembre 1903.
Dans l’épaisseur du parenchyme glandulaire l'iobe antérieur) de l’hypophyse humaine, nous avons constaté, à plusieurs reprises, la présence de formations difl'érant complètement par leurs caractères morphologiques et structuraux des cordons cellulaires qui constituent la glande.
Ces formations avoisinent habituellement la fente située à la partie postérieure du lobe antérieur, au voisinage du lobe nerveux.
Klles sont tantôt des vésicules tapissées par un épithélium cilié, parsemé de quelques cellules caliciformes, tantôt des globes épidermiques constitués par des cellules avec épines de Schrôn.
Elles représentent des cellules de la poche de Rathke qui ont évolué dans le même sens que les cellules buccales ou pharyngiennes, leurs sœurs d’origine.