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8. — Recherches sur la glande hypophysaire de l’homme. (Volume do 100 pages, illustré de nombreuses ligures dans le texte et de planches en couleurs, Masson, Paris, i90.i.) Thèse présentée et soutenue le 4 juin 1004 pour l'obtention du Diplôme de Doctorat (Sciences naturelles) de PUniversilé.

Celte étude, qui débute par une esquisse d'anatomie et dhistologie comparées, renferme les résultats de nos recherches sur l'embryologie, la structure et l'histo-physiologie de la portion glandulaire de l'hypophyse humaine.

L'embryologie est basée sur l’étude de coupes en séries provenant d’embryons humains, très bien conservés, mesurant de 5 à 44 millimètres et de trois fœtus âgés de 3 h 7 mois.

La méthode des reconstructions plastiques de Born et Peter a été appliquée aux coupes provenant de 7 embryons et l’interpretation du matériel ainsi Obtenu nous a permis de forihuler les conclusions suivantes :

Glande ectodermique, appliquée au contact du cerveau, l’hypophyse existe' chez tous les Vertébrés et chez leurs ancêtres directs, les Protocordés. Elle constitue donc une glande fort ancienne dans la série et son importance apparaît, de ce chef capitale.

Si on suit son évolution dans la série, on constate qu’elle subit une transformation essentielle ; de glande ouverte dans le pharynx, à sécrétion externe, elle devient glande close à sécrétion interne. Une Iransformation aussi radicale semble indiquer que la fonction de la glande hypophysaire n’est pas la même du haut en bas de l’échelle des Vertébrés. Cependant la constance et la persistance d’un voisinage inlime avec un prolongement du système nerveux central méritent d’être remarquées, bien qu’elles restent encore à peu près inexpliquées.

Chez l’homme, l'hypophyse résulte de la réunion de deux ébauches ectodermiques : l’une d’origine ectodermique directe, dérive du stomodœum, immédiatement en avant de l’insertion de la nolocorde à l’épithélium digestif, insertion qui se fait soit sur la racine supérieure du voile pharyngien, soit un peu en avant d’elle; l’autre, d’origine ectodermique indirecte, provient du plancher du cerveau.

La première, ébauche ectodermique, prend naissance après la résorption totale du voile pharyngien et, partant, après la disparition complète de la Poche de Seessel.

Elle ne présente, à son premier stade, que la partie médiane la plus reculée de l’angle dièdre stomodœo-intestinal.

L’ébauche est creuse dès son origine, elle est unique et présente, d’une façon générale, une forme aplatie d’avant en arrière. Ainsi constituée, elle représente la Poche de Rathke (lig. 9).

La paroi antérieure de la poche hypophysaire primitive est formée passivement par l’abaissement de la voûte du stomodœum poussée par l’expansion du diencéphale naissant (tig. 10).

La paroi postérieure résulte d’une prolifération superficielle de l’épithélium pharyngien situé immé¬

diatement en avant de l’insertion do la corde dorsale. Par suite de la prolitération du mésenchyme circonvoisin, la poche pharyngienne s’étrangle et se sépare progressivement du pharynx d’où elle dérive, car elle demeure accolée à l’infundibulum.

L'ébauche cérébrale apparaît beaucoup plus tard que l’ébauche stornodœale. Elle consiste primitivement en un bourgeon creux qui a la forme d’uu crochet dirigé en avant et qui naît du plancher de l’infnndibulum (fig. 12 et fig. 1.5).

Ultérieurement, sa forme, comme sa direction, se modifie et le proion-

ies cellules acidophiles, qui sont éosinophiles ou fnchsinophiles ou aurantiophiles ;

Les cellules basophiles (dites aussi cyanophiles) ;

Les cellules chromophobes.

Le pi'otoplasmade tous ces éléments est toujours acidophilc. Il renferme, sauf exception pour les formes acidophiles jeunes et les chromophobes, des granulations analogues aux granulations zymogènes qui infiltrent les éléments épithéliaux des glandes. Ce sont les affinités propres de ces granulations qui permettent de différencier les divers types cellulaires.

En dehors de leur acidophilie, qui peut être différente (fuchsinophilie des granulations jeunes, aiirantiophilie des granulations âgées), les granulations acidophiles présentent une réaction commune, la sidérophilie.

La cellule pnmordiale, dans l’hypophyse, lanl au point de vue mrphologùjue qu’au point de vue embryologique, est lapetite cellule éosinophile, à noyau compact, à corps protoplasmique réduit, non granuleux.

Son évolution peut se faire dans deux sens di/féreuts : ou elle donne naissance à une sécrétion acidopliile et, mieux sidérophile, ou elle donne naissance à des cellules basophiles et fournit une sécrétion basophile.

On est ainsi amené à distinguer dans l’hypophyse deux lignées cellulaires ; une lignée éosinophile à évolution sidérophile, une lignée éosinophile à évolution basophile.

Les éléments de ces deux lignées, après avoir éliminé le produit de leur élaboration, par un processus semi-holocrine, deviennent cellules chromophobes.

La sécrétion se traduit par l’apparition des granulations, qui, comparables aux granulations zymogènes farcissent plus ou moins le protoplasma. Ces granulations augmentent en nombre, deviennent confluentes et surchargent le protoplasma. Une portion de l’élément glandulaire, transformée en gouttes de sécrétion, se détache du noyau, qui demeure encadré par une mince couronne de protoplasma primitif non granuleux, et représente alors la cellule chromophobe.

Le produit de la sécrétion est une substance diaspect colloïde, présentant des réactions tantôt acidophiles, tantôt basophiles.

11 peut s’accumuler au centre des cordons glandulaires, dans le point qui correspondrait à leur lumière, s’ils étaient creux.

Disposée sous forme de gouttes ou d’amas, la matière colloïde rappelle parfois celle qui remplit les vésicules de la thyroïde.

Au milieu d’amas de cellules irrégulièrement disposées, on rencontre encore des flaques d’une substance à réaction différente de la première et qui est acidophile ou sidérophile.

Les réactions tinctoriales indiquent que le mélange de ces deux substances peut se faire dans la glande.

L’hypophyse sécrète encore de la graisse et toutes les cellules de ses tubes glandulaires sont susceptibles de prendre part îi celte sécrétion.

11 semble qu’il y ait excrétion de ces différents produits de sécrétion, et que cette excrétion se fasse dans les vaisseaux sanguins.

Des gouttelettes colloïdes se retrouvent dans le plasma sanguin; des granulations graisseuses infiltrent le protoplasma de certains leucocytes (polynucléaires) intravasculaires.

L’hypophyse obéit à la loi générale, suivant laquelle certaines glandes (les glandes à sécrétion interne) subissent des modifications pendant la gestation. Elle présente, dans les derniers mois de la gestation, des signes d’hyperfectionnement.

La portion épithéliale de l'hypophyse représente, chez l’homme, um glande très vasculaire. Celte riche vascularisation est en rapport avec sa fonction.

Nos recherches cytologiques, celles en particulier qui concernent la double évolution de la cellule hypophysaire, ont été confirmées par différents observateurs, en particulier par Scaffidi '. Peu de temps après la publication de notre travail, cet observateur a fait paraître iin mémoire dans lequel il admet, comme nous, l’existence, dans le lobe glandulaire de l’hypophyse, de deux lignées de cellules provenant d’une seule et

Tout dernièrement, Thaon', dans un travail très documenté, a apporté la confirmation de la plupart des résultats que nous avons obtenus au triple point de vue de l’embryologie, de la cytologie et de Thistophysiologie.

1. Tiiaon. L’hypophyse îi l’étal normal cl dans les maladies. Thèse de Paris, 1907.

Le microscope, armé de grossissements variables, nous a permis de décrire la structure des acini, des conduits excréteurs et aussi celui de la trame qui les renferme.

2“ A la puberté, la prostate, participe au développement rapide de l’appareil sexuel. A la loupe, on constate que les acini sont considérablement augmentés en nombre et en volume. Par leur ensemble, ils forment une véritable glande, dont les culs-de-sac sont répartis au-dessous et sur les côtés du canal de l’urèthre et s’étendent asses loin en bas, englobant dans leur masse les canaux éjaculatenrs. Les acini sont tapissés par un épithélium stratifié ; ils sont séparés les uns des autres par des travées abondamment pourvues de fibres musculaires lisses. A sa périphérie, la glande est circonscrite par une gaine formée de faisceaux conjonctifs, de

ihacun des lobes, on aperçoit de petites masses an e, depuis Velpeau, on considérait comme des fibro-n 1 leur périphérie, par un véritable anneau fibro-mu ntdans leur portion centrale des culs-de-sac glanduU isition arborescente. Une observation microscop grossissement de 800 diamètres, permet d’analyseï i-de-sac et de la trame et de constater, en particu rentrantes de la paroi est implanté un épithélium s :ux ou trois couches. Los cellules centrales aOec jge assez régulier.

ractères histologiques qui leur sont propres nous a’

Nous n’exposerons pas ici l’ensemble des documents qui nous ont permis de formuler cette loi, nous nous contenterons de dire qu’elle a été ultérieurement confirmée par les recherches de plusieurs de nos collègues de l’école de Neefcer, en particulier par Engelbach.

Admise par beaucoup, notre théorie pathogénique a été combattue par quelques auteurs et particulièrement en Allemagne par Casper. Dans le mémoire inédit que nous avons déposé à l’Académie de Médecine (Commission du l’rix Tremblay) et qu’elle a récompensé, nous avons répondu aux critiques et montré comment les altérations de structure, conséquences de la sclérose d’origine vasculaire, menaient l’appareil des gens âgés en état de réceptivité morbide et diminuaient en particulier sa résistance contre les offenses des germes infectieux.

Abordant en dernière analyse, le problème de la pathogénie des lésions observées dans l’hypertrophie sénile de la prostate, nous sommes arrivés à considérer les fibromes glandulaires comme constituant une forme spéciale de cirrhose hypertrophique. Tout en reconnaissant la grande part que prennent les alterations conjonctives d’origine vasculaire dans les modifications du parenchyme, nous nous sommes demandé si les lésions épithéliales n’étaient pas le résultat des irritations produites par les concrétions de diverse nature observées dans les culs-de-sac glandulaires. Nous confirmions ainsi l’hypothèse formulée autrefois par Meckel et plus près de nous par Sappey.

Des recherches, poursuivies chez les animaux privés par castration de leurs testicules, nous avaient appris que la double mutilation s’accompagnait d’une atrophie totale de l’organe et que l'ablation d’une seule glande déterminait la régression du lobe prostatique correspondant. Les résultats expérimentaux étaient les mêmes si, au lieu d’animaux jeunes, on choisissait pour sujets d’expériences des animaux âgés, de vieux chiens par exemple.

Ces données expérimentales se trouvèrent confirmées par les constatations qu’il nous fut permis de faire personnellement chez l’homme. Chez un eunuque de 56 ans, qui avait subi une ablation complète des oi-ganes géni-

microscope les modifications survenues i

érédo-syphilis s accompagnantd inrantilisrr xamen histologique nous a permis de consti impiété des culs-de-sac glandulaires de la s’agissait d’un véritable arrêt de développe portant sur la glande comme sur les diffé ital.

cliniques poursuivies chea des individus lire uni ou bilatérale à la suite d’orchite ons des glandes génitales retentissent toujoi larquée sur la prostate, it ces documents de ceux qui nous étaie anatomie et la physiologie comparées, noi dons suivantes ; 1 embryologie et l'anaton que l’évolution de la prostate est intimement liée à celie du testicule.

Dans les vices congénitaux de développement ou de migration des testicules, la prostate est atrophiée. Dans la monorchidie ou l’ectopie unilatérale, le lobe correspondant de la prostate est seul atrophié; l’atrophie de la prostate est totale dans le cas d’absence complète des testicules ou de cryptorchidie.

L’atrophie des testicules consécutive aux lésions inflammatoires (orchite.s) s’accompagne d’atrophie de la prostate.

La castration double pratiquée chez les animam [animaux mâles châtrés ou chez l’homme (eunuc/ues) détermine une atrophie considérable de la prostate et des vésicules séminales.

Nous basant sur nos premières constatations (atrophie expérimentale) nous avions, dès le mois de Mars 1884, considéré la castration comme

pouvant être un procédé de cure radicale de l’hypertrophie de la prostate, ne nous faisant aucune illusion d’ailleurs sur le sort qui devait être réservé à une semblable proposition. Grande fut notre surprise quand, en octobre 1893, pai-vinrent successivement à notre connaissance la communication de Ramm à la Société de Médecine de Christiana (Castration expérimentale chez les chiens, castration thérapeutique chez l’homme), le mémoire sur le même sujet présenté par White de l’Association américaine de Buffalo et les belles recherches de Kirby, de Grilïths et de Mansell Moullin.

L’opération nouvelle eut quelque vogue à l’étranger, mais elle ne larda pas 5 être complètement abondonnée et ainsi se trouvèrent justifiées les conclusions que nous avions formulées: si la femme consent assez volontiers à faire le sacrifice de ses ovaires, l’homme, même âgé et aux prises avec les pires difficultés de la miction, éprouve la plus grande répugnance à se laisser châtrer ; beaucoup do vieillards, préférant la souffrance et les moyens palliatifs, tiendront à conserver leurs testicules, derniers vestiges de leur virilité passée.

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