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Études biologiques sur les Géants

(Kn collaboration avec Pierre Roy.)

Inlroduclton, jwr M. le professeur Brissal'd. (Volume de 402 pages, illustré de 115 ligures.

Paris,Masson etC’“ 1904). (Travail récompensé par l’Académie des Sciences, TAcademie

do Médecine (Prix llerpin de-Genève), la Société d’Anthropologie).

I/Académie de Médecine nous a, en 1904, décerné le prix Herpin, pour nos recherches entreprises en commun avec notre regretté collaborateur cl ami Pierre Roy, sur le gigantisme.

<( C'est une œuvre de grande valeur*, dont on peut dire qu’elle contribue à faire entrer d'une manière définitive les géants dans le domaine médical, et qu’elle ajoute un chapitre im]H>rlant à la séméiologie du système nerveux.

« Il n’y a pas bien longtemps qu’on a cessé de regarder les géants comme des êtres étranges, plutôt disgracieux, excitant la curiosité, sans éveiller l’intérêt. Il a fallu que des médecins, et des plus savants, intervinssent pour qu’on apprît ce qu’ils étaient en réalité : MM. Brissaud et Meigc ont émis sur eux une opinion que le travail de MM. Launois et Roy vérifie, approfondit et complète par l’observation de 74 sujets.

« L’analyse de ces observations, dont plusieurs personnelles, aboutit à la distinction de trois types de géants, les infantiles, les acromégaliques et les géants à la fois àcroméga-

lésion du corps pituitaire. Et la conclusion singulièrement importante au point de vue de la neuro-pathologie et de la pathologie générale, c’est que le gigantisme, comme l'acromégalie, est un syndrome pituitaire. »

Dans ce livre, nous nous sommes efforcés de rassembler tous les documents que nous avons pu trouver dans la littérature médicale sur les géants, y ajoutant les observations personnelles que les hasards de la clinique nous ont heureusement fournies et les données histo-pathologiques que les autopsies et les examens histologiques nous ont permis de mener à

La période médicale de l’histoire du gigantisme date des travaux du professeur Bnssaiid et d Henry Meige ; c’est grâce à leurs recherches ainsi qu’à la découverte et à la description de l’acromégalie par Pierre Marie que nous avons pu essayer de mettre au point cette imporUmle question du gigantisme envisagée en elle-même et dans ses rapports avec l’infantilisme et l’acromégalie.

L’ouvrage où nous avons exposé nos recherches est divisé en quatre parties.

Dans la première, en quelque sorte préliminaire, apres avoir passé en revue les diverses définitions qui ont été données du terme géant, distinguant le gigantisme vrai des gigantismes endémique, passager et partiel, nous en donnons celte définition qui semble bien répondre ù la conception générale de cette dystrophie :

Le gigantisme est une anomalie de la croissance du squelette, se traduisant par une taille excessive du sujet, par rapport aux dimensions moyennes des sujets de sa race et entraînant une dysharmonie morphologique et fonctionnelle caractéristique de cet état morbide.

La légende qui auréolait les géants n’a pas facilement cédé le pas à la science. 11 a fallu de longues et quelquefois âpres discussions pour en venir ù l’observation impartiale de la réalité. Nous avons rapporté la plupart des exemples de gigantisme que mentionnent la Fable et l’Histoire en une revue historique et critique, qui dévoile les tares physiques et mentales

des géants célèbres, tous malades et difformes comme ceux d’aujourd’hui.

Puis, dans un chapitre spécial, avant de rapporter nos observations personnelles, nous avons établi les caractères anthropologiques qui permettent de distinguer le géant de l’homme grand, basés sur les mensurations des sujets normaux, sur les proportions canoniques du tronc, de la tête et des membres, sur les règles de l’accroissement des différentes parties du corps, ainsi que sur les anomalies de grandeur des membres, nous reportant aux lois formulées par Manouvrier, Papillault et Godin.

La deuxième partie renferme la somme la plus importante de nos recherches, l’analyse détaillée de toutes les observations de gigantisme que nous avons pu collationner et mettre en parallèle avec les nôtres propres. Cette étude nous a conduits a la distinction de trois types de géants : les géants infantiles, les géants acromégaliques et les géants qui sont à la fois infantiles et acromégaliques.

Le géant Charles, observé par nous après Capitan (1893) et J.-Lucas Championnière (1899), réalise le type achevé du géant infantile qui conserve pendant toute sa vie les stigmates de l’infantilisme. Son examen physique pratiqué h des périodes successives, la comparaison de ses photographies aux différents âges, le rapprochement des mensurations obtenues successivement par Capitan, Championnière et par nous, enfin la radiographie nous ont permis de constater chez le grand Charles un visage glabre, l’atrophie de l’appareil génital et une anaphrodisie, en même temps que la non soudure des épiphyses des os longs expliquant l’accroissement continuel de la taille par la persistance du processus d ostéogénese. Si donc l’on considère que de 1899 à 1904, c’est-à-dire de 27 à 30 ans, le géant Charles a encore vu sa taille augmenter par l’allongement continuel de ses membres inférieurs, que ses cartilages de conjugaison non ossifiés, comme ceux d’ailleurs des eunuques et des animaux châtrés expérimentalement, continuent à fonctionner, si enfin de ces constatations on rapproche l’arrêt de développement sexuel et les caractères infantiles, on voit qu’une étroite relation rattache ces differents troubles et qu’ainsi peuvent se trouver réunies deux dystrophies en apparence contradictoires : le gigantisme et l’infantilisme.

acromégaliques est constamment agrandie, et son élargissement est en rapport avec une hypertrophie de l’hypophyse. Les quatorze géants dont l’autopsie a été pratiquée présentaient tous une lésion de l’hypophyse. Par la radioscopie et la radiographie, nous avons pu constater de visu cet agrandissement caractéristique. La tumeur hypophysaire est capable, selon nous, d expliquer non seulement 1 acromégalie mais aussi le gigantisme, car si elle est presque constante dans l’acromégalie, elle ne fait jamais défaut dans le gigantisme acromégalique.

D’autre part, nous avens montré par quel mécanisme les géants qui, ayant soudé leurs éphiphyses et de ce fait ne grandissant plus, évoluent vers l’acromégalie par un processus d’hyperostéogénèse périostique succédant à l’hyperostéogénèse enchondrale. C’est le cas de notre tambour-major, c’est aussi celui de J.-P. Mazas, géant de Monlastruc, dont nous avons emprunté la magistrale observation au Professeur Brissaud et à H. Meige. Tels étaient aussi le géant péruvien de Dana et Woods Hulchinson, le géant portugais de Brissaud et Meige, l’irlandais Cornélius Magrath qui vivait au xviii' siècle et dont l’observation a été rapportée par Cunningham, en 1891, et de tant d’autres atteints de gigantisme acromégalique, comme en font foi les rapports de Dana, Friische et Klebs, Woods Hulchinson, Matignon, Taruffi, Lombroso, etc.

Mais la distinction entre le gigantisme infantile et le gigantisme acromégalique ne saurait être absolue. Comme nous l’avons montré, vraie dans l’espace, cette division n’est pas irréductible dans le temps. Chez tels géants infantiles aux épiphyses non soudées se développent progressivement les caractères de l’acromégalie il mesure que s’ossifient les cartilages juxlaepiphysaiies. C’est ainsi que nous vîmes, au cours de notre observation, s’acromegaliser le grand Charles. La même évolution s’observa chez le géant Constantin, dont le squelette nous fut confié par Dufrane (de Mons) : de l’infantile, il présentait la persistance des cartilages de conjugaison et la mentalité caractéristique; de l’aeromégalique, il avait le faciès, la saillie mandibulane, le resaut post-lambdoïdien, l’hypertrophie des extrémités. Je gigantisme viscéral et l’élargissement de la selle turcique. Ces exemples montrent donc que l’acromégalie est comme la suite normale do l’anomalie

aux géanls autopsiés et aux squelettes de géants, et constituent les matériaux, en partie originaux, à l’aide desquels nous avons pu édifier noire

Nos études biologiques sur les géanls ont été analysées aussi bien en France qu’à l’Etranger, nos conclusions commentées et universellement adoptées.

Feindel* écrit:

rage d'ensemble consacré à l'étude médicale du gigantisme, sa documentation bibliographique cl iconographique, par întifique, par la large part donnée aux constatations anatore particuliérement laborieuse. Des observations originales' ite la précision clinique et anatorao-patbologiquedésirabies,

istoirc du gigantisme s'est affirmée iry Meige à cette question, en i89o.

introduction du professeur Brissaud

et en recueillant des pièces anatomiques « On peut dire aujourd’hui que le gig Uges épiphjsaires ne sont pas ossifiés.

les auteurs ont dédié ce livre. L'introduction du professeur Brissaud de la question du gigantisme.

acres par Pierre Marie à la maladie qui porte aujourd’hui son nom, iné à la pathologie de la fonction de croissance une orientation et une elles. Grâce â eux, Brissaud cl Henry Meige ont pu dire que le giganenl le prélude de l’acromégalie. Ils ont décrit le gigantisme acroméoneé cette formule : « Le gigantisme est l’acromégalic de l’adolos-

)ièces anatomiques dont la signification est désormais incontestable.

Pagnie^s de son côté, s'exprime de la façon suivante dans une revue générale sur les relations qui existent entre le gigantisme et l’infanti-

« Les géants viennent d’étre l’objet de la part de MM. P.-E. Launois et P. Roy d’une étude d’ensemble où le document rigoureusement scientifique prime, sans exclusivisme exagéré, le détail pittoresque. Il y a dans leur curieux et original ouvrage, dans la spirituelle et large préface qu’y a mise le professeur Brissaud, bien des côte's : une étude historique et une élude anthropologique, une partie clinique et une partie anatomo-pathologique, mais ce qu’ils ont creusé avec le plus de complaisance, ce sont les relations du gigantisme avec d’autres états morbides.

saïul et Meigc ont établi les types de rinfantilisme ; MM. Launois et Roy nous donnent aujourd’hui une description des formes du gigantisme. Il se trouve que par l'examen de CCS formes même du gigantisme, des états, d’apparence si différents, se rapprochent et c’est là une indication de la synergie qui doit présider au fonctionnement des glandes a

11. -- Gigantisme acromégalique. Élargissement de la selle turoique. Hypertrophie primitive et sclérose consécutive de l’hypophyse.

(Avec la collaboration de M. HuciiAnD, médecin de l’Iidpital Necker.)

BttUeims île la Société médicale des llôpilaux, H décembre 1903.

Dans le gigantisme acromégalique, ainsi que nous l’avons montré, communément on observe une hypertrophie plus ou moins considérable de l’hypophyse et un élargissement adéquat de la selle turcique.

Celle loi semble en défaut chez le sujet qui fait l’objet de cette communication, mais l’examen histologique fournit l’explication de la discordance constatée, chez lui, entre les dimensions de la glande pituitaire et celles de la loge osseuse du sphéno’ido.

11 s’agit d’un homme de 55 ans, présentant soit du côté des extrémités, soit du côté des os de la faceet de ceux du crâne, les déformations caractéris-

hypertrophie de l’hypophyse s’accompagnant d’élargissement de la selle turcique et secondairement rétraction sclérosante de l’organe, sans régression proportionnelle de la loge osseuse distendue.

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