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ÉTUDES BIOLOGIQUES SUR UNE DYSTROPHIE DU TISSU ADIPEUX

De l'adéno-lipomatose symétrique.

Bulletins et Mémoires de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, 1“^ avril 1898. (En collaboration avec R. Beusaobe.)

L’adéno-lipomatose symétrique à prédominance cervicale.

Presse médicale, n« 46,1" juin 1898.

|{En collaboration avec R. Be«.)

Adéno-lipomatose symétrique à prédominance cervicale.

Nouvelle l&mographie de ta Salpétrière. Mémoire illustré de nombreuses photogravures.

Adéno-lipomatcse symétrique à prédominance cervicale chez la femme.

Bulletins et Mémoires de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, 21 juin 1901.

De Tadéno-lipomatose symétrique à prédominance cervicale.

Rehvs. Thèse de Paris, 1901.

Sous le nom d’adéno-lipomatose symétrique à prédominance cervicale, nous avons, les premiers en France, cherché à isoler du cadre nosologique une curieuse dystrophie du tissu adipeux.

Elle se caractérise par la présence de tuméfactions lipomateuses le plus souvent circonscrites, parfois diffuses, disséminées symétriquement dans tes différents points du corps, en particulier dans la région cervicale, où elles produisent des déformations caractéristiques, toujours semblables à

Depuis mars 1855, époque à laquelle Huguier rapporta une première

observation à la Société de Chirurgie, on trouve, dans la littérature médicale française, un certain nombre de faits épais. A l’etranger, c’est Benjamin Brodie qui, en ISdO, en donna la première description détaillée, puis vinrent les mémoires de Mac Cormac (1884), de Baker et Bowlby (1886) et enfin celui beaucoup plus complet de Madelung (1888).

Ayant rassemblé un certain nombre d’observations personnelles et les ayant rapprochées des 64 que nous avions pu rassembler, il nous a été possible de tenter une étude d’ensemble.

Nous ne nous étendrons pas sur la description symptomatique de cette curieuse affection, si facile à reconnaître dès qu’elle est arrivée à un certain degré de son évolution et si particulière dans ses allures, pas plus que sur les modifications du sang chez les sujets qui en sont porteurs, nous ne retiendrons de nos recherches que ce qui a trait à sa pathogénie.

Celle-ci avait été diversement interprétée. Madelung s’était demandé si la dystrophie n’était pas en rapport avec une lésion ou une disparition de la glande thyroïde. Grosch avait imaginé la théorie des glandes cutanées, la localisation de tous les lipomes étant, d’après lui, régie par la distribution des glandes secrétantes de la peau. La théorie la plus en vogue était la théorie nerveuse, qui avait été discutée en particulier au 59' Congrès des médecins et naturalistes allemands par Bardeleben, Küster et Bramann. Elle s’appuie non seulement sur la distribution symétrique des tumeurs, mais aussi sur leur coexistence, dans d’assez nombreux cas, avec des affections plus ou moins graves du système nerveux (tabès, paralysie générale, sciatique, etc.). On aurait pu être tenté d’appliquer à l’affection l’ingénieuse théorie du métamérisme nerveux de Brissaud, ainsi qu’il l’a proposé luimême pour expliquer la répartition des tumeurs dans la maladie de Recklinghausen (Feindel, 1897).

Nous avons, pour notre part, proposé de considérer la dystrophie comme le résultat d'une altération ou d’un trouble fonctionnel des ganglions lymphatiques et des vaisseaux en relation avec eux. Le siège de prédilection des tuméfactions au niveau des régions où existent normalement de nombreux ganglions lymphatiques, l’apparition souvent signalée des symptômes de tumeui-s du médiaslin, plaident tout d’abord en faveur de cette opinion.

Quant aux localisations anormales, (région scapulaire, région para-vertébrale, épigastre, pubis, etc.) des tuméfactions lipomateuses, elles nous ont semblé justifiables de la môme explication. On sait aujourd’hui, de par l’anatomie normale et l’anatomie pathologique, que les ganglions lymphatiques sont des formations contingentes susceptibles de se développer dans les régions les plus diverses de l’organisme.

De plus, aux premières étapes du développement des amas graisseux, alors qu’ils sont encore malléables, on peut directement, par une palpation attentive, constater la présence de masses nodulaires, résistantes rappelant par leurs caractères propres ceux des ganglions indurés. Si plus tard, en particulier au cours des examens pratiqués à l’œil nu ou au microscope après 1 ablation des tumeum, on ne retrouve plus traces de formations lymphatiques c’est que celles-ci se sont atrophiées ou ont disparu. On peut d’ailleurs en rencontrer des débris (Pierre Delbet, LaunoisetBensaude). 11 y a longtemps d’ailleurs que Virchow a insisté sur ce fait que les glandes lymphatiques peuvent devenir, dans certaines conditions, le point de départ de productions lipomateuses.

« Il existe, écrit-il dans le 'l'raité des Tumeurs (traduction française, tome I, page 575), un état particulier oh consécutivement à une adénite lymphatique amenant d’ahord une augmentation de volume, et. plus tard, un rataitneineiit de la glande, il se forme autour de l’organe une masse de graisse qui devient souvent plus abondante et plus volumineuse que ne l’était, avant sa rétraction, la glande rapetissée. » On a, d’une part, dans ces derniers temps, signalé les accumulations de graisse au voisinage des ganglions tuberculeux chroniquement irrités (Poncet et ses élèves), et, d’autre part, les recherches de Poulain nous ont fait connaître le rôle des ganglions, tant superficiels que profonds, dans la transformation et la localisation des graisses de l’organisme.

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