IV - COLIBACILLOSES
La banalité du coli-bacillo a rendu sceptique sur sa valeur pathogène; il est en effet-un des germes qui se mobilisent avec la plus grande rapidité dans les cadavres, et môme très vraisemblablement dès la phase agonique. Aussi nous avons cherché à nous rendre compte par rensomcncement des viscères dans un grand nombre des cas, de l’importance de cette dissiminatim cadavérique du coU-bnciUe. Ces recherches dont un résumé a paru dans la thèse de M. Maeaigne sur le bacterium coU commune nous avaient montre quen hiver, dans nombre de cas, les organes étaient stériles, et que dans tous les cas où il y avait eu pendant la vie une affection
tuel (44).
Relativement à la valeur pathogène du coli-bacille, nous attachions une grande importance à sa virulence chez les animaux, et c’est en tenant compte de ce caractère que nous avons cru pouvoir lui attribuer le rôle principal, dans des cas A’entérite urémique (45), d'entérite subaiguë fébrile, suivie d’avortement et de péritonite généralisée à coli-bacilh (47), d’entérite cholériforme, où, en outre de la très grande virulence du parasite, on pouvait invoquer à l’appui de sa valeur pathogène sa présence exclusive dans le contenu intestinal, sans mélange d’autres germes (46)..
Nous lui avons également attribué un cas d'ictère grave secondaire, survenu
et un cas d’endaortite végétante, où chez un malade atteint de tuberculose pulmonaire, nous avons trouvé implantée sur la paroi de l’aorte à 2 centimètres au-dessus des valvules, une végétation de 5 centimètres de longueur dans laquelle le seul microbe rencontré aussi bien à l’examen histologique qu’à la culture, était le colibacille (49).
Si ces faits où les constatations bactériologiques furent pratiquées sur le cadavre, peuvent prêter à la critique, ils reçoivent néanmoins confirmation de ceux où l’ensemencement du sang ou des liquides pathologiques a pu être pratiqué pendant la vie et avant la phase agonique.
Ainsi, dans un cas de pleurésie purulente interlobaire et qui d’ailleurs a été suivi de guérison, le pus rétiré par l’opération de l’empyème renfermait à ta fois le pneumocoque et le coli-bacille (45).
De môme, nous avons, au cours d’une colique hépatique {Colique hépatique avec septicémie colibacitlaire) (182) qui s’accompagnait de fièvre intense avec phénomènes généraux infectieux, pratiqué au moment où les accidents étaient les plus graves, un ensemencement du sang qui nous a fourni une culture pure de colibacille. La fièvre est tombée peu après, et la malade a complètement guéri.
La fièvre qui survient au cours de la colique hépatique était autrefois attrihuée
et et Coyon, notamment, regardé comme l’agent pathogène ire aigu, nous n’avons pas voulu considérer ce lait comme lais bien comme un pseudo-rhumatisme inleclieux entièrement
léningée
l’entérocoque. Infection méningée
ire dont nous avons pu faire l’examen histologique.
L’ulcère siégeait au niveau de la commissure gauche et présentait la plus grande nalogie avec l’ulcération tuberculeuse de la langue. Sur le fond de cotte ulcération on
tnberculeuses qui se développent sur la muqueuse de la bouche et du pharynx. L’ulcération reposait sur un tissu formé de faisceaux conjonctifs et de fibres muscu-
microscopique de la sanie obtenue par le grattage de la surface; dans notre cas elle ne contenait pas de bacille de Koch
Cet ulcère résulte probablement d’une auto-inoculation au niveau d’une écorchure insignifiante. Il est étonnant que les lèvres ne soient pas plus souvent contaminées par les crachats virulents que les tuberculeux expectorent en si grande abondance.
Deux figures, représentant l’une l’apparence clinique de l’ulcération, l’autre une coupe histologique, accompagnent ce mémoire.
Accidents méningitiques chez un malade atteint de tuberculose pulmonaire chronique. Apparition brusque dune phlegmatla coin-
Artérite et phlébite tuberculeuses.
Nous avons consacré plusieurs mémoires à l’étude de l’artérite et de l,a phlébite tuberculeuses, dans le poumon des phtisiques, et tout particulièrement de certaines de leurs conséquences ; thromboses et formations anévrismales.
Des anévrismes et des lésions vasculaires tuberculeuses spécifiques dans les cavernes de la phtisie pulmonaire chronique.
Dans ce mémoire nous avons étudié les anévrismes qui se développent dans le poumon des phtisiques et dont la rupture produit des hémoptysies rapidement mortelles. Pour en expliquer la formation nous avons en même temps e.xposé le processus de l’artérite tuberculeuse, préparation nécessaire au développement des anévrismes, et aussi la phlébite tuberculeuse des veines du poumon, dont les lésions très semblables méritaient d’étre mises en parallèle.
Artérite tuberculeuse des cavernes. — La première altération que présente une
L’observation clinique nous a montré dans ce cas une cirrhose hyp ;née d’une hypertrophie splénique assez considérable pour méri
! il est vrai, mais où, comme dans notre cas, l’hypertrophie spléni
dans les antécédents rapportés, les grossesses bien évoluées, l’absence de fausses couches, étaient plutôt pour écarter cette hypothèse. En revanche, il y avait des présomptions d’alcoolisme. Mais si les constatations anatomiques, en nous montrant une gastrique chronique pouvant relever de cetle étiologie, rendaient vraisemblable une influence de même ordre sur le foie, les autres lésions trouvées dans l’organe hépatique lui-même ne nous permettent pas d'atiribuer à l’alcool plus qu’une influence prédisposante de débilitation d’organe. En effet, et indépendamment des lésions gommeuses spécifiques, le type anatomique de la cirrhose ne correspond h aucun des types habituels des cirrhoses alcooliques; ni les cirrhoses atrophiques avec leur (issu fibreux rétractile enserrant les granulations de tissu hépatique, ni les cirrhoses hypertrophiques avec leurs îlots de lissu fibreux échancrant les lobules, ni enfin les cirrhoses graisseuses, on la dégénérescence joue le rôle principal, ne correspondent aux lésions que nous avons observées.
En relation avec la syphilis, cetle cirrhose l’est évidemment, et parce que accompagnée de gommes, et parce que différente des autres types de cirrhose. Nous venons de parler des cirrhoses alcooliques; elle ne diffère pas moins des cirrhoses biliaires,
Mais elle diffère également du type le plus commun de la cirrhose syphilitique de l’adullo, dont les caractères sont précisément inverses de ceux que nous nous sommes efforcé de mettre en relief dans la description de notre observation ; lésions rarement généralisées, irrégulières et d’intensité très inégale selon les divers points du foie: bandes fibreuses épaisses, sclérose rubanée, d’où les dénominations classiques de foie ficelé, foie capitonné, qui rappellent l’irrégularité de l’organe étranglé par les bandes de selérose, et, au microscope, sclérose conjonctive fibreuse avec peu de cellules.
Dans notre cas, au contraire, les lésions du parenchyme hépatique consistent en unesclérose diffuse également répandue dans tout l’organe et sans grosses déformations, sclérose caractérisée par son aspect fibrillaire et sa richesse en éléments cellulaires, par l’abondance des vaisseaux capillaires non étranglés par le tissu conjonctif proliféré,
l’atrophie simple des éléments nobles do l’organe, des cellules hépatiques, sans tendance aux formations nodulaires de la régénération du foie, ni à la transformation on néo-canalicules et sans dégénérescences spéciales.
Syphilis. Accidents cérébraux au début de la péricde seccndaire (deux mcis après l’apparition du chancre), hémiplégie droite. Traitement spécifique. Guérison.
Ce cas est certainement un des plus précoces qui aient jamais été publiés comme manifestation cérébrale de la syphilis. Nous l’avons recueilli autrefois dans le service de notre maître le professeur Fournier, dont le contrôle l’authentifie d’une manière indiscutable. Le malade s’était aperçu de l’existence d’un chancre de la verge au début de novembre 1884. C’est au milieu du mois de janvier suivant qu’il fut frappé d’hémiplégie. A ce moment il présentait encore une éruption roséolique caractéristique. Deux mois après, sous l’influence du traitement mercuriel et ioduré, il sortait complètement guéri.
Maladie osseuse de Paget et syphilis.
Nous avons publié plusieurs observations de maladie osseuse de Paget, évoluant chez des malades qui avaient antérieurement contracté la syphilis. Ces faits qui venaient confirmer les idées récemment émises à l’Académie de médecine, par les professeurs Lannelongue et Fournier, sur la nature hérédo-syphilitique de la maladie de Paget, montraient en outre que la syphilis acquise, .tout comme la syphilis héréditaire, pouvait être considérée comme cause pathogène de cette forme morbide.
Chez deux de nos malades, l’existence antérieure de la contamination syphilitique, l’existence contemporaine de manifestations cutanées ou viscérales manifestement syphilitiques, servaient à justifier l’hypothèse de l’influence syphilitique dans le développement de l’affection osseuse. Mais l’épreuve du traitement spécifique, employé chez l’un d’eux seulement, n’avait fourni aucun résultat, aucun des phénomènes morbides