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TRAVAUX D’ENSEMBLE SUR LES TUMEURS ET LES CANCERS

1" Les tumeurs, in Traité de pathologie générale, de Bouchard, t. III, 180 pages, 32 figures. 2“ Le cancer, — 1 vol. in-8" de 662 pages avec 114 figures, in Nouveau traité de médecine et de thérapeutique, de Gilbert et Thoinot.

ButteUn^de l^Assocülimyran%it"pÔur^TM^^^^^^ 100”

4“ Délimitation et classification des sarcomes. Académie de médecine, iO mars 1908.

5" Essai de nomenclature des cancers pour l'usage international (collaborateurs ; MM. P. Delbet et A. Herrenschmidt.) Conférence internationale du cancer, Paris, 1910.

Dans une série de publications, dont les premières remontent à l’année 188.4, nous avons étudié des tumeurs et des cancers développés en divers organes, et cherehant par une analyse minutieuse des lésions à en déterminer les origines, nous avotïs été conduit à considérer les cancers comme la conséquence, le dernier terme évolutif de lésions inflammatoires multiples, comme un aboutissant iésionnel intimement relié dans ses causes et sa production aux inflammations chroniques, aux hyperplasies, aux diverses sortes de tumeurs bénignes. De sorte que nos investigations ont porté à la fois

type de cancer, d’en rapprocher les états morbides pouvant être considérés comme précancéreux.

De ces recherches partielles, fragmentaires, disséminées en un grand nombre de travaux, dont nous donnons ci-après l’énumération, nous avons tiré une étude d’ensemble, d’abord sous une forme concise, dans notre article des Tumeurs du Traité de pathologie générale de M. Bouchard, puis, et avec plus d’ampleur, dans le fascicule Cancer du Nouveau Traité de médecine et de thérapeutique de MM. Gilbert et Thoinot.

Pour éviter les longueurs et les redites, nous donnerons seulement un court aperçu du plan de notre article des Tumeurs et analyserons plus complèlement le

qui, pour un temps et en raison de la multiplicité des formes nouvelles décrites par les anatomo-pathologistes, parut singulièrement difficile à maintenir; si bien que nombre d’auteurs, Robin, Cornil notamment, préféraient l’abandonner. Plus obscur encore était le nom de carcinome, car, ainsi que nous le montrons, il fut constamment employé, et sans que les auteurs parussent de part ou d’autre s’en apercevoir, dans un sens différent en France et en Allemagne. Et comme conséquence, une opinion des plus répandues tendait à n’appliquer ces dénominations qu’à une seule espèce de tumeurs, les tumeurs épithéliales.

Notre étude nous a donc montré qu’en réalité la restriction du nom de cancer au seul cancer épithélial était une erreur de terminologie, qui s’explique par l’évolution historique, telle que nous l’avons rapportée; que si les néoplasies malignes sont multiples, elles méritent toutes également la dénomination de cancer, puisqu’à toutes elle a été dans le passé justement appliquée par les anciens médecins; etqu’enfm la conclusion à tirer des découvertes histologiques qui nous ont appris la multiplicité des types cellulaires du cancer était que le cancer n’est pas une maladie ayant un substratum anatomo-pathologique unique et défini, mais un processus morbide commun à un très grand nombre d’affections des diverses cellules et des divers tissus de l’économie, présentant comme caractères communs une néoplasie extensive, indéfiniment croissante, localement destructive, capable d’infecter l’organisme et de se reproduire sur place ou il distance après enlèvement, tous phénomènes qui sont les caractérisques du cancer dans le sens traditionnel du mot et qui appartiennent également à l’histoire de toutes les tumeurs malignes, quelle que soit leur variété histologique.

ont montre que le cancer doit suivant son sens traditionnel comprendre également toutes les tumeurs malignes. L’étude que nous on pouvons faire avec nos moyens modernes d’investigation nous conduit par une autre voie à une conclusion identique. Et de celte étude, en ne tenant compte que des données entièrement positives et sans y faire entrer aucune hypothèse palhogénique, nous avons tiré notre définition ;

Caractérisé cliniquement par une tumeur locale, apparente ou cachée, selon l'organe dans lequel il se développe et qui progressivement envahit et empoisonne l'organisme entier, le cancer n’est pas une maladie, mais un processus morbide.

C’est un processus d’auto-infection de l’organisme par des cellules de l’organisme, cellules proliférées envahissantes et destructrices des éléments normaux avec lesquels

Tous les éléments cellulaires de l’organisme sont éventuellement capables de celle activité pathogène, exactement dans la mesure où ils sont capables de prolifération ou d’hyperplasie régénératrices, irritatives ou compensatrices. fonctions normales dont le processus cancéreux représente la déviation pathologique.

Le processus cancéreux. — Considérant ainsi le cancer comme la manifestation d’un processus morbide, le processus cancéreux, nous en étudions les composantes et tout d’abord la cellule cancéreuse, l’élément essentiel, actif du processus, sa biologie, ses fonctions, ses modes de multiplication, les dégénérescences qu’elle subit; ses rapports avec les autres éléments de l’organisme, les efforts réactionnels et défensifs de celui-ci, les modifications qu’il en éprouve. Puis les étapes du processus, ses débuts

attaché une très grande importance à l’étude des modifications morphologiques des cellules cancéreuses, comme nous manifestant les altérations profondes de leurs propriétés biologiques, et comme nous permettant un rapprochement avec les altérations similaires que présentent les éléments cellulaires de même espèce intéressés par les processus inflammatoires.

Et nous avons ainsi résumé les caractères communs de ces modifications des cellules cancéreuses :

Elles sont d'autant plus prononcées que le tissu matriciel, le tissu aux dépens duquel s'est développé le cancer présente une différenciation fonctionnelle plus cornplète.

Elles consistent essentiellement dans la diminution ou même dans la disparition absolue des caractères de différenciation fonctionnelle des cellules.

Elles sont semblables à celles que l’on observe dans les tissus sous l’influence des

graduées dont il est possible de suivre toutes les étapes.

Nous avons en effet pu relier par des analogies morphologiques évidentes les cellules des cancers aux cellules modifiées des états inflammatoires chroniques, et nos premières recherches, qui datent de 1886 pour le cancer du poumon (14) et pour le cancer de l’estomac (15-25), ont ainsi de beaucoup précédé dans cette voie celles des observateurs étrangers, et notamment celles de Hansemann, dont la théorie de l’anaplasie cellulaire des cancers repose précisément sur des constatations de môme ordre.

Nous avons à ce propos discuté la question de la métaplasie cellulaire. Dans la métaplasie, les anciens auteurs, Virchow notamment, admettaient un changement complet de la nature des cellules, des éléments conjonctifs pouvant, par exemple, donner naissance à des cellules épithéliales, ou l’inverse, comme le soutiennent encore lîetterer et Krompecher. Sans aller aussi loin, d’autres admettent encore la subslitiition d’un type épithélial différencié à un autre également différencié. Nous avons, par de multiples exemples, montré que, pour les cellules épithéliales tout au moins, la métaplasie devait s’entendre des changements de forme et non de nature des cellules, et que l’apparition d’un type cellulaire nouveau, de différenciation normale, comme il arrive dans le cas où l’ulcération d’une muqueuse (trachée, rectum) se recouvre d’une

non de transformations des cellules.

Pour dés raisons de même ordre, nous avons contesté la dénomination de cellules embryonnaires appliquée aux cellules indifférenciées des cancers, car les cellules de l’embryon sont des cellules qui, pour indifférenciées qu’elles paraissent à nos moyens imparfaits d’investigation, n’en ont pas moins une évolution caractéristique et des devenirs multiples que ne présentent à aucun degré les cellules cancéreuses qui montrent simplement des altérations pathologiques de degrés divers, au maximum dans les cas les plus’ accentués, où le seul qualificatif qui leur soit justement applicable est celui de cellules atypiques. A un degré moindre et notamment dans les faits habituellement qualifiés de métaplasie, elles peuvent être dites métatijpiques -, enfin, quand peu modifiées, elles ressemblent de très près aux formes normales dont elles dérivent, la

latoire, fonctionnelle c nt précédée d’une pl simple, ou déjà indivi

ments pleuraux et péritonéaux se présentaient dans un cas avec un aspect chyliforme absolument typique, et résultant non d’nne irruption de la lymphe arrêtée par l’oblitération du canal thoracique, mais seulement de l’abondance des cellules epithéliales cancéreuses en suspension dans les sérosités. Ainsi les épanchements chyliformes, aussi bien de la plèvre que du péritoine, peuvent être la manifestation d’une carcinose des séreuses, et représentent en ces cas une sorte de culture en milieu liquide des cellules épithéliales cancéreuses.

Formes et variétés des cancers épithéliaux. Classification des cancers épithéliaux. — On peut classer les cancers épithéliaux, et c’est le plan que nous trouvons adopté dans la plupart de nos traités, en considérant des types morphologiques en quelque sorte idéaux et auxquels on rapporte toutes les formes plus ou moins analogues. On décrit ainsi des épithéliomes cylindriques, des épithéliomes pavimenteux. des épithéliomes glandulaires que synthétiquement on réunit souvent sous le nom de carcinome, ou encore, et ce plan se retrouve plus fréquemment dans les auteurs allemands, on distingue d’une part les tumeurs de texture figurée, organoïdes, sous l’appellation de fibro-épithéliales (Borst, Ribberl) et, d’autre part, on englobe tous les épithéliomes moins typiques, formés de cellules incomplètement différenciées (Borst), d’épithéliomes affranchis (Ribbort), dans le chapitre du carcinome.

Ni l’une, ni l’autre de ces classifications ne nous paraît répondre à la réalité des

D’abord chaque cancer représentant l’évolution pathologique d’une espèce cellulaire, il n’y a pas des cancers cylindriques, des cancers pavimenteux, des cancers glandulaires, mais bien des cancers épidermiques, des cancers hépatiques, des cancers biliaires, gastriques, etc., autant d’espèces cancéreuses que d’espèces cellulaires, el autant de variétés de ces espèces cancéreuses que de variétés cellulaires de déviation plus ou moins complète du type normal.

Les formes des cancers sont commandées par les formes cellulaires normales dont elles dérivent, et leurs variétés par les déviations plus ou moins grandes de ce type

En second lieu, le processus cancéreux, tel que nous le comprenons, est un aboutissant, représente les dernières étapes d’une évolution dont les altérations hyperplasiques inflammatoires ou régénératrices, les tumeurs bénignes, adénomes ou papillomes, ou d’autres états de perturbation de la biologie cellulaire, tels que les hétérotopies du développement, représentent les stades initiaux.

11 est donc utile et môme nécessaire, pour la compréhension du processus, de réunir pour chaque espèce de cancer les diverses étapes dans la série continue qu’elles constituent éventuellement.

Ainsi notre classification des cancers épithéliaux est celle même des tissus épithéliaux et pour chaque espèce et chaque variété nous sérions les formes pathologiques en : 1” étape précancéreuse, hyperplasies, adénome ou papillome, hétérotopies par malformation du développement; 2“ étape cancéreuse, formes typiques, métatypiques et atypiques, selon le degré de déviation plus ou moins complète du type cellulaire normal.

Nous avons cherché, d’ailleurs, surtout à mettre en évidence les formes typiques.

Cancers de la peau et des muqueuses à épithélium pavimenteux stratifié. — Les revêtements d épithélium pavimenteux stratifié qui tapissent les téguments cutanés, les

plète, anomale, ou manque complÈtemenl. Les cellules, bien que de type épithélial sont plus petites, et ressemblent assez bien aux cellules de la couche basale de l’épiderme. D’où le nom d’épithéliome à cellules basales sons lequel Krompecher a cru devoir individualiser ces tumeurs. Cette dénomination, acceptée surtout en Allemagne, nous parait inexacte, laissant supposer que l’origine de la lésion est dans la couche basale de l’épi-

II y a d’ailleurs un grand nombre de formes métatypiques, et nous en décrivons

Quant aux formes atypiques également nombreuses, elles se définissent d’cllesmêmes.

Dans la pathologie des téguments cutanés les héUrotopics cellulaires sont fréquentes, et peuvent donner naissance soit à des tumeurs bénignes, soit b des cancers.

Les nsevi renferment des éléments cellulaires sur la nature desquels les anatomopathologistes sont actuellement en discussion. Nous avons admis, pour notre compte, que ces malformations complexes renfermaient à la fois des éléments épithéliaux et des éléments conjonctifs, les uns et les autres susceptibles de 1 évolution ucopLisique et pouvant donner naissance soit à des épithéliomes, soit à des sarcomes.

Parmi ces tumeurs développées aux dépens des nævi figurent un grand nombre de tumeurs mélaniques;el nous avons décrit des épiihéliomes et Aes sarcomes mélaniques.

Nous avons aussi particulièrement insisté sur l’évolution du pigmentdaiis ces tumeurs» montré qu’il dérivait d’une substance chromogène se transformant en pigment dans certaines circonstances et pouvant alors infiltrer soit seulement les cellules néoplasiques, soit aussi les éléments du stroma. Et nous avons ainsi expliqué les divergences des auteurs sur la nature soit épithéliale, soit conjonctive de ces tumeurs.

D’autres hétérotopies de la période embryonnaire constituent les dermoïdes, les

cholesteatomes, les résidus branchiaux, qui tous fournissent éventuellement le point de départ des cancers. Nous avons notamment rapporté l’exemple d’un cancer développé aux dépens d’une loupe du cuir chevelu (61) et étudie plusieurs cas de branchiomes, de la région cervicale (195) et du corps thyroïde.

Tumeurs et cancers des glandes annexes des revêtements cutanés. — Nous avons plus particulièrement étudié les altérations des glandes sébacées, leurs formes hyperplasiques, les adénomes sébacés, et une forme de cancer sébacé, dont les lésions sont assez typiques pour permettre de reconnaître, par l’évolution môme des éléments néoplasiques, l’origine glandulaire de la tumeur.

Les adénomes sébacés constituent une forme des mieux individualisée, parmi les

épithélium cubique ou polyédrique dispose sur plusieurs couches ei pcimuUunl du comprendre que l’épithéliome pavimenteuï puisse également se développer aux dépens de ce revêtement.

Nous n’insisterons pas sur les autres formes de cancers du poumon et sur les exemples que nous en avons donnés.

Tumeurs et cancers de l'estomac. — C’est plus particulièrement au' niveau de

Veslomac que nous avons recherché les relations du cancer avec les inflammation.s chroniques, simples ou hyperplasiques, adénomateuses et polypeuses.

La muqueuse gastrique est, en effet, avec une fréquence particulière, le point de départ des cancers épithéliaux. Elle est aussi, de toutes les portions du tube digestif, celle dont les inflammations et particulièrement les inflammations chroniques, de très longue durée,sont les plus communes. Et ces deux processus, inflammations chroniques et cancers, sont reliés par des altérations hyperplasiques, les pohjadénomes gastriques qui nous permettent de suivre la série complète des altérations constitutives du processus néoplasique. Car les cancers gastriques sont pour la plupart d’origine hyperplasique.

Les adénomes oa pohjadénomes gastriques sont des hyperplasies glandulaires qui, h leur maximum de développement, présentent la forme de tumeurs, tumeurs saillantes et circonscrites (polypes muqueux, polyadénomos polypeux), épaississements plus ou moins étendus de la muqueuse (polyadénomes en nappe) mais dont l’origine peut se retrouver dans les altérations glandulaires de la plupart des gastrites chroniques sous la forme initiale de Vévolulion adénomateuse des glandes de l’estomac.

transformée.

Nous avons pu d’ailleurs observer et décrire l’évolution cancéreuse de toutes les formi dcnmnaleu e que nous venons d’énumérer. Ce sont là des faits dont nous avons été le premier à fournir la démonstration.

Toutes les fois que nous avons pu examiner un cancer gastrique en formation, soit parce que ta lésion était réellement initiale, soit parce que l’extensioji se faisait suivant le mode de la transformation, nous avons constamment reneontré, au début du cancer, des lésions adénomateuses des glandes gastriques.

Dans les cas particulièrement favorables à l’observation, ou voit, dans les glandes

fs; ils présenlcnt cependant les les tissus de charpente auxquels isies sont si étroitement ressemque la plupart des auteurs les mme sarcomes à cellules fusi-

ns également des formes hyper-

ils sont intimement i

paraissent suffisantes p<

' Myélaplaxe dans

plasiques et typiques, les fibromyomes, et des formes malignes, les myosarcomes mélnlypiques et rUypiques.

Nous avons ensuite étudié les caractères généraux des sarcomes, le parenchyme, le stroma, et insisté plus particulièrement sur certaines particularités des éléments, notamment sur les formes si fréquentes de cellules géantes des sarcomes. L’évolution générale, la dissémination dans l'organisme, le retentissement sur l’état général, présentent de notables différences avec ce que l’on observe pour les épithéliomes et méritent une description aussi complète.

Formes des sarcomes. - - Sarcomes du tissu conjonctif commun. — Nous ne comprenons, dans les sarcomes du tissu conjonctil commun, aucune des formes atypiques à cellules rondes. Mais parlant des elats voisins des inllammalions des tissus conjonclivo-vasculaires, nous décrivons des états hyperplasiques, fibromes cl

La forme atypique de sarcome du tissu conjonctif commun est le sarcome à celliilles fusiformes. On en distingue de nombreuses variétés, ii grandes et petites cellules ; parmi celles-ci, il en est une sur laquelle nous avons plus particuliérement insisté e" raison des cas relativement nombreux que nous avons observés. C’est le sarcome primitif du poumon b petites cellules fusiformes.

Après les sarcomes à cellules fusiformes, et comme forme metalypique des néoplasies du tissu conjonctif commun, nous avons placé les tmjxomes, qui, en raison de leurs apparences spéciales, correspondant à une phase de développement des tissus conjonctifs, temporaire et généralement disparue chez l’adulte, paraissent pour le plus

grand nombre imputables à l’évolution néoplasique des résidus de malformation du développement.

Sarcomes du tissu con’onclif spécialisé pour former la charpente du corps, os et cartilage, chondrosarcomes et ostéosarcomes. — Les tissus de charpente, os et cartilages spécialisés pour former des appareils de soutien et de protection, sont assez étroitement apparentés pour que leurs néoplasies, en outre fréquemment combinées méritent d’étre décrites dans une môme classe. Elles sont d’ailleurs considérablement influencées par la fonction spéciale de leurs cellules, l’élaboration de substances intercellulaires solides qui se retrouvent diversement modiliées dans les tissus néoformés. Aussi la plupart des formes en sont-elles relativement typiques et par là faciles à identifier avec les tissus normaux correspondants.

Chondromes et chondrosarcomes. —Dans le langage de la plupart des auteurs, le

constituées de cellules rondes on de cellules lusiformes. Telle n’est pas notre conception ; les chondromes, tumeurs essentiellement malignes et infectantes, sont pour nous

lcraples monh'c les (li\

qui se traduit à l’état pathologique par l’association fréquente de leurs altéralions. Ils sont unis par la communauté d’origine de leurs cléments constituants, qui. de même famille et vraisemblablement de même souebe, à des degrés divers de dillérenciation, réagissent de façon similaire aux excitants morbides, et ils sont en outre en communication constante par l’intermédiaire des appareils vasculaires auxquels ils sont anne.xés, ce qui nous oblige à les considérer, malgré leurs apparences d’organes distincts et distants, comme faisant partie néanmoins d’un seul et même appareil. Les ganglions lymphatiques, les appareils lymphatiques des muqueuses du tube digestif, la moelle osseuse, la rate, sont en effet en relations constantes, et leurs altérations ii ritativcs ont

la plus grande tendance à se montrer diffuses et similaires ; diffuses parce que dans les divers points du corps, ces organes sont intéressés simultanément; similaires, parce que, dans leurs reactions, quand une forme de différenciation cellulaire prédomine, elle caractérise la modalité réactionnelle des divers organes intéressés.

Dans les états infectieux, dans les états anémiques, dans les cachexies, on rencontre une altération similaire et généralement contemporaine des ganglions, de la moelle osseuse et de la rate.

Dans les états hyperplasiques, cette tendance est encore plus prononcée, et il en résulte des formes pathologiques singulièrement diDiciles a classer dans le cancer ou dans les hyperplasies difl'uses; car les critérinms de la malignité, qui nous ont servi pour toutes les autres variétés de tumeurs se trouvent ici en défaut, en raison des propriétés mêmes des tissus intéressés.

Les particularités qui caractérisent les hyperplasies de ces tissus paraissent en ell'et ressortir à un double inccanisme. Par leurs affinités naturelles, ils peuvent subir simultanément et parallèlement les influences pathogènes. Par leurs connexions vasculaires, leurs éléments proliférés passent avec une grande facilité des uiisaux autres. La

osseuse, endolhiSliomes, etc., et les tumeurs des tissus hémo et lympho-poiétiques, en considérant avant tout l’élément parenchymateux en prolifération néoplasique et d’après lequel nous caractérisons chaque type de tumeur.

Tissu bjmphoïile ou ganglionnaire. Lyinpiiomaloses. Lymphoegtomes typiques et atypiques. — Les divers états de l’éactiou constituant les étapes diverses ou les mudalités du processus néoplasiques sont pour ces tissus : 1“ Les liype)q>tasies in/lammaloires

iopalhies chroniqueê ; T les liyperplas hjmphocylomes combinés tels que le ch

toses nous avons rang(^ les processus 1 , qui loiit en se rapprochanl par beai

^pendant non scnlement parce que parce qu’elle ne présente pas la pi après aux éléments cancéreux envahiss :s hjmphocylomes; en les désignant p;

une dépendance, une adaptation spéciale des appareils de charpenle et de soutien de

Les libres lisses, surtout, et ce sont elles qui nous intéressent plus spécialemenl, sont en relations avec te tissu con-

diqué les très rares observations dans lesquelles des cellules musculaires striées, d ailleurs plus ou moins coinplèlemcnt atypiques, paraissaient avoir présenté une évolution maligne.

Tumeurs à tissus multiples : Tératomes et Embryomes.

Formes et variétés des tumeurs à tissus multiples. — Jusqu’à présent nous avons classé les cancers suivant les tissus normaux aux dépens desquels ils se développent, et reconstituant les diverses étapes de leur formation, nous avons vu qu’en règle ils dérivent des hyperplasies irritatives ou inflammatoires. Les états hyperplasiques précancéreux sont liabituellemeiit constitues pai- le développement simultané des tissus conjonctifs et épithéliaux de l’organe atteint, tandis qu’au stade néoplasique, cancéreux, il se fait une sélection du processus qui s’individualise sur une seule espèce cellulaire dont la végétation indéfinie et envahissante constitue le cancer.

Nous avons vu également, qu’à côté de ces cancers dérivant du tissu même de l’organe où ils se développent, d’autres cancers résultaient de l’évolution néoplasique d’éléments étrangers au terrain matriciel, d'éléments en ectopio, par suite d’un vice du développement embryonnaire et constituant ce que nous avons appelé les cancers

bien des erreurs, dont l’importance est impossible à chiffrer et qui nous obligent à un prudent scepticisme devant les conclusions à tirer des gros chiffres de ces statistiques d’ailleurs si impressionnantes par leur apparence de rigueur scientifique.

Malheureusement, si désireux de plus de précision diagnostique on ne veut utiliser que les documents pourvus du contrôle anatomique et histologique, les statistiques personnelles, les statistiques de services, les statistiques d’hôpital, le nombre relativement restreint des cas expose à toutes les causes d’erreur résultant de l’étude plus particulière de telles ou telles variétés de cancers, des spécialisations de services ou

Ces réserves faites sur les inconvénients de ces divers modes d’investigation, nous avons néanmoins cherché à les utiliser et à les corriger les uns par les autres.

Et nous avons en effet réuni et résumé un grand nombre de relevés statistiques empruntés aux divers pays pour établir la fréquence du cancer, fréquence absolue et fréquence relative.

A ce propos nous avons dû aborder la question de l'accroissement progressif du nombre des décès par cancer, accroissement révélé et de tous côtés, par les statis¬

tiques générales aussi bien que par les statistiques partielles, et nous en avons discuté la valeur cl l’interprétation, et nous appuyant sur les travaux de contrôle publiés de divers côtés et qui montrent celte augmentation portant surtout sur les cancers profonds, viscéraux, de diagnostic difficile, le chiffre des cancers superficiels et aiséjpent reconnaissables restant peu modifié, nous avons conclu que, ainsi précisée, l’augmentation du chiffre des cancers paraissait un phénomène purement statistique et indépendant de la fréquence réelle des cas morbides, et que l’on peut à la rigueur honorablement expliquer par la perfection plus grande du diagnostic permettant de reconnaître des formes jusque-là méconnues par la clinique.

. Le grand nombre de cancers trouvés seulement à l’examen nécropsique, la fréquence de ces surprises d’autopsie, permettent de croire qu’il y a en effet encore beaucoup de progrès à réaliser dans ce sens. Mais on doit tenir compte aussi des phénomènes do la suggestion médicale, et penser que plus l’attention sera attirée sur l’augmentation de fréquence du cancer, et plus le chiffre des cancers tiendra une place importante dans les statistiques.

Nous avons passé en revue les points suivants ;

Cancers primitifs multiples;

Statistiques générales par localisations ;

Statistiques d’autopsies;

en empruntant à la littérature les relevés qui nous ont paru les plus complets et les plus probants.

Enfin, en ce qui concerne les formes histologiques des cancers, nous avons pris comme exemple notre statistique personnelle basée sur un total de 564 cas de tumeurs malignes, provenant dos faits que nous avons observés, toutes exainincespar noushistologiquemenl, et qui représentent le matériel sur lequel est basée notre étude générale

Statistique histologique des cancers.

Nombre de cas.364

Sexe. Prédominance des cancers chez la femme.

Fréquence relative des formes et des localisations selon le sexe.

Climats et races. Répartition géoqraphique du cancer.

'Le cancer chez les animaux.

Influence du milieu extérieur. Terrain, maisons, villes et campagnes Hérédité.

Diathèses et tempéraments. Relations morbides. Influences nerveuses.

Alimentation et nutrition.

Professions, genre de vie.

Contagion et infection.

A ce propos nous avons passé en revue les divers travaux en faveur de l’épidémicité,

rinsuflîsance démonstrative, et nous avons conclu que jusqu’à présent aucun des faits présentés ne permctiait d’admettre un semblable mode d’origine ou de trans-

laire nouvelle, douée des propriétés d’autonomie et d’aggrcssion caraetéiisliqucs du processus cancéreux (Menetrier),

d'abord rinsuffisanco de la théorie de Cohnhcim, qui ii est manifestement applwnltln qu’à un petit nombre de cancers, et qui même complétée par l’extension que lui a donnée Ribbert en faisant de la rupture des connexions organiques la cause même du cancer, est formellement réfutée par l’examen des lésions des cancers au début, et par les résultats de l’expérimentation sur le cancer des animaux.

Les théories embryogéniques, la fécondation cellulaire et le rajeunissement karyogamique, sont d’ingénieuses hypothèses, mais à 1’ appui desquelles aucun fait positif

Nous nous rejetons donc sur les théories irritatives, et apres avoir rappelé les faits étiologiques, cliniques et anatomo-pathologiques qui leur donnent vraiscmhlance, nous exposons notre conception personnelle de la sélection cellulaire pathologique.

En résumant les faits que nous avons rassemblés et plus parliculieremont en ce qui concerne l’étude des cancers épithéliaux, du cancer de l’estomac notamment, nous voyons que, sous l’influence de processus irritatifs longtemps prolongés, se produisent des modifications des épithéliums, consistant objectivement dans une réduction du type cellulaire et la perte des apparences de différenciation fonctionnelle; en

déjà cepeiidanl des icsuUats acquis, incontestables. Telles sont les considérations par lesquelles nous avons abordé l’étude des traitements du cancer.

Après avoir exposé les conditions générales du traitement et les tentatives expérimentales de vaccination et d’immunisation, nous passons successivement en revue :

Le traitement chirurgical ;

La destruction locale des cancers par cautérisation ou actions modificatrices

Le traitement par les agents physiques, par les rayons X, par le radium ;

La sérothérapie, la bactériothérapie, la loxinothérapie ;

Les traitements palliatifs et symptomatiques.

Dans le chapitre consacré à l’action des rayons de Roentgen, nous avons rapporté les observations personnelles que nous avons faites sur le processus histologique de la régression des tumeurs influencées par les irradiations, et figuré les apparences les plus caractéristiques de ces lésions.

III DES ÉTATS MORBIDES PRÉCANCÉREUX ET DE LA FORMATION DU CANCER A LEURS DÉPENS

Bulletin de l'Association française pour l'étude du caneer.

(15 juin 1908, 15 ligures.)

Nous avons, dans ce mémoire, étudié les aflcctions qui se présentent assez fréquemment en relation avec le développement d’un cancer pour qu’on puisse les (lualiflcr de précancéreuses. Puis nous avons cherché à montrer que ce ne sont pas là des faits exceptionnels, mais qu’ils correspondent au contraire à un processus général, et représentent, à notre avis, un stade nécessaire et constant de l’évolution cancéreuse.

Dans la plupart des cas, eu efl'ct, où l’on peut, de manière ou d’autre, observer le cancer à scs débuts, on constate que le cancer se développe sur un terrain déjà modifié par des altérations anterieures du tissu. C’est la un point capital dans l’histoire du cancer, que nous nous sommes efforcé d’établir par un grand nombre de travaux anterieurs dont le présent mémoire est en quelque sorte la synthèse et que nous avons résumé dans cette formule : le cancer n'est pas une forme morbide primitive, c'est un aboutissant d états pathologiques multiples antérieurs et préparatoires.

Ces états préparatoires multiples, nous les avons groupés en deux classes principales suivant leurs modalités pathogéniques générales ;

troubles du développement, des actions

déplacement des éléments hors de leur place normale d’ hétérotopique sous lequel nous les désignons.

nflatnmaloires chroniques

les modifications diverses s qui se résument dans le ; nom de cancers d'origine

d’origine hétérotopique sont fort nombreux, cancers mélaniques de la peau ; branchiomes de la région cervicale, cancers surrénaux des rems, évolution maligne des kystes dermoïdes, etc.

Comme exemples de cancers développés aux dépens des inflammations chroniques hyperplasiques ou cancers d’origine hyperplasique, nous étudions le cancer des cirrhoses ; nous avons pu en effet trouver dans des cirrhoses arrêtées dans leur évolution par une affection intercurrente, de petits noyaux adénomateux que nous croyons pouvoir considérer légitimement comme cancers hépatiques au début. Nous en rapportons trois exemples, permettant une sériation complète des lésions, depuis la simple

principales des états précancéreux, nous en tirons la conclusion que ce sont dans ces états morbides précancéreux, précisément les éléments modifiés qui deviennent cancéreux, que les modifications consistent essentiellement dans l’atténuation ou la disparition des apparences de différenciation morphologique et fonctionnelle des éléments cellulaires et dans une tendance proliférative plus ou moins intense, enfin qucla formation du cancer se marque par une accentuation dans le même sens de ces caractères anormaux des cellules", et se montre ainsi comme la phase ultime d’une évolution déjà commencée par l’affection précancéreuse, comme la continuation d’un môme processus dont l’étape précancéreuse serait simplement la préface.

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