I. - RECHERCHES EXPÉRIMENTALES
Hyperplasies et métaplasies épithéliales expérimentalement produites chez le rat par l’action réitérée des rayons X (avec 7 figures).
En soumettant des rats 4 des irradiations successives à faible dose et réitérées pendant des mois, nous avons obtenu des altérations du revêtement cutané que nous avons étudiées au niveau des oreilles excisées par biopsie et qui nous ont montré du côté des épithéliums des lésions manifestement hyperplasiques et métaplasiques.
Aux doses où ils ont agi dans ces cas, en efl'et, non seulement les rayons X n’ont montré aucune tendance à la destruction cellulaire, tout au moins en ce qui concerne le revêtement épithélial de la surface, mais au contraire ils ont été excitateurs de la vitalité et de la prolifération de ces éléments épithéliaux.
Ce sont en effet des lésions essentiellement hyperplasiques que nous avons constatées et qui sont marquées par l’épaississement du revêtement épidermique. Cet épaississement est bien la conséquence d’une prolifération exageree, puisque nous avons retrouvé encore, au moment de notre examen, une abondance insolite des figures de division cellulaire.
Mais, en outre, il y a perturbation manifeste dans l’évolution des éléments proliférés; disparition des caractères de différenciation spécialisant les appareils pilosébacés et uniformisation des types cellulaires, tous devenus semblables ù la forme la plus simple de leur espèce, le type de revêtement superficiel.
troubles dans le processus de kératinisation, formation de cellules cornéesholées, en pleine couche de Malpiglii, et de globes épidermiques, soit dans cette même couche,
11 y a donc à la fois hyperplasie et métaplasie cellulaires. Et le fait nous a paru particulièrement intéressant ù constater en ce cas, puisque ces altérations ont été obtenues sous l’influence d’un agent physique que nous savons capable de déterminer
chez l’homme des inflammations cutanées chroniques susceptibles d’aboutir à l’évo-
Indépendamment de ce point de vue pathogénique, ces faits sont également intéressants en ce qui concerne les applications thérapeutiques des rayons X dans le traitement des diverses néoplasies. Ils nous montrent en effet avec évidence une action excito-prolifératrice de ces rayons, action qui parait correspondre à un certain degré d’intensité de l’excitation et à un certain degré de sensibilité ou de résistance des éléments cellulaires. Et cela nous explique que dans les cas où ils ne sont pas destructeurs, ou tout au moins inhibiteurs de l’activité des éléments néoplasiques, ces rayons puissent éventuellement être excitateurs de leur développement, et susciter ainsi des aggravations prolifératives, conséquences d’un dosage insuffisamment approprié à la résistance des cellules cancéreuses.
Il - PROCESSUS DE GÉNÉRALISATION DES CANCERS
Kystes multiloculaires des ovaires. Généralisation.
Nous avons dans ce travail relaté l’histoire d’une malade qui entra à l’hopilal pour une pleurésie dont la nature cancéreuse fut précisée par la ponction et l’examen cytologique du liquide. 11 s’agissait d’une localisation secondaire d’un cancer kystique des ovaires.
L’étude anatomique et histologique des diverses manifestations de ce cancer généralisé au péritoine, à la plèvre, J l’estomac, etc., nous a permis de reconstituer la marche du processus et son mode de généralisation. Et suivant d’étapes en étapes les cellules néoplasiques depuis leur point de départ dans la tumeur primitive de l’ovaire, jusqu’à leurs métastases les plus distantes, et notamment jusqu à la lésion pleurale, nous avons nettement conclu que le processus d extension et de généralisation du cancer était uniquement un processus d’infection cellulaire, (.oiiclusion que tous nos travaux ultérieurs ont tendu a confirmer, mais qui, à l’époque, était nouvelle. « On conçoit ainsi, disions-nous en terminant, comment une lésion primitivement locale a pu se propager par greffes successives et envahir enfin des organes aussi éloignés de son point de départ, se conduisant à la manière dos parasites végétaux; mais ici le
U s'agissait d’un cancer de ruléi'us. L’éosinophilie est, d’ailleurs, assez commune dans les cancers, bien que je ne la crois pas liée au processus cancéreux lui-même mais plutôt à des complications et notamment aux complications infectieuses.
Dans le cas en question il s’agissait, en effet, d’un cancer infecté; et l’abondance des éosinophiles était telle, autour des cellules épithéliomateuses de la surface ulcérée du cancer que leur seule couleur suffisait a donner au tissu une coloration rosée. Ces cellules éosinophiles diffèrent, du reste, assez notablement des éosinophiles ordinaires du sang, surtout par le caractère de leur noyau.
Fait curieux et que Je croirais volontiers do même ordre et causé pardes influences communes, le même cancer montrait dans les mêmes points un nombre tout h fait insolite de inastzellcn.