Mémoire présenté à la Faculté. Prix Behier
il. Comptes rendus du Congrès international de Médecine de Paris, XlIP session, 1900.
III. Sur la pénétration dans le sang de microorganismes d'infection secondaire au cours de la tuberculose pulmonaire chronique. (Journal de Physiologie et de Pathologie générales, 1901.)
Ces diverses recherches que nous résumerons brièvement ont trait : 1“ à
secondaire que j’ai rapportées en même temps que d’autres auteurs, aux observations de phlébite ou de thrombose, aux observations de septicémie à streptocoques plus particulièrement. Si l’influence de ces embolies bactériennes est à peu près nulle en ce qui regarde la fièvre hectique, il ne semble pas qu’il en soit de même pour ces poussées fébriles qui parfois si soudainement et sans raison apparente surviennent chez les tuberculeux.
Il n’y a guère lieu de s’étonner de la possibilité de cette invasion sanguine étant données toutes les conditions qui peuvent favoriser cet exode microbien ; lésion d’un organe, habitat normal de microbes d’infection secondaire, processus ulcéreux, hyperthermie, asphyxie progressive, intoxication générale de l’économie, cachexie.
Action de la tuberculine sur les agents infectieux secondaires habituels.
Dans des expériences relatives au rôle favorisant du poison tuberculeux sur les microorganismes, agents habituels d’infection secondaire, j’ai vérifié et confirmé les expériences de Klein sur l’exaltation de certains microbes par la tuberculine. Ce que Klein avait fait pour le streptocoque, je l’ai fait pour le tétragène, le staphylocoque doré, le bacille commun du côlon, et aussi pour le streptocoque. J’ai pu voir dans une série d’expériences sur le lapin 1" que l’injection de tuberculine (la 1" tuberculine de Koch) précédant ou suivant l’injection intra-veineuse de ces microorganismes entraînait la mort de l’animal, alors que les lapins inoculés seulement avec une dose comparable des cultures de ces microorganismes résistaient.
COSCLUSIOXS
En définitive, l’observation clinique et la médecine expérimentale s’accordent à démontrer l’existence de l’infection sanguine au cours de la tuberculose pulmonaire chronique ulcéreuse par des agents microbiens autres que
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le bacille tuberculeux. Elles prouvent que cet exode, souvent inoffensif, n’cst pas indifférent, que dans son expression minima il peut ajouter à la symptomatologie de la tuberculose, déterminer notamment des exacerbations fébriles soudaines, et que, dans certaines conditions de virulence exaltée ou de terrain favorable, il peut entraîner des accidents plus sérieux, voire de véritables septico-pyohémies.
Oiservations et documenta sur l’influence des affections à streptocoques sur l'évolution de la tuberculose pulmonaire.
J'ai communiqué a M. Wateau, pour sa thèse (Paris, 1894), des faits et documents relatifs à la question de l’érysipèle dit salutaire.
S’il est vrai que, dans certaines observations, une tuberculose cutanée, le lupus par exemple, a paru réellement influencée dans un sens favorable par l’évolution intercurrente d’un érysipèle; qu’un abcès froid (obs. de Verneuil et deBarelta),apu subir d’heureuses modifications et gnérir à la suite d’irruption de microbes pyogènes, les faits sont en réalité peu nombreux. Aussi ne vientil plus à l’idée de personne d’exposer, comme on le faisait autrefois, à la contagion de l’érysipèle, ou, comme on a pu le tenter, à l’infection streptococcique experimentale, les personnes atteintes de lésions scrofuleuses torpides. Les faits ayant trait à l’influence favorable de l’érysipèle sur une lésion tuberculeuse éloignée (tuberculose pulmonaire) ne tiennent pas devant ceux beaucoup plus nombreux où la tuberculose a subi, du fait de l’érysipèle, une aggravation notable. On connaît, par contre, le rôle manifeste de l’infection streptococcienne dans la patbogénie des inflammations circumeaséeuses, de certaines variétés des formes aiguës de la tuberculose. L’expérimentation a montré, d’autre part, l’action du poison tuberculeux sur les streptocoques.
Si donc le streptocoque inoculé au niveau d’une tuberculose cutanée peut, au même titre que le vésicatoire, que la tuberculine, déterminer une réaction inflammatoire vive qui activera le processus curateur, il ne peut nullement être considéré comme un microorganisme antagoniste du bacille tuber-
MÉNINGITE CÉBÉBRO-SPINAEE AIGUË A MÉNINGOCOQUES
En dehors de ce travail, l’étude sur la méningite cérébro-spinale à inéningocoques a comporté des recherches qui sont mentionnées dans plusieurs chapitres de cet exposé.
Tingt-trois cas de méningite cérébro-spinale aignê à méningocoques traités par le hôpilata de Paru, séance du 21 mai 1909.)
L’hôpital Claude-Bernard ayant été désigné pour recueillir les malades atteints de méningite cérébro-spinale épidémique, durant l’épidémie de mars-avril-mai 1909, j’ai recneilli, avec mes internes MM. Duvoir, Schoeffer, Stévenin, un certain nombre d’observations qui, tant an point de vne clinique que thérapeutique, semblaient offrir quelques indications intéressantes.
28 cas furent soignés d’avril à mai, dont 23 cas de méningite cérébrospinale à méningocoques, survenue chez des enfants, plus particulièrement chez des adultes des deux sexes ou des adolescents. Sur ces 23 cas traités par la méthode sérothérapique. il y eut 16 guérisons. Sur les 7 morts, 2 seulement peuvent être retenues dans lesquelles le sérum donné à doses suffisantes a paru impuissant : il s’agissait de formes cérébrales d’emblée graves.
Les faits relevés ont été les suivants :
Absence de notion de contagiosité.
Au point de vue clinique : l’absence presque absolue de phénomènes de catarrhe naso-pharyngien ;
La fréquence des formes exclusivement spinales ;
Dans ces formes, le paradoxe d’une affection grave avec localisations multiples, et d’un état général apparemment satisfaisant, d’une intégrité intellectuelle absolue, même d’une intelligence avivée, d’un état gastro-intestinal normal;
L’augmentation du volume du foie et de la rate (vérifications nécropsiques) ;
L’élévation lolative assez fréquente de la pression artérielle au maximum de la fièvre et du syndrome nerveux; la chute de la pression avec amélioration de la lièvre et des phénomènes généraux;
La purulence habituelle du liquide (2 cas seulement, avec liquide clair) avec polynucléose et présence habituelle de méningocoques.
Au point de vue pronostique ;
La gravité des formes cérébrales;
L’absence de relations entre l’intensité de purulence du liquide céphalorachidien et l’intensité de la maladie. Celle-ci dépend plutôt de la localisation du processus inflammatoire.
La gravité plus grande des méningites cérébro-spinales des enfants ou des formes traitées trop tardivement au point de vue thérapeutique.
La méthode de M. Netter, préconisant le traitement systématique, durant les quatre premiers jours, ne répond pas à des indications aussi absolues, chez l’adulte que chez l’enfant. Dans nombre de cas, une seule injection, deux, trois ont suffi. La chute absolue de la température, rapprochée de l’analyse des symptômes, nous a toujours paru un indice suffisant de cessation de la sérothérapie.
Sans vouloir conclure à la supériorité de l’un ou de l’autre des sérums employés (le sérum de Flexner et le sérum de Dopter ayant fourni un pourcentage équivalent de succès etd’éruptions bénignes), l’efficacité de la méthode sérothérapique n’est pas discutable. Elle éepose sur l’atténuation rapide des phénomènes nerveux et des phénomènes généraux, la clarification du liquide céphalo-rachidien, la disparition progressive des polynucléaires et des méningocoques, la diminution certaine des complications ou séquelles.
Nous avons pu, depuis la publication de ce travail, revoir quelques-uns de nos malades, dans les quelques mois qui ont suivi leur séjour à l’hôpital. Certains ne gardaient aucune trace de leur maladie infectieuse, d’autres conservaient une certaine lassitude, une fatigabilité plus facile. Une jeune fille âgée de 14 ans et demi, revue un an après la méningite et qui fut assez difficile à soigner pendant sa maladie, semble être devenue dans la suite, plus exigeante, plus méchante, a de violentes crises de colère.
Par contre, dans le liquide purulent qni recouvrait la carapace variolique d’un lapin existait une inclnsion de même aspect et de même réaction colorante; cette inclusion (fig. H) se retrouvait dans une pustule variolique.