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RÉACTIONS DE DÉFENSE DE L’ORGANISME

Étude clinique et expérimentale de l'infection vaccinale ou variolique et de leur immunité. — Anticorps vaccinaux.

Comme suite aux recherches sur la variole-vaccine, faites avec MM. Kelscli, Camus et ïanon, et sur la variolisation animale avec M. Duvoir, j’ai entrepris, depuis plus d’un an, avec mon interne M. Gastinel, une série de recherches cliniques et expérimentales, sur l’infection et l’immunité vaccinale ou variolique. Les recherches actuellement en cours, et qui feront l’objet de publications prochaines, ont donné des résultats que nous devons enregistrer dès iii.iiiitenant, et autorisent des conclusions qui nous ont paru offrir quelque

Elles se peuvent groupov en trois chapitres principaux :

Nous avons recherché s’il nous serait possible de mettre en évidence cette immunité et sa durée, par l’étude des réactions humorales présentées par un sujet vacciné récemment ou depuis longtenjps.

Infection et immunité dans i.a vaccine expérimentale.

Nous avons tenté d’appliquer à la vaccine, maladie infectieuse conférant l’immunité, les procédés et recherches qui permettent de déceler les anticorps dans les différentes maladies infectieuses. Nous avons poursuivi surtout, à l’exemple de certains expérimentateurs, Casagrandi, Xyler, etc., mais en perfectionnant, nous semble-t-il, leur technique, l’étude des anticorps vaccinaux fixant le complément, et compi t e aent l’étude du pouvoir virulent de sérum.

Nous voulions ainsi nous rendre compte si l’on pourrait différencier les reactions humorales traduisant l’infection vaccinale à courte évolution, de celles traduisant l’immunité.

Nous avons étudié les réactions humorales que pouvaient déterminer expérimentalement les différents mode.i d’introduction de l’antigène vaccinal, et successivement nous avons envisagé l’infection et l’immunité consécutives aux inoculations, cutanée, sous-cutanée, endo-veineuse, digestive, péritonéale (inoculation directe — ou, par la méthode du sac de collodion). Dans chaque cas l’élude fut faite systématiquement et en série de la réaction de fixation et du pouvoir antivirulent du sérum. Nous travaillons présentement à préciser la répartition des anticorps vaccinaux dans l'organisme.

Nous avons recherché les réactions humorales des varioleux vis-à-vis du vaccin pris comme antigène, nous demandant si ces deux infections si voisines, quoique en apparence irréductibles jusqu’ici, ne pourraient présenter

B) Vaccine digestive. — Nous avons déjà observé avec M. Duvoir que la vaccine digestive déterminait une immunité manifeste. Nous avons suivi l’évolution complète de la vaccine digestive au point de vue des réactions humorales. La réaction apparaît environ 8 joum après l’inoculation, dure près de 5 semaines et disparait alors que le sérum conserve ses propriétés bactéricides manifestes. 11 nous a semblé que chez les animaux infectes par cette voie, le foie était particulièrement riche en anticorps.

C) Vaccine péritonéale. — Les animaux complètement immunisés par cette voie ont présenté une réaction de déviation plus précoce que la réaction anti-virulente de leur sérum.

I)) Vaccine som-cutanée et endo-veinetise. — Les mêmes réactions humorales s'observent et, après une durée de 13 jours à 1 mois, on observe la disparition complète des anticorps fixant le complément alors que l’immunité subsiste intégralement.

III. — En prenant comme antigene de la pulpe fraîche du vaccin, nous avons obtenu chez un varioleux, qui n’avait jamais été vaccine, une réaction typique de déviation du complément. Par contre, il nous a été impossible de dévier le complément chez les vaccinés en prenant comme antigène le matériel

Nous ne voudrions tirer encore aucune conclusion définitive de ces recherches, dans lesquelles l’emploi d'une technique particulièrement délicate imposerait à lui seul des réserves. Il nous semble cependant que les anticorps dans la vaccine apparaissent avec les mêmes caractères que dans les autres maladies infectieuses. Nos résultats se peuvent comparer avec ce que nous savons des anticorps dans la syphilis et dans la tuberculose. De même que d’après Wassermann et Bruck, Christian et Rosenblatt, les anticorps tuberculeux fixant le complément sont uniquement formés dans les tissus tuberculeux (leur apparition dans le sérum n’étant pas l’expression d’une immunité, mais un symptôme de tuberculose), de même, nous pensons que les anticorps fixant le complément vis-à-vis d’un antigène vaccinal sont symptomatiques de l’infection vaccinale; l’immunité qu’elle confère pouvant être jugée, au contraire, par le pouvoir virulicide du sérum.

M. B4nai\d {Comptes rendus des séances de la Société de Biologie, séance du 22 février 1910).

En mai 1908,Much et Eichelbergannonçaient qu’ils avaient trouvé au cours de la scarlatine, dans 40 pour 100 des cas examinés, une réaction de Wassermann positive. Ils obtenaient ce résultat en mélangeant au sérum de scarlatineux de l’extrait aqueux de foie syphilitique. Ces expériences furent immédiatement contrôlées, et, en Allemagne, notamment, en moins d’un an, de nombreux travaux paraissaient sur la même question. La plupart, reposant surtout sur l’emploi de l’antigène alcoolique du foie, du cœur humain ou du cœur de cobaye, n’aboutirent guère qu’à des résultats négatifs.

Avec le sérum de sujets non syphilitiques, atteints de scarlatine, observés à l’hôpital Claude-Bernard, nous avons recherché 42 fois, à l’aide d’antigènes aqueux de foie syphilitique, la réaction de Wassermann.

Il s’agissait plus particulièrement de scarlatineux atteints de troubles ou de lésions hépatiques (95 pour 100). Trois séries d’expériences témoins furent constamment pratiquées : a) avec le sérum de sujets reconnus, après réaction antérieure, non syphilitiques; b) avec le sérum de sujets syphilitiques; c) avec le sérum de malade sans antigène (afin de voir s’il ne fixait pas à lui seul le complément). En variant, d’autre part, la quantité d’antigène suivant les tubes, nous avons compté, comme résultats absolument positifs, ceux dans lesquels l’absence d’bémolyse existait partout; comme partiellement positifs ceux où il y avait une trace d’hémolyse dans l’un des premiers tubes.

Les résultats obtenus avec une technique comparable a celle préconisée par Much et Eichelberg ont été les suivants :

Résultats absolument positifs.52 pour 100

Résultats partiellement positifs.52 pour 100

Résultats négatifs.16 pour 100

soit au total une proportion de 84 pour 100 de succès chez des scarlatineux reconnus non syphilitiques.

Par cet antigène, ont été traités 13 sérums de scarlatineux recueillis du troisième au vingt-huitième jour; pour chaque échantillon, la dose d’antigène, la quantité de sérum fuient variées.

Sur ces 13 échantillons, il y eut : 3 résultats positifs {8‘, 8% 13‘jour); 4 résultats incertains; 6 résultats négatifs. Ces faits sont à rapprocher de ceux obtenus par Besredka et Dopter, Eggers, Margoulies. Ils sont en contradiction avec les conclusions de Foix et Mallein. Ces auteurs ont eu, il est vrai, le tort d'utiliser de trop grandes quantités de sérum et, un antigène vivant recueilli sur bouillon, ce bouillon pouvant introduire des facteurs étrangers.

2“ Précipitines. Sur les 13 sérums, un seul (qui était nettement hémolytique) renfermait des précipitines à l’égard de l’émulsion chauffée.

3" Inoculations au singe.

L’injection sous-cutanée à deux singes (M. Rhésus) de cultures chauffées à 36 degrés ou filtrées n’ont déterminé aucune réaction générale, aucun exanthème. Chez le singe qui reçut une culture filtrée, apparut, quelques jours après, au point inoculé, un abcès à streptocoques qui guérit rapidement.

Toutes ces recherches tendent à démontrer que le streptocoque trouvé dans la scarlatine ne présente aucune valeur spécifique à l’égard de celle-ci.

J’ai éfudié également avec M. Pelissier (en raison des faits ci-dessus exposés) la réaction de fixation a l’égard d’un antigène représenté par de l’extrait de foie scarlatineux.

Technique. Le foie fut recueilli chez une enfant de sept ans, morte au dix-huitième jour de la scarlatine. Il fut lavé, broyé, séché dans le vide, additionné de 30 fois son poids d’alcool et dilué de moitié au moment de l’emploi.

Sept échantillons de sérum scarlatineux; un sérum témoin (érythème polymorphe) ont été traités par la technique de Wassermann. Les résultats ont été absoluments négatifs.

Recherches sur la cuti-réactiou à la tuberculine au cours de la rougeole. En collabo- 7 ** Kisoberc {Comptes rendus des séances de la Société de Biologie.

V. Pirquet, le premier, ,iu cours des recherches sur son procédé de cuti-

Trois fois la cuti-réaction fut égale des deux côtés; six fois elle fut nettement plus forte pour le côté tuberculine diluée dans l’eau physiologique, et manifestement très faible de l’autre côté.

La seule conclusion possible est que, dans certains cas. le sérum de rougeoleux parut affaiblir l’action de la tuberculine.

Les recherches sur la réaction de fixation sont restées également incertaines.

La réaction de Bordet et Gengou fut recherchée par le procédé simplifié, en utilisant le complément du sérum du malade et la sensibilisatrice naturelle du sérum humain pour les hématies de mouton.

Après avoir vérifié que le sérum de tuberculeux était spontanément hémolytique pour les hématies du mouton et qu’en présence de tuberculine (2 gouttes de tuberculine, 2 gouttes de sérum, ramenées à 20 gouttes par dilution dans le sérum physiologique) il y avait fixation du complément et absence d’hémolyse, nous avons recherché quelle serait l’action exercée par l’addition d’un sérum de rougeoleux (5 cas), d un sérum de scarlatineux (2 cas), d’un sérum provenant d’un cas d’oreillons, d’un érythème toxique, d’une méningite tuberculeuse, d’une éruption pemphigoide; en tout vingtsept épreuves.

les résultats ont été similaires; l’adjonction d'un sérum de provenance humaine empêcha la fixation. L’hémolyse, pour être moins forte que dans le lube témoin, fut égale quelle que fut l’origine du sérum.

Les recherches précédentes qui nous avaient permis de vérifier les données de V. Pirket sans nous permettre, malgré quelques faits intéressants, d’en donner iine interprétation absolue, devaient me conduire à étudier

tion du foie (staphylocoque doré, streptocoque, bacterium coli, bacille d’Eberth), acticn empêchante, action bactéricide, (lu Journal de physiologie et de pathologie

Au cours d’expériences poursuivies dans le laboratoire du professeur Bouchard sur la transformation possible, par culture microbienne, du glycogène en glycose, j’ai été conduit a rechercher quelle pouvait être m vitro l’action du glycogène extrait du foie normal de chien sur les microorganismes qui comme le staphylocoque doré, le bacterium coli, le bacille d’Eberth, le streptocoque ont été le plus souvent incriminés dans les infections hépatiques.

Sans entrer dans le détail de la technique des expériences, trois séries fnrent faites, dans les conditions habituelles à la recherche de l’action antiseptique d’un produit, à savoir : a) addition de proportions variables de solutions de glycogène au milieu de culture ensemencé de microbes; b) addition successive à des solutions de glycogène ensemencées de microbes, de milieu de culture; g) fils de soie trempés dans une culture, séchés, mis dans des solutions de glycogène (dose minimum de 5 milligrammes ou maximum de 20 centigrammes) puis réensemencés, apres un délai variable, dans un milieu de culture et placés à l’étuve.

Les expériences que je viens de relater me paraissent démontrer de façon suffisamment précise. I action empêchante, et, à certaines doses, nettement

bactéricide, in vitro, du glycogène hépatique sur le st. doré, le b. coli, le b. d’Eberth, le streptocoque.

Il faut assurément se montrer réservé dans l’application à la physiologie des résultats obtenus par des procédés un peu simplistes et qui sont loin de reproduire non seulement les conditions physiologiques, mais encore l’état de statique chimique du glycogène hépatique, que celui-ci soit ou non combiné, comme le pense Pli figer, aux nucléo-albumines. Il est permis toutefois de penser que les conditions expérimentales dans lesquelles ces résultats ont été obtenus sont moins favorables que celles qui peuvent être réalisées dans l’organisme, où le glycogène, en proportions plus considérables, incessamment renouvelé dans la cellule normale, persistant même dans la cellnle altérée (faits expérimentaux de d’Amato, faits cliniques de Brault), jouit sans doute d’une activité plus grande. J’ajoute que cette action peut être facilitée d’autre part, réserve faite de l’état de septicémie où tous les processus sont paralysés, en ce qu’elle s’exerce sur des microorganismes dont le plus souvent la germination est très atténuée par le milieu sanguin ou légèrement atténuée par le séjour dans la bile. Toutes ces raisons, ajoutées aux résultats expérimentaux, me semblent plaider en faveur de l’influence du glycogène dans le processus de défense hépatique à l’égard des infections; le glycogène ne serait pas seulement, comme l’a pensé Roger, le témoin du rôle protecteur du foie, il semble être

La notion de cette action glycogénique trouve dans une certaine mesure une confirmation dans des faits d’observation déjà ancienne, auxquels, d’autre part, elle peut apporter une interprétation rationnelle, aussi rationnelle tout au moins que les hypothèses antérieurement faites à ce sujet. Je veux parler de la stérilité des abcès du foie, de ceux qui, dénommés « grands abcès », relèvent le plus habituellement, exception faite des cas où l’amibe a pu être considéré comme l’agent causal d’infections pyogènes pénétrant par la voie sanguine, la voie portale principalement. Cette stérilité est parfois, il est vrai, apparente, et la culture est venue dans certains cas infirmer les résultats de l’examen microscopique; mais, le plus souvent, cultures et examens sont restés négatifs. Les faits de Talamon, Petit, Peyrot, Lauenstein, Tuffier, Zancarol, Calmette, Rendu, Le Dantec, Arnaud et d’Astros, etc., etc., sont là pour en témoigner. Cette stérilisation progressive est suffisamment fréquente pour que Planté établisse

comme règle que l’élément pyogène, formant d’abord un abcès hépatique à pus fertile, perd dans une première phase sa végétabilité, et finit par disparaître dans un délai beaucoup plus rapide que pour toute autre collection purulente vieillie. On a cherché à ce phénomène des explications variées. Pour Calmette, les agents pyogènes sont le plus souvent sans action dans la détermination des abcès du foie, parce que la phagocytose empêche leur développement. Pour Bertrand et Fontan, les microbes, agents de l’abcès, sont tués par les toxines microbiennes qu’ils secrétent. Pour Laveran et Netter, la bile exerce une action bactéricide, action qui a été reconnue comme très faible. Chacune de ces hypothèses peut contenir sa part de vérité ; il se peut que ces divers éléments contribuent à cette stérilisation progressive des grands abcès du foie; ce n’est pas émettre une opinion moins vraisemblable que d’imaginer pour le glycogène un rôle analogue sinon plus important.

De telles recherches soulèvent bien des inconnues. Comment et pourquoi agit le glycogène? Agit-il comme le dit Roger pour les poisons, parce qu’il se combine sous forme de glucoses aux alcaloïdes? Dans mes recherches à aucun moment je n’ai pu, par les réactifs habituels déceler traces de glucose dans la solution de glycogène ensemencée de l’élément microbien. Peut-être se fait-il des transformations intermédiaires? Quoi qu’il en soit, les faits énoncés plus haut gardent leur intérêt.

Ils devaient être confirmés notamment par G. A. Petrone (La Pediatria, f9021) qui sans connaître ces recherches pense également qu’on peut rapporter la stérilité fréquente du pus des abcès du foie au pouvoir bactéricide du glyco-

I. Recherches sur l'action antitoxique in vitro du glycogène hépatique sur la

nicotine et la cicutine. {CompUs rendus des séances de la Société de Biologie, décembre 1900.)

II. Recherches sur l'action antitoiique in vitro du glycogène hépatique sur le

sulfate neutre de strychnine et la toxine diphtérique. (Comptes rendus des séances de la Société de Biologie, décembre 1900.)

Le glycogène hépatique était le même que celui qui nous servit pour nos premières expériences.

tuberculeuses du foie; rôle possible du glycogène. (Congrès international de la tuberculose, Washington, i908.)

Poursuivant les recherches entreprises dès 1899 sur le glycogène hépatique, j’ai voulu me rendre compte si cette substance ne serait pas cause de la difficulté de coloration ou de constatation du bacille tuberculeux dans un grand nombre de lésions tuberculeuses hépatiques. S’il est vrai que dans les tùber-

Injections intra-veineuses de giycogène animai chez le lapin. Action sur ia nutrition et spécialement sur l’activité de la cellule hépatique. En collaboration avec M. Alv Zmv. {Cmnpies rendu» (les séances de la Société de Biologie, 26 juillet 1802.)

11 résulte de nombreuses expériences, faites en vue de ees retdierches. que les injections intra-veineuses plus ou moins répétées de doses moyennes de glycogène animal, peuvent, chez le lapin, apporter quelque trouble à l’activité cellulaire en général et en particulier à l’activité de la cellule hépatique et provoquer ainsi des modifications transitoires de la nutrition préjudiciables à l’organisme, h abaissement du rapport azoturique. du taux do l’urée d’une part, l’hypertrophie, la congestion du foie, la présence d’acides biliaires dans les urines témoignent de çes divers troubles. Le foie mis en présence d’une quantité anormale sinon excessive de glycogène animal, fait eflort pour 1 emmagasiner ou le transformer. Mais cet excès de travail, cet hyperfonctioniiement est rapidement suivi d’une déviation fonctionnelle

ACTIONS TOXI-MICBOBIENNES

Modifications de la pression artérielle sous rinfluence des toxines pyocyaniques.

En collaboration avec le IPCiuRitiv. {Comptesrendus de l Académie des Sciences, janvier 1893.)

Les sécrétions du bacille pyocyanique agissent sur les vaso-moteurs; elles paralysent les centres vaso-dilatateurs. Gley et Charrin l’ont établi ; Doyon et -Morat, Huiler et Sctierringlon, etc., l’ont confirmé.

En se basant sur ces données, on a pu concevoir des espérances au point de vue thérapeutique. Le professeur Bouchard a ouvert la voie. .4u cours de recherches spéciales, entreprises dans son service, il nous a été possible de relever les changements subis par la pression artérielle. Nous avons poursuivi cette étude, en utilisant le sphygmomanometre du professeur Potain, instrument sûr, si l’on observe les règles voulues. Bien entendu, les explorations ont eu lieu dans des conditions identiques’, absolument comparables. Elles ont

1“ Action des rayons X à l’égard du bacille tuberouleui et de la tuberculose

A) Les expériences entreprises ont démontré que les lésions étaient plus marquées pour les animaux inoculés avec les cultures tuberculeuses exposées aux rayons X, et que les lésions étaient surtout prononcées pour les animaux qui avaient reçu la semence exposée le plus longtemps aux rayons.

Ces faits permettent de conclure avec Fr. Pott, que l’amelioration signalée de différents côtés dans l’état des malades tuberculeux soumis à l’action des rayons X, ne relevait pas d’une influence exercée directement par les rayons sur le bacille lui-même.

11 fallut recourir à une autre interprétation, on s’arrêta à celle qui paraissait ressortir des (iremieres expériences tentées sur les animaux tuberculisés ; on admit que les rayons X n’agissaient pas sur l’élément infectieux, mais qu’ils augmentaient la résistance des tissus à l’égard de cet élément infectieux. A cette époque, M. Lortel et Genoud, M. Fiorentini et l.uraschi concluaient qu'il est logique de tenter dans un but thérapeutique rapplicalion chez l’homme des rayons X, dans les cas de tuberculose superficielle.

A vrai dire, les résultats de leurs expériences étaient interprétés d’une façon un peu trop optimiste.

B) Action des rayons X sur les animaux inoculés de tuberculose par voie sous-cutanée intra-péritonéale, intra-pleurale et Intra-trachèale et exposés ultérieurement aux rayons. Les expériences ont porté snr plus de soixante animaux (cobayes et lapins).

11 résulte en résumé de ces expériences, que les animaux tuberculisés par différentes voies et soumis durant des périodes de temps plus ou moins prolongées aux radiations obscures, présentent des variations de poids en plus ou en moins, ou de survie comparables à celles subies parles animaux témoins; que l’aspect microscopique, l’étendue, la gravité des lésions sont, dans les deux cas, sensiblement les mêmes. Et cependant les rayons étaient la plupart du temps appliqués de façon préventive alors que les tissus non encore altérés étaient plus à même de lutter.

Les radiations ont paru déplus, avoir déterminé dans certains cas des phénomènes qui ne peuvent guère être considérés comme favorables, notamment des ecchymoses, des hémorragies en rapport avec des épaississements fibreux marqués du péritoine, des scléroses pleurales épaisses, étendues, sorte de symphyses analogues à celles observées chez la jeune malade soumise dans le service de M. Potain aux radiations, sclérose qui avait ce caractère particulier de n'enkyster en rien le processus tuberculeux.

De nombreux faits sont venus confirmer l’intérêt de ces constatations. L’on sait qu’à la suite de l’action irritante des rayons X, les éléments différenciés dégénèrent et meurent, alors que le tissu conjonctif prolifère abondammeni, se vascularisé, puis, forme un tissu de caractère particulièrement rétractile. Les deux tissus réagissent vis-à-vis des rayons X, selon leur modalité habituelle, la prolifération du tissu conjonctif comme me le disait récemment encore M. Beclère, étant une conséquence moins immédiatement directe de l’application des rayons.

De nombreux faits sont venus confirmer l'intérêt de ces constatations, nouvelles à l’époque où elles furent exposées. L’année dernière encore, au congrès de Yienne, alors qu’on montrait l’efficacité de la radiothérapie dans la maladie de Basedow, les chirurgiens se plaignaient de n'avoir plus à leur disposition — lorsque la région avait été radiothérapisée — qu'un champ opératoire altéré par les adhérences et propice aux hémorragies.

Le résultat immédiat de ces expériences, fut de mettre eu garde contre l’application thérapeutique des rayons X aux tuberculeux, cela n’était pas inutile eu égard aux espérances excessives que quelques coïncidences heureuses avaient fait naître.

2 ’ Action des rayons X sur les affections tuberculeuses eu clinique.

L’action des rayons X est envisagée relativement aux lésions tuberculeuses de la peau, aux lésions tuberculeuses articulaires, aux lésions tuberculeuses pulmonaires.

En voici les conclusions :

Lésions tuberculeuses de la peau. —L’action des rayons X peut produire, dans

I. Injections gazeuses intra-péritonéales et péritonite tuberculeuse expérimentale.

II. Injections intra-péritonéales d’acide carbonique dans la péritonite tuberculeuse

expérimentale. {Ccmgrès international de Médecine, Paris 1900.)

tuberculeux, la compression élastique dont l’influence est si favorable; pour empêcher de façon prolongée le contact des feuillets pleuraux ou péritonéaux et ainsi s’opposer à la greffe des lésions tuberculeuses, il importe, avant tout, de s’adresser à un gaz qui se résorbe lentement. Or, les observations de Demarquay, les recherches de Potain, celles qu’il a poursuivies avec Drouin et moi-même, celles de Rodet et Nicolas, démontrent que l'azote est de tous les gaz utilisables, celui qui se résorbe le moins vite. Lorsqu’on recueille, après un temps variable, l’air qui a été injecté dans une cavité séreuse (plèvre, péritoine) on s’aperçoit que l'azote demeure, alors que l’oxygène a disparu ou a notablement diminué.

II. — L’azote est un gaz inerte qui ne provoque' aucune irritation au niveau des lésions.

III. — L’azote exerce une action empêchante sur les cultures de la tuberculose.

11 reste entendu que dans les cas où l’on ne peut avoir à sa disposition de l’azote pur, l’emploi de l’air stérilisé garde toute la valeur que les travaux de Potain ont déterminée.

De l’action thèrapentiqne du xylol dans la variole {Bulletins et Mémoires île la Société médicale des hôpitaux de Paris, octobre 1905).

Quand je fus chargé du Pavillon des varioleux, au bastion 29, je continuai la médication xylolée préconisée par le D’' Vichnewsky pour le traitement de la variole, et appliquée au bastion par mon prédécesseur et collègue Belin et son interne M. Salomon.

Les faits que j’ai observés viennent à l’appui des constatations rapportées par ces auteurs. Ils établissent, tout d’abord, l’innocuité de la médication, son action désodorisante, son influence d’arrêt ou d’atténuation sur la phase de suppuration.

L’influence du xylol sur la phase suppurative de la variole et sur la courbe fébrile qui l’accompagne, m’a paru des plus nettes dans le plus grand nombre des cas. Un fait un peu particulier est que la médication ne parut pas s’opposer

pour les varioles légères, xylol ou levure produisent des eflèts comparables, dans les formes graves, rcflicacité du xylol est bien supérieure à celle de la levure de bière.

En raison de l’hyperpigmenlation produite par le xylol, nous recherchons expérimentalement l'action du xylol ou des xylènes purs sur les capsules surrénales. Nous rapportons par ailleurs l’observation d’un syndrome d’Addison survenu, quelques mois après, chez un malade tuberculeux en apparenceguéri de la tuberculose qui fut atteint de variole et soumis à la médication xylolée.

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