‹ Titres et travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 18 sur 28 · InOCOLATIOSS VAniOLIQUES · texte numérisé non relu

InOCOLATIOSS VAniOLIQUES

L’inoculation variolique aux génisses fut pratiquée à l’hôpital Claude- Bernard, loin de tout centre vaccinogène, afin de ne pas exposer le virus variolique a être contaminé par le vaccin. Du 19 février 1908 au 11 juin 1909, 9 génisses furent inoculées avec des produits divers (lymphe transparente ou opaque, ancienne ou récente, sérosité purulente extraite de phlyctènes, croûtes fraîches ou conservées depuis plus longtemps et converties au moment de l’emploi en une sorte d’électuaire par broyage avec la glycérine).

Les animaux étaient inoculés sur le flanc avec les procédés et les précautions en usage dans la culture vaccinale.

Voici le résumé sommaire des faits : sur les 8 génisses, 2 seulement ont eu à la suite de la variolisation : l’une, une éruption papulo-érythémateuse; la deuxième, une poussée de vésicules miliaires; chez les six autres, le champ d’inoculation est resté sans aucune apparence morbide. Mais toutes, à l’exception d’une seule, se sont montrées ultérieurement plus on moins réfractaires à l’inoculation vaccinale d’épreuve.

Sur les lapins inoculés simultanément soit par M. Kelsch, soit par moi avec mon interne M. üuvoir, la réaction cutanée à la suite de la variolisation à été nulle ou sans aucun caractère de spécificité et l’immunisaiion à l’inoculation vaccinale ultérieure, totale ou partielle, selon la voie d’introduction du vaccin (sous-cutanée, digestive, intra-veineuse, intra-traehéale).

Ce résultat n’était point fait pour solutionner le problème, c’est alors que les expériences d’inoculations à blanc furent pratiquées.

Ces expériences furent faites sous l’empire de celle préoccupation que nombre des recherches positives faites à l’étranger sur la variolo-vaccine semblent avoir eu lieu dans les Instituts de vaccine même, c’est-à-dire dans des milieux où les génisses fortement réceptives pour la vaccine semblent courir de grandes chances de s’infecter spontanément. Elles ont consisté à réaliser avec préméditation l’infection vaccinale spontanée; trois génisses

furent inoculées à blanc, c’est-à-dire ne reçurent que de la glycérine dans les 60 ou 80 scarifications faites comme d’habitude sur le flanc, après quoi elles furent placées à l’étable désinfectée des génisses vaccinifères. Or, chez les 3 animaux entre le S' et le 11" jour, au niveau des scarifications, apparurent 1. 8, ^ pustules réalisant une éruption vaccinale, discrète à la vérité mais typique, qui inoculée au lapin et au veau a déterminé une éruption nette avec immunisation absolue contre des inoculations vaccinales ultérieures. (PI. 1.)

Si l’on avait mélangé du pus variolique a la glycérine dont était chargée la lancette, nous n’eussions pas hésité à proclamer que nous avions créé une souche de variolo-vaccine, d’autant que c'est sous l’apparence de cette pustulation discrète et éparse qu’elle est apparue aux yeux de ceux qui l’ont décrite.

11 résulte de ces expériences ce premier enseignement : qu’il ne faut pas tenter de faire de la variolo-vaccine dans un milieu vaccinogène, sous peine de s’exposer à des chances d’erreur graves. Elles introduisent dans le débat un facteur dont l’expérimentation n’a pas le droit de se désin-

Si en principe nous acceptons l’unicité primordiale des deux virus, nous ne devons point compter encore sur le variolo-vaccin pour renouveler les semences vaccinales et il convient que les tentatives de transmission de la variole dans les Instituts vaccinogènes soient entourés, selon le conseil do M. le D' Mœvius, de précautions plus rigoureuses que celles mises en pratique jusqu’à présent.

Les faits de vaccination spontanée que nous avons exposés devaient trouver un nouvel appui dans les expériences rapportées à l’Académie de médecine (séance du 20 juillet 1909) par le D' Gauducheau, médecin des troupes coloniales a Hanoi. Notre confrère exposait : 1" qu’il avait réussi a inoculer la vaccine au bufflon par simple piqûre de mouche, et que toutes les fois que les animaux sont tenus au parc pendant plusieurs jours avant de servir aux inoculations ils prennent spontanément l’immunité ; 2“ qu’il n’avait pu varioliser le bufflon, même en se servant d’une lymphe qui, inoculée à un singe macaque, avait déterminé sur cet animal, auniveaudes scarillcalions, des pustnles ressemblant aux pustules vaccinales. Aussi conclut-il à l’extrême

facilité des contages vaccinaux accidentels et à la grande difficulté d’obtenir la transformation de la variole en vaccine, si l’on a soin d’éliminer toute cause d’erreur.

Toutes différentes furent, par contre, les conclusions d’un article dont la teneur est due à la collaboration de nos confrères étrangers, les docteurs Yoigt et Kuhn (Gazette det Hôpitaux, 28 octobre 1909, et danslequel sans expérience nouvelle se trouvent reproduits une partie des arguments déjà opposés, en 1892, à Berthet.

Ces deux savants insistent, comme nous l’avons fait, sur le contraste existant entre les faits négatifs français, les succès étrangers et leurs réussites personnelles. Ils reconnaissaient qu’il n’existe pas de méthode infaillible pour produire la vaccine par la variolisation des bovidés (les succès ne surviennent guère qu’une fois sur cinq ou dix et sans raison appréciable) mais ils maintiennent que la variolo-vaccine est devenue un facteur important du service vaccinal étranger.

Malgré qu’ils acceptent qu’il est des variolo-vaccines de Virulences différentes, ils eonsidèrent que les caractères morphologiques et la virulence particulière de la variolo-vaccine ne peuvent être réalisés par une vaccine fortuite, même exaltée. Ils ne méconnaissent pas les enseignements qui résultent des expériences d’inoculation à blanc,, ne se refusent pas à admettre le transport du virus vaccinal par les mouches, et pensent qu’il y a lieu de prendre toutes précautions utiles. Mais l’objection de vaccine spontanée ne peut, selon eux, s’appliquer à toutes les expériences. Et ils rappellent notammentque la variolovaccine de Fischer (1890), celle de Freyer (1895) ont pris naissarice en dehors de l’établissement vaccinogène.

Us expliquent (et cela ne nous paraît pas une raison péremptoire) que si la plupart des expériences ont été faites, à vrai dire, dans les établissements vaccinogènes, c’est parce qu’on y trouve l’installation nécessaire h cette sorte d’expérimentation et que les directeurs sont particulièrement tenus de chercher l’amélioration de la pulpe vaccinale.

tes faits que nous avons observés, ceux de Gauducheau, appellent en réalité de nouvelles expériences plus que des discussions. .

L’aveu de notre insuffisance actuelle ne préjuge pas de l’avenir, et notre intention était de persévérer dans nos expériences, soucieux de ne rien négli-

ger qui put mieux nous instruire de ce problème dont la solution comporte une portée pratique si grande.

Ces expériences ont été reprises et rapportées dans le second mémoire sur une nouvelle contribution à l’étude de la variolo-vaccine.

Nouvelle contribution à l’étude de la variolo-vaccine.

Une petite épidémie variolique, d’importation étrangère, survenue à Paris, l'hiver et le printemps de 1910, devait introduire à l’hépital Claude-Bernard environ soixante sujets atteints de la maladie régnante. Dès les premières manifestations de i’épidémie, nous reprenions nos recherches avec l’expérience acquise lors de la campagne précédente et avec les ressources nouvelles qui nous y avaient fait défaut.

Nous avons pris soin d’affirmer déjà que, ni le mode d’inoculation, ni le choix du virus ne pouvaient être rendus responsables de nos insuccès. Nous avions, dans nos premières expériences, employé indilféremment la lymphe fraîche que conseille Fischer avec la majorité des expérimentateurs, la lymphe conservée plus ou moins longtemps à la glacière, que paraissent préférer Eternod et Haccius,Voigt, Stumpf; lescroûtes récentes ou anciennes auxquelles Klose, Meder et aussi Voigt accordent une virulence marquée que leur dénie Stumpf. De même, nous avions utilisé le mélange de virus d’âges différents.

On aurait pu cependant nous objecter que le virus recueilli était, peutêtre, en majorité, employé trop tardivement et était parfois trop ancien. D’autre part, et c’était là une question que nous nous étions posée, ce virus provenait de sujets traités à leur entrée à l’hôpital par le xylol, dont on sait toute l’efficacité. Il se pouvait que cette médication eût exercé cependant quelque atténuation sur la virulence des produits que nous récoltions. Dans les nouvelles expériences qui portèrent sur 10 génisses, 1 taurillon et plusieurs

lion avec la spatule qui en assurait la répartition à la surface et dans la profondeur. Les scarifications, au nombre de 25 à 50, recevaient ainsi une quantité de virus assez copieuse pour déborder par places.

Malgré ces conditions, pour ainsi dire idéales, les résultats de nos secondes opérations furent aussi négatifs que ceux de la première. Les mêmes considérations leur sont applicables rigoureusement. Les 11 génisses inoculées à‘ l’étable ou à cêté du lit du malade avec de la lymphe abondante, fraîche, prélevée extemporanément aux principaux stades de l’évolution variolique, ont répondu aux inoculations par des réactions phlegmasiques banales plus ou moins vives, généralement fugaces ou s’y sont montrées réfraçtalres, c’està-dire n’ont même pas réagi par l’inflammation traumatique habituelle (génisses 4, 5, 6).

Seule l’observation 9 nous a permis de relever 8 papules plates sèches qui, à l’inoculation d’épreuve sur la génisse et le lapin, n’ont donné aucune réaction ni banale ni spécifique. Cette éruption se rapportait sans doute à la variole, car l’animal porteur a médiocrement réagi à l’inoculation vaccinale^ pratiquée à l’Institut. ‘

A l’exception des génisses 5, 5, 6, 7, dont l’éruption vaccinale d’épreuve i fut irréprochable, la plupart des'animaux répondirent par une éruption'plus ou moins chétive, faite d’éléments peu développés, mal venus, enfin écourtés dans leur évolution.

Sur ô lapins qui subirent la variolisation, 2 réagirent mal à l’inoculation, vaccinalè, le 5* se montra complètement réfractaire.

Cette influence exercée par la variolisation sur la réceptivité vaccinale, manifeste sur la plupart des animaux, a été sensible surtout pour le lapin.

Comme la première fois, les inoculations à blanc faites parallèlement à l’Institut vaccinal devaient nous donner un succès que nous aurions préféré devoir aux tentatives de variolisation pratiquées à l’hôpital Claude-Bernard.

Chez 5 génisses sur 4, ainsi scarifiées et installées dans les conditions déjà exposées, dans une des étables de l’Académie affectées aux vaccinifèreS, est survenue une éruption reproduisant, en une image réduite, les éléments

éruptifs de la vaccine. C’était d’une à sept papules ou papulo-vésicules plates, ombiliquées, frustes mais reconnaissables à leurs traits essentiels. Cette éruption diminuait d’ailleurs la réceptivité vaccinale du porteur et le produit de grattage inoculé au lapin provoquait une ébauche d’éruption de papulettes sur lesquelles on ne pouvait se méprendre.

Nous prenions ainsi à nouveau le droit de prétendre que la valeur des réussites variolo-vaecinales réalisées dans les établissements vaccinogènes est diminuée par l’excessive réceptivité vaccinale des génisses.

Mais ces nouvelles expériences offrent, de plus, au point de vue de la pratique vaccinale, un très grand intérêt. Elles nous montrent qu’il est nécessaire de séparer, dans un Institut vaccinal, les animaux qui sont à inoculer de ceux qui l’ont été, car ce premier séjour dans un milieu vaccinal peut suffire à les rendre vaccinifères. 11 est logique de supposer que les sujets qui parfois produisent des récoltes médiocres et de virulence affaiblie après avoir été inoculés avec des pulpes d’une efficacité éprouvée, se sont trouvés en réalité dans des milieux d’endémicité de cow-pox.

Les conclusions de notre premier mémoire s’appliquent donc absolument aux expériences actuelles. Le ebiffre de nos tentatives de réalisation variolovaccinale sur les bovidés est jusqu’à présent de 20, et ce sont 20 insuccès. Nous renouvellerons assurément ces tentatives arrêtées par suite de l’extinction de la petite épidémie, en conservant l’espoir de clore un jour la longue série d’échecs qui ont répondu si invariablement aux entreprises similaires de nos compatriotes. Mais pour le présent, nous en sommes encore réduits à ne pas compter, pour régénérer nos souches vaccinales, sur la variolo-vaccine dont nos confrères allemands nous assurent tirer de grands profits.

Le secret de la parenté qui existe entre la variole et la vaccine, la nature de cette parenté restent en réalité à découvrir. L’intérêt qui s’attache à cette question n’est point épuisé. 11 n’en est pas dont l’étude soulève en pathologie générale de plus intéressants problèmes, car en définitive les expériences positives de variolo-vaccine ont réalisé ce prodige de convertir une maladie infectieuse eu une autre, unique exemple de transmutation de maladie micro-

Comme l’a inontri; Chauveau, et contrairement à ce que pensait Pasteur,

la vaccine ne peut être considérée comme une variole atténuée par passage sur les bovidés. Dans un virus atténué, écrit-il en substance, les propriétés fondamentales s’éclipsent, elles ne sont pas détruites et peuvent reparaître dans des conditions de cultures favorables à l’exaltation du virus et ce n’est pas là le cas de la vaccine. Les propriétés fondamentales de la variole ne sont pas éclipsées mais détruites.

La pratique des inoculations sur l’homme nous montre ces deux maladies comme autonomes, irréductibles l’une dans l’autre. 11 existe des vaccines faibles et des vaccines fortes, des varioles bénignes et des varioles graves ; mais la variole faible ne correspond pas à une vaccine forte et la vaccine la plus généralisée, si voisine par ses tributs extérieurs de la variole, ne dégénère jamais en cette dernière. Les pratiques séculaires de variolisation n’ont jamais abouti à la vaccine; depuis que les médecins militaires assistent en Afrique à cette pratique toujours en honneur chez les Arabes, ils n’ont jamais vu une éruption vaccinale répondre à l’inoculation variolique. Depuis Jenner, la vaccine a traversé des milliers de générations sans manifester un retour vers la variole.

Et si, pour un instant, nous nous rangions avec ceux qui, invoquant la similitude des lésions anatomiques, tiennent le corps de Guarnieri comme, l’unique agent des deux entités, il nous resterait à expliquer comment deux états morbides engendrés par la même cause gardent (en dehors du domaine des faits attribués à la variolo-vaccine et n’obéissant à aucune méthode expérimentale) une individualité que la nature s’est montrée impuissante à détruire. Mais sur le terrain des spéculations que peut susciter l’histoire présente de la variolo-vaccine et dont on ne saurait méconnaître le prodigieux intérêt, il convient de n’avancer qu’avec prudence !

Les faits que nous avons recueillis avec l’unique souci de la vérité comportent leur enseignement qui défie toutes critiques. Nous nous sommes bornés à les exposer, tout en montrant les raisons et l’importance du litige qui sur cette grave question continue à diviser de façon absolue l’opinion française et étrangère. Toute interprétation personnelle serait prématurée. 11 nous faut continuer à observer et à expérimenter encore jusqu’à ce que les méthodes de transformation variolo-vaccinale soient précisées et découvertes les lois de cette métamorphose.

cocytaire spéciale provoquée par cette inoculation. Celle-ci peut entraîner la mort du singe avec réaction myéloïde et normoblastique du sang. Inoculé à d'autres singes, le sang de l’animal mort peut provoquer une immunité abso-

l/inoculation de la variole au lapin fut depuis 1904 tentée à diverses reprises, avec des résultats différents, par les médecins vaccinateurs allemands, dans le but de se procurer une souche variolo-vacoinale. — Les uns, comme rfeder (1908), ne purent réaliser cette inoculation; d’autres, comme Pfeiffer (1908), la réussirent facilement. — Voigt (1904) provoqua tantôt un simple érythème susceptible cependant de déterminer par inoculation, en second passage à la génisse, tantôt une éruption papuleuse variolique légitime, tantôt une éruption pustuleuse absolument semblable à la lapino-vaccine. Nous avons Insisté ailleurs sur les causes d’erreur qui frappent de suspicion ces expériences. Freyer (1908) vit se développer sur le dos des lapins une carapace brun clair qui, après l’abrasion, offrait l’apparence d’une bonne lapino-

Nous avons inoculé une série de lapins avec de la semence variolique recueillie sur les varioleux de l’hôpital Claude-Bernard. Ces produits étaient de

de croûtelles jaunâtres qui, en se détachant, laissent des cicatrices irrégulièrement gaufrées. Ces résultats confirment, en définitive, ceux que nous avons observés avec M. Kelsch et ses collaborateurs sur la génisse.

Expériences de variolisation sur des singes (M. rhésus et M. nemestrinus) En collaboration avec MM. Dovora et Srévesni. ,

I. Comptes rendus des séances de la Société de Biologie, 29avril i9it.

It. Journal de Physiologie et de Pathologie générales, 15 mai 1911.

Ces expériences poursuivies durant les années 1909-1910, parallèlement aux études sur la variolo-vaccine, ont porté sur 16 singes (M. rhésus et nemestrinus).

Nous les résumons ici, non pour les faits intéressant la réceptivité variolique et vaccinale du singe (nos résultats étant à cet égard conformes aux observations antérieures), mais simplement pour les enseignements qu’elles nous ont donnés touchant la virulence comparée des semences varioliques et l’immunité.

Dans la première série d’expériences dans lesquelles 8 singes furent inoculés (6, de variole; 2, de vaccin), la semence se composa de croûtes de variole humaine conservées depuis plus d’un an à la glacière et broyées au moment de l’usage dans de l’eau glycérinée à 5 pour fOO. L’ensemencement préalable sur gélose ou sur bouillon resta chaque fois stérile. La deuxième série d’expériences qui porta sur 8 singes eut lieu dans des conditions particulièrement favorables, car le virus (lymphe hyaline ou purulente) était recueilli par grattage des vésico-pustules, soit sur des varioleux adultes n’ayant subi aucun traitement, soit sur 3 enfants n’ayant jamais été vaccinés, et était immédiatement inoculé à l’animal placé près du lit du malade. Le virus préalablement ensemencé sur gélose et sur bouillon donnait du staphylocoque doré ou du staphylocoque blanc.

L’inoculation de ces virus fut surtout faite par scarifications sur le dos

avortée, discrète, réduite à quelques vésico-pustules se desséchant rapidement ou figurée par une crodtelle melliforme irrégulière. L’éruption parut plus avortée chez les singes qui subirent l’inoculation variolique cutanée; ce sont là d’ailleurs points sur lesquels nous comptons revenir ultérieurement. Le sérum prélevé fut tantôt nettement, tantôt faiblement virulicide vis-à-vis du

CONCLl'SIO.VS

Ces expériences furent d’abord pour nous un élément précieux de contrôle en ce qu’elles démontrèrent que l’insuccès des tentatives de variolo-vaccination des bovidés auxquelles nous faisions allusion plus haut ne pouvait être attribué à un défaut de virulence des semences varioliques. Elles confirment également que la lymphe variolique primaire du singe n’est pas plus active pour la génisse et le lapin que la lymphe variolique humaine.

Elles comportent aussi d’autres enseignements :

1° Celui-ci tout d’abord : que, contrairement à l’opinion de certains auteurs étrangers, le virus frais est plus actif que le virus ancien conservé à la glacière, que la lymphe hyaline semble plus active que la lymphe purulente, que toutes deux le sont plus que les croûtes ; 2“ que. contrairement a 1 opinion classique et conformément à l’opinion défendue parM.M. Roger et Weil, Brinckerholl et Tizzer, si une première inoculation variolique semble complètement immuniser le singe contre une deuxieme inoculation variolique, elle ne lui confère vis-à-vis de la vaccine qu’une immunité partielle, variable, inférieure à celle d'une première inoculation de vaccin ; 5“ que l’immunité vis-à-vis de la vaccine n’est pas sensiblement différente, chez les animaux qui n’ont présenté aucune réaction locale apparente, de celle observée chez ceux dont l’inoculation a été suivie d’une éruption spécifique. Ces faits confirment ceux observés par Kelscii et CiMos et par nous-mêmes avec ces auteurs lore de nos tentatives communes de variolo-vaccination.

De ce second travail, où se trouve exposé le protocole des expériences nous itionnerons seulement :

1“ Les études hématologiques. La formule sanguine peut être, comme dans la variole humaine, la mononucléose; mais cette mononucléose est inconstante — parfois, par contre, elle existe avant toute variolisation — en raison peut-être de l’existence de la tuberculose. 11 importe donc de faire toute réserve sur l’examen du sang.

2“ Les indurations et les ulcérations de la muqueuse gastrique, sur lesquelles nous aurons à revenir sans pouvoir dire dès à présent leur valeur, sans savoir même si elles comportent une signification quelconque.

5" L’action virulicide des sérums recueillis sur les singes, à l’égard du

4* Les expériences de réinoculation vaccinale ou variolique, témoignant d’un certain degre d’immunité; cette immunité étant plus marquée vis-à-vis de la seconde variolisation que vis-à-vis des vaccinations successives.

5° Le fait (que nous détachons d’expériences commencées avec M. Gastinel, dont nous aurons à dire les premiers résultats) observé chez les singes soumis à l’inoculation intra-trachéale de variole, et relatif à l’étude de la réaction de fixation. La réaction de fixation fut absolument négative en se servant comme antigène de liquide vaccinal; elle devint au contraire positive après qu’une inoculation vaccinale d epreuve eut donné naissance à quelques éléments populeux.

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