‹ Titres et travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 22 sur 28 · APPAREIL DIGESTIF · texte numérisé non relu

APPAREIL DIGESTIF

Sur un cas d’angine pseudo-memiraneuse observée chez une syphilitique, avec présence exclusive dans l’exsudât des formes levures du muguet. {ÀrcMves de médecine expérimenlak, mars 1895.)

Nous avons pu étudier, chez une malade atteinte de syphilis secondaire, une angine pseudo-membraneuse. L’exsudât renfermait, à l’état de pureté absolue, une levure, que l'examen bactériologique et les cultures devaient nous permettre d’identifier avec le muguet. Nous avons pensé qu’il pouvait y avoir quelque intérêt à mentionner ce fait, en raison même des notions étiologiques qui pouvaient en résulter et aussi parce que c’était la première observation publiée d’angine de cette nature.

En 1895, MM. Troisier et Achalme, ont publié une observation d’angine parasitaire cliniquement semblable au muguet et causée par une levure qui n’était pas l’oidium albicans. La lésion n’était pas identique à celle que nous avons examinée; l’observation de MM. Troisier et Achalme avait trait à une angine crémeuse due à un parasite autre que le muguet; celle que nous rapportons ci-après appartient à une angine de nature pseudo-membraneuse.

Objectivement, cette angine rappelait l’aspect de ces variétés d’angines diphtéroïdes de la syphilis, bien décrites cliniquement, mais à peu près ignorées au point de vue pathogénique. La syphilis peut, en effet, simuler d’emblée la diphtérie, à l’époque de l’accident primitif comme au cours des accidents secondaires. Parfois, comme dans le cas qui nous occupe, elle se complique, ainsi que la scarlatine, la rougeole, d’une angine pseudo-membraneuse due vraisemblablement à une infection favorisée par la dénudation delà muqueuse. Ces angines ont été attribuées au froid, a l’alcool, aux abus du

tabac. Dans plusieurs cas, des examens bactériologiques ont été faits, qui ont donné des résultats variables. Bourges, a pu isoler, trois fois, un streptocoque, une fois le staphylocoque doré, et une fois le bacille coli ; Boulloche, dans un Ans nnie la présence simultanée d’un streptocoque et du pseudo-bacille diphtérique.

L’examen d’une série de lamelles colorées nous permit de déterminer exactement la constitution de l’exsudât et de montrer scs analogies avec la pseudo-membrane classique. On trouvait, tout d’abord, des cellules épithéliales plus ou moins modifiées et altérées, au point que quelques-unes étaient difficilement reconnaissables, des cellules lymphatiques en assez grand nombre. Les unes et les autres étaient réunies en certains points par un réticulum fibrineux.

L’élément dominant de la préparation était représenté par de nombreux et volumineux globules, franchement colorés, limités par une paroi à double contour; ils avaient une forme arrondie, ou polygonale par pression réciproque lorsque, elroitement soudés les uns aux autres, ils formaient des amas ayant l’aspect d’une mosaïque régulière. Certains de ces globules étaient isolés et parfaitement arrondis, ne rappelant nullement l’aspect ovoïde et bourgeonnant de la levure de Troisier et Achalme. Par contre, on ne pouvait déceler la présence d’un seul des micro-organismes pathogènes ou saprophytes habituels de la cavité buccale. Cette pureté de l’exsudât se retrouvait invariablement dans la série des lamelles successivement examinées. Il n’existait, d’autre part, aucun filament, aucune forme ramifiée, tubuleuse, rappelant le mycélium des auteurs classiques.

La plaque de muguet est formée simplement de cellules épithéliales desquamées et dissociées, maintenues par un lacis de filaments qui retiennent dans leurs mailles un plus ou moins grand nombre de cellules arrondies ou légèrement ovoïdes de 6 à 10 p, et quelques éléments cocciens. Elle diffère donc de l’exsudât examiné par nous, tant au point de vue anatomique qu’au point de vue bactériologique.

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