‹ Titres et travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 9 sur 28 · AxOUlt.I.OI.OSE EXPÉamBNIALE · texte numérisé non relu

AxOUlt.I.OI.OSE EXPÉamBNIALE

11 s’agit d’expériences faites chez la grenouille, hôte habituel d’un grand nombre de parasites, notamment d’une variété de némathelminthes voisine des anguillules, les lilaires. Nous avions choisi cet animal dans le but de rechercber si, comme chez notre malade, nous ne pourrions observer le passage dans le sang des embryons de l’anguillule stercorale, recherche rendue facile chez la grenouille par 1 examen de la circulation de la’ membrane interdigi taie.

Si nous n’avons pu faire cette constatation pour des raisons que nous signalerons tout à l’heure, nous avons réussi par contre à infecter toutes les grenouilles mises en expérience sauf une. Nous avons reproduit chez ces animaux toutes les formes évolutives de- l’anguillule stercorale, mais d'une anguillule augmentée dans ses dimensions, dans son volume, représentation géante, pour ainsi dire, de l’anguillule stercorale.

Ces expériences ont été pratiquées dans les conditions suivantes : une parcelle d’éponge, de mie de pain de préférence, imbibée d’une petite quantité de fèees recueillies sur une lamelle, était introduite après vérification microscopique de la présence d’œufs d’embryons ou de formes adultes isolés ou réunis d’anguillules, dans l’estomac d’une première grenouille, celle-ci

la présence cependant vraisemblable de parasites males. Ces vers, adultes ou embryons, existaient en nombre dans toutes les portions du tube digestif, les seconds beaucoup plus nombreux que les premiers, qui étaient rarement réunis plus de 6 à 8. On les trouvait surtout au niveau du gros intestin ou de la dernière portion de l’intestin grêle, mais on pouvait aussi les constater surtout chez les grenouilles placées dans l’eau contaminée, au niveau de l’œsopbage ou dans les poumons.

Les dimensions de ces êtres adultes étaient, avons-nous dit, relativement considérables. Quand ils étaient étalés sur la lamelle on pouvait nettement différencier à l’œil sur les parties foncées du système digestif d’avec les parties plus claires de l’utérus vide ou rempli d’œufs. Leur longueur variait de 8 millimètres à 1 centimètre, l’un d’entre eux mesurait 12 millimètres ; la largeurdes femelles fécondées était, prise à la partie moyenne, de 130 p., celle des femelles non fécondées était seulement de 110 à 120 p.. Les embryons mesuraient, comme les formes adultes de l’anguillule stercorale humaine, 1 millimètre de longueur sur 24 à 30 p de largeur; quant aux œufs, ils atteignaient à leur degré complet de maturité 120 à 140 p de longueur sur 45 p de largeur. Certains de ces embryons étaient à l’état de cadavres, rétractés dans une gaine transparente. Cette gaine se retrouvait à vrai dire sur les formes adultes, où elle se distinguait par de nombreuses plicatures irrégulières; elle s’arrêtait au niveau de l’orifice buccal et était traversée par le prolongement caudal. Sur les cadavres desséchés, elle se brisait véritablement, et ses débris présentaient une ligne de rupture très nette. Le système digestif, de l’œsophage à l’anus, le système génital, la conformation générale du ver adulte étaient, en résumé, l’image développée outre mesure de l’anguillule stercorale humaine. Durant la même époque les grenouilles témoins conservées dans une eau non contaminée succombaient dans un laps de temps de deux mois et demi à trois mois, très amaigries, mais sans avoir présenté aucune des manifestations signalées plus haut. A l’autopsie on trouva à plusieurs reprises quelques infusoires, deux ou trois fois un parasite de l’espèce des distomes, jamais, entre parenthèses, de filaires et jamais aucune trace d’anguillules. L’intestin ne contenait pas de sang, les poumons étaient absolument normaux.

Nous n’avons pu reproduire, par la culture sur milieux habituels, le cycle évolutif de cette nouvelle variété d’anguillule stercorale.

Ces observalions sont un nouvel exemple de l’adaptation d’une espèce parasitaire organisée à un nouvel habitat, adaptation spéciale pouvant l apidement aboutir à la création d’un type de configuration exagérée dépassant, pour ainsi dire, les limites naturelles de l’espèce, mais conservant une structure identique.

L’anguillule stercorale, ou, plus justement, une variété répondant au type descriptif de Yanÿuillule stercorale et «on. de l’anguillule intestinale peut donc, sans passer par la phase de l’anguillule intestinale, donner directement naissance à deux variétés ; l’une petite, parasite de l’homme ; l’autre géante, parasite facultatif de la grenouille. La génération simple et le parasitisme de l’anguillule stercorale nous semblent recevoir de ces* faits une confirmation indiscutable. La famille des rhabdoménides ne renferme donc pas exclusivement des nématodes hétérogoniques.

La vitalité persistante des œufs et des formes embryonnaires de l’anguillule dans l’eau montre, en dernier lieu, le danger que peut présenter l’absorption d’une grande quantité de l’eau ainsi contaminée. Les anguillulides se comportent, en effet, comme la plupart des entozoaires et peuvent envahir l’organisme à la faveur des aliments liquides. ■

CO.VCLOSIONS SUR LE RÔLE DE l’xKCUILLULE STERCOR.iLE EK PATHOLOGIE EXOTIQUE

Los constatations faites chez ce malade offrent un double intérêt au point de vue de l’histoire de l’anguillulose et de la filariose humaines.

1“ Jusqu’ici on n’avait pas signalé dans le sang, d’embryons appartenant à l’anguillule stercorale.

2“ On n’admettait pas, jusqu’alors, la présence des formes adultes de l’anguillule stercorale dans l’intestin de l’homme vivant.

Depuis quelques années on a découvert des formes variées d’embryons de filaircs, entrevus dans la circulation et dans les organes, dont les formes adultes étaient absolument inconnues. Or, entre l’embryon de lilaire et l’embryon de l'anguillule stercorale, il existe de telles analogies quül est légitime de décrire une phase filariforme possible de l’anguillule stercorale.

Cette hypothèse que mes observations me permettaient de poser, est devenue aujourd’hui classique.

Je sais par mon ami, le professeur Guiarl, que ces notions sont aujourd’hui universellement admises par les parasiloloaues. Dans le précis de parasitologie de cet auteur, notamment (p. 423, 428-468); dans son livre récent sur les parasites inoculateurs de maladies (p. 252), mention est faite de ces idées.

.Vskanazy, professeur d’Anatomie pathologique à l’Université de Genève, a contrihué surtout à les faire accepter en montrant que les anguillules pondent normalement leurs œufs dans la muqueuse intestinale. Les embryons qui en sortent, reviennent le plus souvent dans la 1 umière de l'intestin. Mais il peut arriver qu’ils continuent leur chemin et soient entraînés par les lymphatiques ou les veines. Us arrivent ainsi accidentellement dans le sang, où ils peuvent simuler des embryons de filaire. Étant donnée la grande fréquence des embryons de fdaire dans les pays chauds, il n’est pas douteux que des erreurs de diagnostic n’aient été faites fréquemment.

Semblable notion comporte, au point de vue de la pathologie coloniale, un intérêt pratique ; mieux connue, elle permettra d’éviter des erreurs de diagnostic et de ne pas traiter pour filariose des malades atteints d anguillulosc, sur laquelle la thérapeutique a beaucoup plus de prise.

l,a seconde conclusion, également légitime, est que l’anguilluie stercorale peut être comme 1 anguillule intestinale parasite de l’homme, et peut accomplir seule son cycle biologique tout entier dans l’intestin comme hors de l’intestin. Elle n’est donc pas simplement, comme cela semble généralement admis, sauf par Perroncito, une phase libre de 1 angnillule intestinale, seul parasite de l’homme.

Les expériences de culture de l’anguillule stercorale chez la grenouille, au moyen d’œufs ou d’embryons d’anguillule stercorale humaine, prouvent le danger des eaux ainsi contaminées. Le fait de la transformation de cette iinsiiillule en une variété géante, offre un certain intérêt au point de vue de là biologie générale. Il est un nouvel exemple d adaptation rapide d’êtres organisés à leur nouvel habitat.

Des parasites de riatestin chez les malades atteints d’Érythème polymorphe. (Presse Médicale, 27 août 1910.)

Dans une note additionnelle au travail que j’ai publié avec mon interne M. Schœffer sur l’érythème polymorphe, je relate les recherches faites en vue d’élucider l’étiologie et la pathogénie de ces érythèmes, et notamment les résultats de l’examen des fèces que je pratiquais depuis plusieurs mois sur ces malades. Chez n’importe quel sujet et dans n’importe quelle maladie, tout examen systématique des fèces peut révéler l’existence de parasites ou d’œufs de parasites dont les plus habituels sont les œufs de trieocéphale et d’ascaride. Il reste cependant, que l’importance ou la fréquence de ce pa t s ne sont notablement supérieures dans les variétés d’érythème polymorphe que dans les diverses maladies éruptives, ou j’ai également fait ces recherches. Le fait n’est pas constant, cela est vrai, puisque dans une observation que nous relatons, l’exploration fut négative. 11 semble toutefois que, dans certain cas d’érythème polymorphe, le milieu intestinal soit tout au moins dans un état de pollution favorable au parasitisme, si tant est que ce parasitisme n’y participe point. L’inocuité des gros parasites intestinaux est une notion dont on a abusé et contre laquelle tendent à réagir certains auteurs (Blanchard, Guiart, Cade, etc.), contre laquelle plaident les faits de lombricosc à forme typhoïde de Chauffard, de P. Marie, de César Loé et de Vermeulen. Même dans les cas où le lombric était trouvé chez des malades atteints de fièvre typhoïde, il n’est pas sûr que sa présence soit inoffensive. C’est ainsi que chez une femme atteinte d’une fièvre typhoïde, chez laquelle le séro-diagnostic ne devait être positif qu’à la seconde épreuve, les garde-robes renfermaient des œufs de trieocéphale et des œufs d’ascarides en grand nombre. Ces garde-robes restèrent sanglantes jusqu'après l’expulsion de 2 lombrics provoquée par la médication thymolée. 11 me paraît difficile de ne pas retenir des faits comme ceux que j’ai observés avec mon interne M. Gastinel, relatifs à 2 malades, l’un atteint d’érythème noueux, l’autre d’érythème vésiculeux, chez lequel on trouva à l’examen des fèces, pour le 1“, dü2 œufs d’ascaride et 9 œufs de trieocéphale; chez le second 300 œufs

d’ascaride et 14 œufs de tricocéphale. Chez les deux la médication thymolée sembla atténuer, plus rapidement qu’il n’est habituel, les poussées d’érythème, en même temps que diminuaient la proportion des oeufs de parasites.

De ces constatations faut-il rapprocher les recherches d’Alessandrini et Paoluci, concernant la toxicité des ascarides et qui ont montré que ces vers sécrètent et renferment dans leur cavité générale une substance volatile acide exerçant une action fortement urticanante sur la peau et la muqueuse conjonctivale.

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