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MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE AIGUË A MÉNINGOCOQUES

En dehors de ce travail, l’étude sur la méningite cérébro-spinale à méningocoques a comporté des recherches qui sont mentionnées dans plusieurs chapitres de cet exposé.

Vingt-trois cas de méningite cérébro-spinale aiguë à méningocoques traités par le sérum anti-méningococcique. (Bulletins et Mémoires de la Société médicale des hôpitaux de Paris, séance du 21 mai 1909.)

L’hôpital Claude-Bernard ayant été désigné pour recueillir les malades atteints de méningite cérébro-spinale épidémique, durant l’épidémie de mars-avril-mai 1909, j’ai recueilli, avec mes internes MM. Duvoir, Schcelfer, Stévenin, un certain nombre d’observations qui, tant au point de vue clinique que thérapeutique, semblaient offrir quelques indications intéressantes.

28 cas furent soignés d’avril à mai, dont 25 cas de méningite cérébrospinale à méningocoques, survenue chez des enfants, plus particulièrement chez des adultes des deux sexes ou des adolescents. Sur ces 25 cas traités par la méthode sérothérapique. il y eut 16 guérisons. Sur les 7 morts, 2 seulement peuvent être retenues dans lesquelles le sérum donné à doses suffisantes a paru impuissant : il s’agissait de formes cérébrales d’emblée graves.

Les faits relevés ont été les suivants :

Absence de notion de contagiosité.

Au point de vue clinique : l’absence presque absolue de phénomènes de catarrhe naso-pharyngien ;

La fréquence des formes exclusivement spinales ;

Dans ces formes, le paradoxe d’une affection crave avec localisations multiples, et d’un état général apparemment satisfaisant, d’une intégrité intellectuelle absolue, même d’une intelligence avivée, d’un état gastro-intestinal normal ;

L’augmentation du volume du foie et de la rate (vérifications nécropsiques) ;

— 5ft. —

L’élévation relative assez fréquente de la pression artérielle au maximum (le la fièvre et du syndrome nerveux; la chute de la pression avec amélioration de la fièvre et des phénomènes généraux;

La purulence habituelle du liquide (2 cas seulement, avec liquide clair) avec polynucléose et présence habituelle de méningocoques.

Au point de vue pronostique :

La gravité des formes cérébrales;

L’absence de relations entre l'intensité de purulence du liquide céphalorachidien et l’intensité de la maladie. Celle-ci dépend plutôt de la localisation du processus inflammatoire.

La gravité plus grande des méningites cérébro-spinales des enfants ou des formes traitées trop tardivement au point de vue thérapeutique.

La méthode de M. Netter, préconisant le traitement systématique, durant les quatre premiers jours, ne répond pas à des indications aussi absolues, chez l’adulte que chez l’enfant. Dans nombre de cas, une seule injection, deux, trois ont suffi. La chute absolue de la température, rapprochée de l’analyse des symptômes, nous a toujours paru un indice suffisant de cessation de la sérothérapie.

Sans vouloir conclure a la supériorité de l’un ou de l’autre des sérums employés (le sérum de Flexner et le sérum de Dopter ayant fourni un pourcentage équivalent de succès etd’éruptions bénignes), l’efficacité de la méthode sérothérapique n’est pas discutable. Elle repose sur l’atténuation rapide des phénomènes nerveux et des phénomènes généraux, la clarification du liquide céphalo-rachidien, la disparition progressive des polynucléaires et des méningocoques, la diminution certaine des complications ou séquelles.

Nous avons pu, depuis la publication de ce travail, revoir quelques-uns de nos malades, dans les quelques mois qui ont suivi leur séjour à l’hôpital. Certains ne gardaient aucune trace de leur maladie infectieuse, d’autres conservaient une certaine lassitude, une fatigabilité plus facile. Une jeune fille âgée de 14 ans et demi, revue un an après la méningite et qui fut assez difficile à soigner pendant sa maladie, semble être devenue dans la suite, plus exigeante, plus méchante, a de violentes crises de colère.

RECHERCHES EXPÉRIMENTALES ET CLINIQUES SUR LA VARIOLE ET SUR LA VARIOLO-VACCINE

Depuis l’année 1906, avec mes internes, MM. Tanon et Duvoir, et depuis l’année 1908 avec la collaboration étroite du regretté Kelsch, directeur de l’Institut vaccinal de l’Académie de médecine, de M. le docteur Camus, son

chef des travaux, je poursuivais l’étude clinique, expérimentale et thérapeutique de la variole, l’étude expérimentale de la variolo-vaccine.

D’ensemble de ces recherches qui se continuent encore aujourd’hui — interrompues seulement pendant de longues périodes, en raison de l’absence de cas de variole et de défaut de lymphe variolique — se complètent de l’étude des varioles animales, notamment de la clavelée. Elles nous ont permis de recueillir relativement à l’épidémiologie, aux lésions viscérales, à l’action de la vaccine, à la thérapeutique de la variole, des documents, les uns encore inédits, les autres publiés ou en cours de publication et consignés

Réserve faite des expériences sur la variolo-vaccine et sur la variolisation du lapin et du singe où se trouvent résumées les résultats de quelques recher-

chés hématologiques, je mentionnerai simplement ici, relativement à l’élude du sang des varioleux, les constatations reproduites dans les deux dessins des fig. 10et 11.

J’ai observé avec mon interne M. Duvoir à diverses reprises, dans le sang des malades atteints de varioles graves, en particulier de varioles hémorragiques, des formations un peu particulières sur lesquelles certains

auteurs italiens ont attiré récemment l’attention. 11 s'agit de polynucléaires neutrophiles (fig. dû) contenant de véritables inclusions cellulaires qui se colorent en bleu vert par Te « Manno ». ha nature de ces inclusions n’a pu être donnée par les hématologistes à qui nous avons soumis les préparations.

Nous signalerons seulement que, malgré des examens répétés, jamais nous n’avons pu les retrouver dans aucune autre maladie.

Par contre, dans le liquide purulent qui recouvrait la carapace variolique d’un lapin existait une inclusion de même aspect et de même réaction colorante; cette inclusion (fig. H) se retrouvait dans une pustule variolique.

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