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II. — Inoculations a blanc

Comme la première fois, les inoculations à blanc faites parallèlement à l'Institut vaccinal devaient nous donner un succès que nous aurions préféré devoir aux tentatives de variolisation pratiquées à l’hôpital Claude-Bernard.

Chez 3 génisses sur 4, ainsi scarifiées et installées dans les conditions déjà exposées, dans une des étables de l’Académie affectées aux vaccinifères, est survenue une éruption reproduisant, en une image réduite, les éléments

éruptifs de la vaccine. C’était d’une à sept papules ou papulo-vésicules plates, ombiliquées, frustes mais reconnaissables à leurs traits essentiels. Cette éruption diminuait d’ailleurs la réceptivité vaccinale du porteur et le produit de grattage inoculé au lapin provoquait une ébauche d’éruption de papulettes sur lesquelles on ne pouvait se méprendre.

Nous prenions ainsi à nouveau le droit de prétendre que la valeur des réussites variolo-vaccinales réalisées dans les établissements vaccinogènes est diminuée par l’excessive réceptivité vaccinale des génisses.

Mais ces nouvelles expériences offrent, de plus, au point de vue de la pratique vaccinale, un très grand intérêt. Elles nous montrent qu’il est nécessaire de séparer, dans un Institut vaccinal, les animaux qui sont à inoculer de ceux qui l’ont été, car ce premier séjour dans un milieu vaccinal peut suffire à les rendre vaccinifères. Il est logique de supposer que les sujets qui parfois produisent des récoltes médiocres et de virulence affaiblie après avoir été inoculés avec des pulpes d’une efficacité éprouvée, se sont trouvés en réalité dans des milieux d’endémicité de cow-pox.

Les conclusions de notre premier mémoire s’appliquent donc absolument aux expériences actuelles. Le chiffre de nos tentatives de réalisation variolovaccinale sur les bovidés est jusqu’à présent de 20, et ce sont 20 insuccès. Nous renouvellerons assurément ces tentatives arrêtées par suite de l’extinction de la petite épidémie, en conservant l’espoir de clore un jour la longue série d’échecs qui ont répondu si invariablement aux entreprises similaires de nos compatriotes. Mais pour le présent, nous en sommes encore réduits à ne pas compter, pour régénérer nos souches vaccinales, sur la variolo-vaccine dont nos confrères allemands nous assurent tirer .de grands profits.

Le secret de la parenté qui existe entre la variole et la vaccine, la nature de cette parenté restent en réalité à découvrir. L’intérêt qui s’attache à cette question n’est point épuisé. Il n’en est pas dont l’étude soulève en pathologie générale de plus intéressants problèmes, car en définitive les expériences positives de variolo-vaccine ont réalisé ce prodige de convertir une maladie infectieuse en une autre, unique exemple de transmutation de maladie microbienne.

Comme l’a montré Chauveau, et contrairement à ce que pensait Pasteur,

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