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II. Congrès français de Médecine, Paris, octobre

Lors de l’épidémie de méningite cérébro-spinale aiguë à méningocoques observée à Paris en 1908-09 et depuis, j’ai été à même de rechercher systématiquement la pression artérielle dans cette maladie. Ces observations ont été faites chaque jour ou plusieurs fois par jour à l’aide du sphygmomanomètre de Potain. L’on sait que l’application méthodique de cet instrument donne des indications dont l’intérêt et la valeur restent équivalents ou même supérieurs à ceux des nombreux instruments construits plus récemment dans ce but. A ne retenir que les faits concernant des adultes ou des adolescents des deux sexes, sans réels antécédents pathologiques, mes recherches ont porté sur 45 malades, atteints soit de formes à prédominance spinale suivies de guérison, soit de formes cérébro-spinales plus fréquemment suivies de mort.

Il résulte de ces faits que la méningite cérébro-spinale abaisse, comme la plupart des maladies infectieuses aiguës, mais de façon moins régulière, la pression artérielle au-dessous du chiffre normal.

Cèt abaissement est en effet variable, il peut être presque nul, il est quelquefois très marqué, comme dans la fièvre typhoïde.

Dans les formes de moyenne intensité rapidement traitées, celles que j’avais plus particulièrement observées en 1909, la pression artérielle peut rester les premiers jours h un niveau voisin de la normale, parfois supérieur à la normale, alors que les phénomènes méningés et l’hyperthermie sont cependant marqués. Puis l’abaissement se produit à mesure que les symptômes s'amendent. Ces formes de moyenne intensité répondent plus particulièrement à la variété spinale, variété dans laquelle le processus infectieux est réduit à sa plus simple expression, et les phénomènes cérébraux souvent inexistants. Les chiffres de 13, 14, 15, 16 centimètres sont habituels.

Dans les formes spinales plus graves, ou tardivement traitées, ou encore dans celles où les phénomènes méningo-encéphaliques sont accentués, j’ai relevé les chiffres de 9, 10,11 centimètres Hg.

Je n’ai pas constaté comme M. Parisot que l’élévation de la température coïncide toujours avec une élévation de la pression artérielle tout au moins dans les formes graves. Dans l’immense majorité des cas, les pressions les plus basses coïncident avec les températures les plus élevées, quelle que soit la raison des poussées fébriles. De même je n’ai pas constaté qu’il y eut quelques rapports entre la fréquence du pouls et les oscillations de la pression artérielle (voir le résumé du mémoire), ou entre l’hypertension du liquide céphalo-rachidien et l’élévation de la pression artérielle. Je n’ai pas jusqu’ici constaté d’élévation passagère de la pression artérielle pouvant, comme dans la fièvre typhoïde, être l’indice d’une complication. Dans un .seul cas sans raisons appréciables chez un jeune homme de 38 ans atteint d’une forme cérébro-spinale grave, j’ai relevé la veille de la mort une pression artérielle de 16-17, alors que jusque-là la pression artérielle avait oscillé entre 13 et 14.

La chute de la pression artérielle s’affirme dans les moments proches de la mort! les abaissements marqués revêtent ainsi une signification pronostique fâcheuse.

Un point intéressant qui témoigne de l’intensité de la durée de l’imprégnation toxi-infectieuse est que la pression reste basse, alors que le malade semble entièrement guéri.

En résumé la méningite cérébro-spinale au même titre et vraisemblablement pour les mêmes raisons que les maladies infectieuses aiguës abaisse la pression artérielle.

Dans les formes bénignes, ce signe revêt une valeur séméiologique équivalente à celle de la fréquence du pouls et de l’hyperthermie. C’est, toutefois, un symptôme de plus et un symptôme plus durable. Tout abaissement un peu marqué ou apparaissant rapidement revêt une signification fâcheuse. Enfin, il convient de tenir compte de la persistance de l’abaissement de la pression artérielle, comme témoignage de la lenteur avec laquelle l’organisme reprend son équilibre.

Pression artérielle et d'Arsonvalisation (Congrès pour l'avancement des Sciences, Lyon, 1909).

Je m’élève contre les tendances actuelles d’accorder à la pression artérielle et à ses variations, surtout en excès, une importance séméiotique et pathogénique exagérée dont la conséquence erronée est une thérapeutique trop exclusivement symptomatique. L’hypertension n’est pas, comme on l’a écrit, un syndrome, encore moins une maladie. Établir chez un urémique le seul traitement de l’hypertension, pourrait peut-être être suivi d’un abaissement de la tension artérielle, mais n’empêchera pas le malade de succomber à l’urémie; il en est malheureusement quelques exemples.

Influence in vitro de certains gaz (oxygène, azote, acide carbonique, ou air atmosphérique sur la résistance globulaire. En collaboration avec M. M. Duvoin. ( Comptes rendus des séances delà Société de Biologie; séance du 19 février 1910.)

Nous avons recherché l’action de certains milieux gazeux sur la résistance globulaire, ces recherches paraissant susceptibles d’applications à la pathologie humaine.

Nous avons étudié dans ce but, par une technique que nous exposons en détail, l’influence que peut exercer in vitro sur l’hémolyse l’adjonction d’oxygène, d’azote, d’acide carbonique, ou d’air privé d’acide carbonique.

Les résultats témoignent de la diminution de résistance des hématies traitées par l’acide carbonique ; de l’absence de toute modification de résistance pour les hématies traitées par l’O, l’Az, ou leur mélange dans les proportions de l’àir atmosphérique.

Cette diminution de la résistance globulaire peut être transitoire. La résistance redevient normale, si on refait passer un courant d’oxygène, d’air atmosphérique dépourvu de Co’ ou d’azote, sur les hématies traitées par Co'. Ces hématies, qui reprennent la teinte rutilante du sang oxygéné avec le courant d’air ou d’oxygène, gardent leur coloration brunâtre et l’aspect spectroscopique de l’hémoglobine réduite avec l’azote.

Sur la résistance globulaire dans la scarlatine avec troubles hépatiques. En collaboration avec M. R. Béîubd. (Comptes rendus des séances de la Société de Biologie-, séance du 6 février 1910.)

Malgré les raisons qui nous permettaient de reconnaître une origine hépatogène aux troubles cholémiques constatés au cours de la scarlatine, nous avons'voulu nous rendre compte si quelques-uns de ces troubles ne pourraient être de nature hémolytique, et dans ce but nous avons étudié la résistance des hématies. La scarlatine pourrait en effet agir directement sur l’hématie circulante et favoriser la transformation de l’hémoglobine en pigment biliaire, auquel cas la résistance globulaire est diminuée; ou léser et troubler le foie, et alors la résistance globulaire peut être augmentée.

Cent-treize recherches pratiquées soit avec le procédé du sang total (Vaquez, Ribierre), soit par le procédé des hématies déplasmatisées (Widal, Abrami, Brulé), soit simultanément avec les deux procédés — ont donné les résultats suivants :

Dans une première série de faits (scarlatine sans troubles hépatiques apparents), la résistance globulaire n’était nullement modifiée. Dans une seconde sérié de faits (scarlatine avec gros foie — cholémie) : ou bien la résistance n’était pas modifiée, ou bien (ce fut près de la moitié des cas), la résistance fut augmentée. Elle le fut notamment de façon marquée dans les cas où il s’agissait d’ictère par rétention, à syndrome d ictère catarrhal, mais

le taux de cette résistance redevint normal après la guérison dè ces ictères.

Dans un petit nombre de Cas (5 fois), la résistance fut trouvée diminuée (deux fois, début à 48; — une fois, début à 50; — deux fois début à 52). Il s’agissait de malades à antécédents pathologiques chargés où présentant des complications multiples.

En résumé, la scarlatine normale, régulière ne modifie pas la résistance globulaire. Dans la scarlatine avec troubles hépatiques, la résistance peut être normale, mais est habituellement augmentée de façon transitoire. Cette augmentation révèle l’origine hépatogène de l’ictère et le caractère passager du trouble ou de la lésion hépatique.

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