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FOIE ET RATE

Lymphadénome du foie avec généralisation ayant donné lien, durant la vie, aux symptômes d’un cancer primitif du foie. En collaboration avec le D r Suchato. {Bulletins de la

Société anatomique, décembre 1897.)

Un malade, âgé de 30 ans, entre dans le service du professeur Potain pour les signes manifestes d’une tumeur maligne primitive du foie.

Rien dans ses antécédents héréditaires. Dans ses antécédents personnels, syphilis mal soignée à 19 ans; accidents de paludisme avec ictère, vers 21 ans, aux environs de Nantes.

Après une grippe dont il se guérit mal, il constate lui-même l’existence d’une grosseur au niveau de l'épigastre; puis rapidement apparaissent tous les signes d’une carcinose hépatique. La mort survient, quelques semaines après l’entrée du malade à l’hôpital, par les progrès d’une cachexie rapide.

Durant la vie, l’examen du sang avait montré la diminution considérable des globules rouges (750000 par mm. c.), de l’hémoglobine (50 à l’hémochronomètre de Malassez) ; les globules blancs étaient diminués proportionnellement aux globules rouges.

A 1 autopsie nous avons trouvé des tumeurs de volume variable envahissant exclusivement le foie, la vésicule biliaire, les ganglions trachéo-bronchiques du côté droit, les ganglions de la petite courbure de l’estomac. Aucune tumeur du tube digestif ou des autres viscères. Toutes ces tumeurs sont des lymphadénomes, ainsi que Ta prouvé l’examen histologique. Le tissu de ces lymphadénomes est parfaitement défini. Les tumeurs les plus grosses occupaient le foie; les tumeurs de la vésicule biliaire étaient nettement développées dans la paroi et non dans la muqueuse en partant de la surface, preuve qu’il

ne s’agissait pas là d’un épithéliome à cellules cylindriques de la vésicule biliaire.

Il semble donc qu’il puisse se produire dans le foie comme dans les autres viscères (testicule notamment) des lymphadénomes primitifs présentant les symptômes du cancer primitif du même organe.

Nous sommes portés à croire que ces faits ne sont pas absolument rares, car nous avons pu en observer un deuxième cas.

le Foie des scarlatineux. En collaboration avec SI. Békaro. (Compta rendus des séances de la Société de Biologie, 6 février 1910.)

Les faits jusqu’ici connus laissaient supposer que les troubles fonctionnels ou les lésions du foie sont exceptionnels au cours de la scarlatine. Cette rareté ne nous semble qu’apparente. Elle tient à ce que le plus habituellement il s’agit d’atteintes hépatiques légères à symptômes frustes, échappant à l’examen, à moins d’une exploration attentive et d’une technique un peu minutieuse. On serait conduit ainsi à négliger tout un ensemble de troubles hépatiques dont la connaissance importe au point de vue nosographique. C’est ce qui parait ressortir des recherches systématiques que nous avons poursuivies au cours de l’épidémie de scarlatine de 1905-1908 sur plus de 3500 scarlatineux de l’hôpital Claude-Bernard.

L’atteinte du foie se manifeste sans doute, à son degré le plus marqué, chez les sujets dont le foie, pour une raison quelconque (plus particulièrement éthylisme) était déjà plus ou moins lésé. Si nous écartons ces faits, si nous négligeons les observations de sujets âgés ou à antécédents pathologiques chargés, pour ne retenir que celles appartenant à des adolescents ou adultes des deux sexes, de bonne constitution apparente, et chez lesquels le volume du foie a été enregistré systématiquement durant l’évolution de la scarlatine, nous relevons 278 cas de troubles ou de lésions hépatiques nets. I/examen des faits montre que la scarlatine est la cause efficiente et suffisante de ces troubles qui, plus profonds, plus durables dans les scarlatines graves, peuvent se manifester à un degré égal au cours des scarlatines les plus régulières. L’état antérieur des voies digestives, l’importance des manifestations intesti-

nales du début ne sont sans doute pas étrangères à la détermination du processus hépatique, avec les infections ascendantes dont elles peuvent être l’origine. La recherche du streptocoque dans le sang est négative dans ces cas, conformément à ce que nous avons pu observer même dans les scarlatines les plus compliquées.

Les troubles ou lésions hépatiques se traduisent cliniquement par l’hypertrophie et la douleur provoquée du foie, hypertrophie et douleur de degrés très variables, par l’ictère, par l’hypercholémie sanguine appréciée au cholémimètre de MM. Gilbert et Herscher, par la cholurie ou l’urobilinurie, sans décoloration des fèces (sauf dans 4 cas d’ictère par rétention).

Nous avons apprécié dans les autres notes les rapports qui peuvent exister entre ces diverses manifestations, comme la signification de certaines réactions humorales. Dans cette étude nous avons voulu mettre simplement en évidence les faits qui nous permettent d’affirmer la fréquence de l’atteinte hépatique au cours de la scarlatine.

Le toie dans 1a méningite cérébro-spinale aiguë à méningocoques.

I. Bulletins et Mémoires de la Société médicale des hôpitaux de Paris, séance du 27 mai 1909.

II. Congrès français de médecine, Paris, octobre 1910, avec la collaboration de M. Duvom.

Dans les états septicémiques, ou dans les processus infectieux à localisation gastro-intestinale, la congestion hépatique est d’observation habituelle; mais, à vrai dire, d’observation plutôt anatomique.

L’atteinte de l’organe, étant d’ordinaire peu profonde et transitoire (hypertrophie, sensibilité douloureuse plus ou moins marquée de l’hypochondre droit), échappe à l’examen, si l’exploration de l’organe n’est pas attentive, minutieuse, répétée.

Dans la méningite cérébro-spinale aiguë à méningocoques, on peut trouver dans des documents anatomiques la relation que le foie souvent normal est parfois congestionné, ou présente des foyers discrets de dégénérescence graisseuse, mais si l’on se reporte aux faits cliniques, il est simplement dit que le foie et la rate n’olîrent rien de particulier. Il en est ainsi des

publications anciennes de Tourdes, Renzj, Lévy, Maillot, White, Upham, Merckel ; des relations de l’épidémie de méningite cérébro-spinale de l’état de Massachuselts en 1898, dés monographies relatives à l’épidémie parisienne de 1908-1909.

J’ai l’année dernière, dans un travail communiqué à la Société médicale des hôpitaux et relatif à l’étude de 35 cas de méningite cérébro-spinale aiguë, cru devoir insister sur l’hypertrophie presque habituelle du foie et de

Depuis, une thèse de M. Fauvet, 23 décembre 1909, a rapporté, sans aucune description clinique, quelques relations anatomiques de foie congestionné.

Les recherches que nous avons faites, ont surtout cet intérêt (puisqu’il s’agit de lésions minimes et transitoires) de montrer que l’hypertrophie douloureuse du foie comme l’hypertrophie de la rate, sont à ce point fréquentes, qu’on les doit faire figurer dans le tableau clinique régulier de l’infection méningococcique. Elle témoigne de l’importance plus ou moins grande du processus infectieux général.

Il convient d’ajouter que ces atteintes, même légères, sont capables de créer un état de vulnérabilité plus grande de l’organe vis-à-vis d’infections ultérieures, ou aggravent même, comme il nous a été donné de le voir, une lésion antérieures L’étiologie éloignée des affections viscérales est souvent faite de ces troubles transitoires et répétés.

Les observations sur lesquelles repose notre travail, sont au nombre de 65, recueillies à l’hôpital Claude-Bernard, en 1908-1909-1910. A l’exception de quelques faits concernant des enfants de 8, 10, 12 ans, ou des patients de 47 à 51 ans, l’âge moyen des personnes atteintes fut de 18 à 25 ans.

Si de ces 65 cas, on élimine ceux où l’examen clinique ne put être fait (décès peu après l’arrivée à l’hôpital) il reste 45 observations dans lesquelles l’examen a permis de relever :

40 fois, une hypertrophie nette plus ou Moins prononcée du foie et de la rate; 2 fois une augmentation de volume légère et pouvant prêter à discussion; 3 fois l’absence de toute hépatomégalie. De ces trois derniers faits, deux appartenaient à des formes légères de méningite cérébro-spinale, un répondait à une forme grave rapidement mortelle; l’examen du foie permit

de se rendre compte que l’organe considéré cliniquement comme normal, l’était anatomiquement.

la percussion systématique aidée de la phonendoscopie dévoile facilement cette hypertrophie, hypertrophie totale intéressant les deux lobes, et réveille souvent un certain degré de sensibilité et même une véritable

La percussion est absolument nécessaire à la délimitation exacte du bord

inférieur; le palper le révèle de façon imparfaite, parce que le bord inférieur non déformé et de consistance normale, est difficile à apprécier derrière les muscles abdominaux contracturés. La phonendoscopie est utile pour le contrôle de la limite supérieure. La détermination de celui-ci est gênée par l’hypersonorité générale quelquefois extrême du thorax distendu, sur laquelle j’ai insisté par ailleurs.

Les chiffres obtenus ont été de 18, 17, .15 cm. pour le lobe droit : 12,5; 12; 9, pour le lobe gauche.

Cette hépatomégalie, comme l’hypersplénie, est précoce; elle s’accuse pendant la période d’activité de l’infection pour diminuer assez rapidement dès que la température tend à revenir à la normale; elle est subordonnée à l’infection méningococcique ; souvent alors que les signes méningés persistent, le foie et la rate ont repris leur volume normal.

Les constatations anatomiques montrent qu’il s’agit là de troubles peu marqués, moins accusés par exemple que ceux observés avec mon interne M. Bénard dans la scarlatine. Le foie était complètement J congestionné de façon uniforme; à la section le sang sécoulait assez abondamment: sur le fond rouge sombre des coupes se percevaient, disséminées, des zones limitées plus pâles semblant des foyers d’infiltration graisseuse.

L’examen histologique (fixation des coupes au Dominici, coloration à l’hématéine-éosine, à l’hématéine van Gieson, etc.), témoigne, réserve faite des zones de congestion péri-porto-hépatique, d’un aspect sensiblement normal.

A un plus fort grossissement, se retrouvent des lésions inflammatoires légères, caractérisées par la présence dans les espaces portes de foyers d’infiltration leucocytaire. Ces foyers sont constitués presque exclusivement par des lymphocytes. Les cellules du parenchyme étaient normales ; les cellules de Kupfer tuméfiées et leur protoplasma visible. Dans les capillaires intratrabéculaires se trouvaient d’assez nombreux polynucléaires. Ces diverses lésions sont nettement représentées dans la figure ci-dessus.

De la rate dans la variole.

Dans l’enseignement que j’ai fait au Bastion 29 et à l’hôpital Claude-Bernard, je n’ai cessé d’insister sur l’utilité de la percussion méthodique de la rate, sur la possibilité de percevoir facilement cet organe par la percussion ou la palpation, même alors qu’il présente ses dimensions normales, cela contrairement à l’opinion encore trop souvent exprimée.

L’application de la méthode de percussion que j’ai préconisée, associée à la phonendoscopie, m’a permis de recueillir tout un ensemble de documents que j’ai confiés à mon élève M. GefTroy pour sa thèse. (Des modifications du volume de la rate au cours de la variole. Paris, 1905.)

11 résulte de ce travail :

1“ Qu’au cours de l’infection variolique, la rate subit le plus souvent une augmentation de volume.

Cette augmentation est légère, ou peut faire défaut dans les varioles discrètes; elle est constante dans les varioles confluentes et présente son maximum au stade papulo-vésiculeux pour décroître à partir de la pustulation. Dans la variole hémorragique, contrairement à certaines opinions antérieures, la rate est augmentée de volume le plus habituellement. Cette augmentation est variable et s’explique dans certains cas par une hypertrophie antérieure coexistant avec des lésions hépatiques antérieures.

De l'hypertrophie de la rate dans les affections du cœur. (Documents et observations donnés à M. Cl. Gautier pour sa thèse de doctorat, Paris, 1903.)

De ces documents il ressort que la rate est rarement hypertrophiée dans les affections du cœur qui ne sont pas compliquées de lésions hépatiques.

ha rate dans la méningite cérébro-spinale i méningocoques.

Le résumé ci-dessus du foie dans la méningite cérébro-spinale à méningocoques fait mention des modifications de volume de la rate dans cette infection.

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