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GLANDES A SÉCRÉTION INTERNE

A propos de l'origine rhumatismale de certains goitres exophtalmiques et de la communication de M. le D 1 Vincent à ce sujet. (Bulletins et Mémoires de la Société médicale des hôpitaux de Paru, 29 novembre 1907.)

J’ai apporté, à l’appui de cette thèse, deux observations de fluxion thyroïdienne survenue au cours de crises rhumatismales polyarticulaires aiguës, et accompagnée de tachycardie et palpitations, avec un degré très moyen de nervosisme. Il s’agissait de deux fillettes pubères, l’une de 15 ans, l’autre de 12 ans.

Do l’origine thyroïdienne des tachycardies ou palpitations dites nerveuses de la puberté et de la ménopause.

Endehorsdes faits que j’avais communiqués à SI. le Professeur Vincent à l’appui de la thèse qu’il défendait et de l’origine rhumatismale de certains goitres exophtalmiques, j’ai réuni quelques observations relatives à des troubles cardiaques purement fonctionnels (tachycardie et palpitations) apparaissant au moment de la puberté, et simultanément avec des signes nets de fluxion thyroïdienne. J’ai conseillé à mon externe, M. Vermorel, d’en faire l’objet de sa thèse de doctorat, Paris, 1907.

Ces faits tendent, selon moi, à démontrer qu’il existe, entre les modifications du corps thyroïde (observées au moment des deux grandes phases de transformation de l’appareil utéro-ovarien) et quelques troubles fonctionnels cardiaques, des relations de cause à effet. Ainsi se peut trouver réalisé un syndrome de Basedow, plus ou moins fruste et transitoire.

Syndrome d’Addison : Opothérapie, étude de la pression artérielle ayant et pendant l’opothérapie. En collaboration avec M. H. Schœffer. (Bulletins et Mémoires de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, 4 mars 1909).

Le fait que nous rapportons méritait d’être mentionné, notamment pour cette raison que les résultats de la médication surrénale furent quelque peu différents de ceux que l’on avait relatés avant nous.

11 s’agissait d’un malade de 57 ans, qui nous fut renvoyé à l’hôpital Claude-Bernard pour des manifestations paraissant ressortir au syndrome d’Addison — parce que, quelques mois auparavant, il y avait été soigné pour une variole intense confluente — par la médication xylolée.

J’ai noté (voir page 89) que cette médication a pour effet de substituer aux cicatrices gaufrées et rougeâtres imposant au visage les marques indélébiles si connues, des taches non déprimées, ou même des papules, plus ou moins surélevées, fortement pigmentées.

Cette hyperpigmentation, cette véritable mélanodermie n’est pas limitée aux cicatrices de variole, elle se localise aux points cutanés antérieurement traumatisés ; elle nous a semblé respecter les muqueuses.

Pigmentation et surélévation semble varier d’ailleurs, selon les individus, soit en raison d’une idyosyncrasie spéciale, soit en raison de l’intensité et de la durée de la médication xylolée. Notre première pensée fut donc, que la mélanodermie relevait de la médication antérieure. Notre examen devait nous permettre de confirmer le diagnostic de syndrome d’Addison typique.

Sans entrer ici dans le détail de l’observation qui fut suivie minutieusement, chaque jour, notons : que le sommet du poumon gauche donnait des signes d’adhérences pleurales, cicatrice probable d’un foyer tuberculeux ancien et que la cuti-réaction fut nettement positive.

Ce malade fut soumis à la médication opothérapique qui (sauf une interruption de 8 jours) fut continuée du 13 juin au 9 août. La médication fut donnée sous la forme dès cachets d’extrait surrénal de0,30 à 2 gr. 10 (Carrion etHallion), ou de chlorhydrate d adrénaline en injections sous-cutanéés à la dose dé 1/4 de milligramme, 1/2 milligramme, 1 milligramme; elle fut bien tolérée.

L’opothérapie eut ce résultat un peu spécial d’être suivie assez rapidement de l’amélioration des manifestations primordiales considérées comme les plus rebelles, à savoir : l’asthénie et surtout la mélanodermie, et cela sans qu'à aucun moment il nous fût donné d’observer une action quelconque sur l’appareil cardio-vasculaire, sur le pouls, sur la pression artérielle. Ni l’action dite primitive de l’extrait surrénal, ni son action tardive ne s’exercèrent sur la pression artérielle.

Et cependant lorsqu’on se rapporte aux faits expérimentaux si nombreux concernant l’injection d’extraits surrénaux ou l’injection d’adrénaline, réserve faite de quelques observations contradictoires, l’action hypertensive est, de l’avis général, le phénomène à peu près constant et le plus rapide (Anderodias, Hirtz, Parisot, Oppenheim, Lœper et Sergent).

Nous n’avons pu observer non plus, ni le ralentissement des mouvements respiratoires, ni la suspension générale des sécrétions signalées par quelques auteurs, encore moins la glycosurie et l’azoturie observées par Paton.

Mais cette observation revêtait de plus à nos yeux un certain intérêt par les conditions mêmes qui semblaient avoir entouré le début de ce syndrome d’Addison, conditions que nous nous contentons de signaler sans pouvoir pour l’instant les interpréter.

Quel rôle la variole a-t-elle joué dans la détermination du syndrome? On sait que la variole donne un coup de fouet à la tuberculose. Chez notre malade nettement tuberculeux (dont l’autopsie ne put être faite, le malade ayant succombé chez lui, brusquement) mais dont la lésion était récente, le foyer pulmonaire n’a pas bougé ; mais n’existait-il pas des lésions tuberculeuses au niveau des surrénales? Et s’il y a eu là, poussée tuberculeuse nouvelle ou exagération d’un foyer préexistant, quel rôle faut-il accorder à la médication xylolée dont nous venons de rappeler l’influence sur la pigmentation?

Des expériences commencées, puis interrompues et reprises, ne nous ont pas permis encore de savoir si le xylol ou les xylènes ont une influence sur les fonctions des glandes surrénales.

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