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PEAU ET TISSU OSSEUX

Érythème polymorphe (forme bulleuse). — Complications pleuro-pulmonaire et cardiaque. En collaboration avec M. H. Schœffer. (Bulletins et Mémoirei de ta Société médicale des hôpitaux de Paris, séance du 20 mai 1910.)

Une malade de 22 ans entre à l’hôpital Claude-Bernard, avec le diagnostic de variole, et est atteinte en réalité d’une dermatite polymorphe à type bulleux, pemphigoïde, nettement caractérisée ; son état est assez grave. La température oscille entre 59”,6 et 40", le faciès est terreux. L’hyperthermie, l’insomnie, les douleurs, maintiennent la malade dans des conditions plutôt mauvaises, quoique les viscères et l’appareil cardio-vasculaire notamment, ne présentent aucun indice de lésion.

3 semaines environ, après l’arrivée de la malade à l’hôpital, et alors que l’éruption ancienne en voie de rétrocession se complète de nouveaux éléments à type urticarien, on note pour la première fois, un assourdissement notable du premier bruit mitral. A ce moment des phénomènes de fluxion pleuropulmonaire de la base gauche s’accentuent. Cet assourdissement du premier bruit mitral persiste et les dimensions du cœur augmentent, témoignant d’une dilatation passagère des cavités droites.

29 jours après la première notation de cet assourdissement, 50 jours après le début apparent de l’atfection, se perçoit à la pointe un souffle léger systolique, qui augmente les jours suivants, finit par se propager vers l’aisselle et offre tous les caractères d’un souffle organique.

Un mois après, et malgré des réitérations cutanées successives, la malade quitte l’hôpital, très améliorée; elle garde seulement le souffle systolique léger témoignant d’une insuffisance mitrale commençante.

La malade, revue six mois après, conserve son souffle mitral, mais ce souffle est diminué, et il semble que l’insuffisance mitrale tende à rétrocéder.

Cependant quelques mois après, elle revient à l’hôpital Claude-Bernard pour une nouvelle poussée d’érythème polymorphe, et l’auscultation du cœur permet de décéler un souffle systolique peu intense mais net, à maximum exactement apexien, se propageant vers l’aisselle.

Nous avons donné dans notre travail le détail très précis de cette observation parce qu’elle nous paraissait réaliser un document aussi précis que possible de l’apparition d’une lésion endocardique au cours dé ce syndrome protéiforme, dénommé érythème polymorphe noueux, exsudatif. Nous l’avions retenu parce que si les complications endo-péricardiques sont considérées comme fréquentes dans les variétés papuleuse ou noueuse de l’érythème polymorphe, elles nous semblaient, à en juger d’après la littérature médicale, exceptionnelles au cours de la variété bulleuse; fait paradoxal, car quelque place qu’on accorde à ces dernières, il s’agit toujours des variétés les plus graves.

L’épithète d’érythème polymorphe a un sens compréhensif large — elle comprend toute une série de faits à étiologie variable, elle répond en définitive à une classification d’attente. Dans notre cas, l’examen du sang, l’hémoculture qui resta négative, ne nous permirent d’apporter aucun document nouveau. Mais nos recherches bibliographiques nous entraînèrent à faire l’examen et l’exposé critique des rapports que les données classiques ont établi entre l’érythème polymorphe et les lésions de l’endocarde.

Contribution à l’étude des dermatites polymorphes douloureuses (maladie de Duhring-Brocq). Sur un cas d’érythème bulleux (éruption pemphigoïde) survenu au cours d’une infection chez un enfant atteint du mal de Pott. En collaboration avec M. R. Bénard. (Bulletins et Mémoires de la Société médicale des hôpitaux de Paris,

La question des dermatites bulleuses polymorphes du type pemphigoïde et à poussées successives, a donné lieu dans ces dernières années à dé nombreuses discussions, surtout au point de vue de la physiologie pathologique et de la nature des lésions. L’observation rapportée parait pouvoir apporter quelques notions utiles à la pathogénie encore contestée des dermatites

polymorphes douloureuses, surtout rapprochée d'une autre observation mentionnée dans le môme travail.

Il s’agit d’un enfant de 4 ans à antécédents tuberculeux des plus nets, présentant une gibbosité pottiquc dorsale, chez lequel, au déclin d’une rougeole, apparaît brusquement et par poussées successives, une éruption prurigineuse, douloureuse, à éléments polymorphes (macules, vésicules, vésico-

pustules, bulles), éruption dont les limites sont, en haut, une ligne horizontale passant par la gibbosité, en bas une ligne coupant les cuisses par la moitié. Cette éruption dure 36 jours, et s’accompagne durant ce temps de phénomènes généraux intenses, d’infection secondaire locale sérieuse et d’une complication oculaire. Une grave kérato-conjonctivite double détermine un double leucome adhérent.

Le liquide céphalo-rachidien est normal. Le sang est normal et ne présente aucune éosinophilie sanguine.

Le liquide des bulles, où 11e s’observe aucune éosinophilie, contient un

staphylocoque virulent qui amène la mort du lapin en 24 heures par septicémie. Le pus oculaire contient un microbe de même nature également virulent, et un peu particulier par ses réactions variables vis-à-vis la méthode de Gram.

En dehors de la. nature de la dermatose, il y a à relever dans l’observation : 1° l’étude du microcoque, avec ses caractères permettant de l’assimiler à la variété décrite par Axel Ledercreutz; 2“ la formule hématologique, différente de celle que certains auteurs considèrent comme caractéristique de la maladie de Duhring; 3° l’intervention localisatrice du mal de Pott, avec l’influence du système nerveux sur la topographie si précise de la dermatose, influence signalée dans un certain nombre de faits que nous rapportons et dont les deux schémas ci-dessus donnent une représentation exacte.

Sans vouloir faire le départ exact de ce qui peut appartenir à l’infection morbileuse intercurrente ou au mal de Pott latent, il reste que ce fait peut se ranger à côté de ceux que l’on invoque à l’appui d’une origine nerveuse de la dermatite de Duhring-Brocq.

Exostoses ostéogéniques multiples, héréditaires et familiales.

I. — Eo collaboration avec Jl. OMÙÜM. {Bulletin» el Mémoires de la Société médicale des

hôpitaux de Paris, séance du 7 juillet 1905.)

II. — Exostose ostéogénique unique familiale. En collaboration avec M. Bénard. {Bulletins

et Mémoires de la Société médicale des hôpitaux de Paris, 5 mai 1909.)

Les faits d’exostoses ostéogéniques sans être exceptionnels ne sont pas des plus fréquents. Les observations qu’il nous a été donné de recueillir nous ont permis de relever quelques particularités intéressantes relativement au caractère familial et héréditaire de cette affection et ont servi de point de départ à une étude anatomo-clinique de ces lésions.

Le premier malade présentait des exostoses de l’humérus gauche, des radius et cubitus; l’épreuve radiographique ci-dessous permet de se rendre compte du volume de certaines de ces exostoses, qui toutes ont leur point de

des exostoses de même localisation, uniques et indolentes comme celles de notre malade.

Les deux enfants atteints ne sont pas de la même mère et ont comme générateur commun le père, porteur précisément de la même lésion.

Ces faits et leurs conclusions sont suivies d’indications relatives à la bibliographie de col te malformation.

Sur un cas d'ostéomyélite juxta-épiphysaire du tibia observée au cours de la rou- . , geôle. En collaboration avec MM. V. Veau et CIi..Richet Ms. (Bulletins et Mémoires■ ,1e la Société médicale îles Hôpitaux île Paris, scanée du 18.'mars '{900).

Parmi les complications osseuses des maladies contagieuses observées à l’hôpital Claude-Bernard, l’ostéomyélite juxta-épiphysaire est relativement exceptionnelle. Dans les fièvres éruptives notamment, dont.depùis l’année 1905 j’avais pu examiner nombre de cas, le fait que nous rapportons est à vrai dire le troisième.

Dans l’observation actuelle, il s’agit d’une ostéomyélite juxta-épiphysaire du tibia, relevant de l’infection staphylococcique et apparue chez une petite fille do 7 ans à la période d’incubation de la rougeole. ... ,

Cette ostéomyélite était accompagnée d’une arthrite purulente ; le pus crémeux, épais ne contenait que des polynucléaires pour la plupart altérés, ayant phagocyté de nombreux cocci (surtout dés "diplocoqués) que l’ensemencement démontra cire du staphylocoque doré. -

Par une intervention large, M. Veau fit. une résection’subtotale du tibia, qui ne laissa en place que la portion interne de l’os doublée de son périoste.

Les suites opératoires furent des plus simples, et trois mois environ après, le tibia était reconstitué dans sa totalité : l’épiphyse était cliniquement soudée à la diaphyse, celle-ci présentant en sa partie moyenne un épaississement considérable qui lui donnait un aspect incurvé plus apparent que réel. L’enfant recouvrait ainsi l’intégrité de sa statique osseuse, l’articulation du genou conservant une impotence due à la laxité ligamenteuse.

Ce fait était intéressant, d’abord pour la modalité de son développement et aussi pour les conséquences relativement très heureuses de l’intervention

fesseur Lannelongue (dans le travail de Guyot, Berne de Chirurgie, 1904).

Le tibia est habituellement le siège de prédilection des ostéomyélites aiguës malignes. Dans le cas actuel, malgré l’étendue de la lésion locale, une septicémie grave ne s’est pas produite, et, somme toute, l'évolution de la rouge*ole est restée régulière.

Dans ce travail, mention est faite de : Deux cas d’ostéomyélite au cours de la variole.

11 s’agit de deux jeunes enfants chez lesquels, au cours d’une variole confluente qui devait être mortelle, se développa une ostéomyélite juxta-épiphysaire des deux os de l’avant-bras, du radius particulièrement, avec envahissement secondaire du coude après décollement épiphysaire. L’ostéomyélite, dans ces deux cas, était d’origine streptococàque.

De l'hydarthrose périodique. (Bulletins et Mémoires de la Société médicale des hôpitaux de Paris, séance du 8 février 1910.)

Le fait que j’avais observé avec le D'Chiray, venait à l’appui de la communication que venait de faire M. le D' Ribierre sur un syndrome articulaire curieux et assez mal connu en France.

Il s’agissait d’un malade ayant présenté sans autre facteur étiologique occasionnel qu’une luxation successive et spontanée des deux rotules un gonflement des articulations des deux genoux, gonflement subissant des phases de rémission et d’augment d’une périodicité nette; cela avec un minimum de réaction douloureuse ou inflammatoire et sans phénomènes généraux réels.

Le cycle d’augment, d’état stationnaire, de retrait du gonflement articulaire durait en moyenne, et avec une régularité curieuse, dix jours, le maximum correspondant eu général au 5 e jour. A ce moment l’hydarthrose était réellement considérable et la déformation articulaire telle que la première pensée était qu’il pouvait s’agir d’une arthrite tabétique.

La périodicité était de plus alternante pour les deux articulations, en ce sens qu’il se produisait un véritable balancement entre les deux épanche-

En dehors de ces phénomènes, la séméiologie locale et générale étant

réduite, on ne trouvait aucune autre manifestation viscérale qu une hypertrophie nette de la rate.

Nous avons pu pratiquer l’analyse chimique, et l’examen cytologique du liquide articulaire. Ce fut le premier fait à notre connaissance où cette double recherche ait été pratiquée.

Sauf une certaine proportion de fibrine, le liquide retiré avec un peu de difficulté de l’articulation du genou, en raison de son caractère filant et visqueux, était clair, de coloration jaune et présentait les caractères objectifs et aussi la composition normale de la synovie.

L’examen cytologique permit, de déceler l’existence de polynucléaires normaux; l’examen bactériologique, la culture, furent négatifs.

Les diverses recherches n’apportaient aucun élément à la solution pathogénique de ce syndrome articulaire. M. Ribierre avait exposé les théories multiples qui s’étaient fait jour; il s’arrêtait pour lui à l’idée d’une insuffisance thyroïdienne. Rien dans le fait que je rapporte ne permettait de se rattacher à cette hypothèse.

Observation d'emphysème sous-cutané, présternal, sus-claviculaire et thoracique supérieur, communiquée à mon interne H. Dekécheau, pour un Mémoire fait en collaboration avec M. Chartier sur l’emphysème généralisé chez les enfants. (Archives de médecine des enfants, 1901.)

11 s’agit d’une jeune fille, qui, au cours d’une rougeole régulière, sans complication pulmonaire autre que de la bronchite, sans traces apparentes de tuberculose, présenté au milieu d’un syndrome caractérisé par une légère élévation de température, par de la dyspnée, de la tachycardie et une certaine agitation, une augmentation du diamètre du cou, un gonflement de la région sus-claviculaire et sous-claviculaire droites avec crépitation neigeuse. Cet emphysème disparaît au bout de 10 jours, alors que dès le lendemain les symptômes généraux s’atténuent pour cesser très rapidement.

Sur un cas de phlegmon de l’orbite au cours de la scarlatine. (En collaboration avec

M. Dovois. (Bulletins et Mémoires de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, séance du 25 juillet 1909).

Le phlegmon de l’orbite est une complication rare de la scarlatine. 11 n’en est pas fait mention dans les traités classiques. On en trouve seulement quelques observations de valeur inégale, éparses dans la littérature médicale. Nous rapportons ces observations, qui témoignent de la pathogénie variable de cette complication et nous faisons une étude de cette complication.

Le streptocoque fut ici à l’origine du phlegmon, dont la guérison fut assurée par une simple incision.

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