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ETUDE DES BLESSURES PAR BALLES

Nous avons particulièrement étudié, depuis 1925, les questions de médecine légale ayant trait aux blessures par armes à feu. Ces études ont été faites à l’occasion d’expertises criminelles d’une part et, d’autre part, au point de vue expérimental, soit seul, soit en collaboration avec MM. Jude, le Général Journée, Simonin, Biancalani.

Nous avons d’abord précisé quelle était la constitution réelle des orifices d’entrée des balles dans la peau. En effet, il y a tout un ensemble qui est groupé sous le nom d’orifice d’entrée, et nous avons pu indiquer exactement que, grâce à l’élasticité de la peau, il se produisait d’abord une zone d’érosion de l’épiderme mettant le derme à nu, qui entourait l’orifice proprement dit de ce que nous avons appelé la collerette érosive. C’est dans cette collerette érosive que se déposent les crasses dues aux fumées et à l’essuyage de la balle, constituant la collerette d’essuyage, décrite par Ch.avigny. Si bien, que si l’on examine de la superficie vers la profondeur, l’orifice d’un projectile dans la peau, on voit d’abord une plaie circulaire suoerficielle qui est due à l’arrachement épidermique, une plaie plus interne qui est la perforation dermique et, entre les deux, un dépôt de crasse qui est l’essuyage.

Ces notions sont importantes à connaître, car elles permettent de distinguer d’une façon presque certaine l’orifice d’entrée d’un projectile, de l’orifice de sortie, chose parfois extrêmement difficile.

Avec le Général Journée nous avons pu également montrer qu’il ne pouvait pas s’agir d’une brûlure dans cette érosion que nous avons décrite, comme on l’avait parfois indiqué. En effet, la chaleur de la balle se perd rapidement ; elle est superficielle et ne gagne pas le noyau de la balle.

Dans une autre série d’expériences, il a été tiré sur une substance élastique d’une part et sur l’animal vivant d’autre part : lorsque le projectile est pointu, il détermine un petit orifice d’entrée, alors que lorsque le projectile est aplati sur sa face antérieure, l’orifice, pour un même calibre de balle, est beaucoup plus grand. Ceci est dû également à l’élasticité de la peau et présente, croyons-nous, une importance en médecine légale, puisqu’autrefois certains auteurs ont voulu tenir compte des dimensions des orifices pour faire un diagnostic de distance de tir.

Fig. 2 — Un des bords de la collerette érosive et de la collerette d’essuyage 'un orifice d’entrée (Browning). Remarquer (i). deux grains de poudre T bis ncrustés. (2) le dépôt des fumées sur la partie superficielle de l’épiderme. L’essuyage forme une masse noire dans les 2/3 interne de la collerette érosive.

Fig. 3 — Photographie de balles de plomb de 6’”"' et des orifices qu’elles produisent dans le caoutchouc et la peau du cobaye vivant (à gauche balles pointues, à droite balles plates, de face et de profil) Les orifices sont plus petits avec les balles pointues qu’avec les balles plates.

Remarquer la zône érosive (1).

Nous avons pu montrer aussi que la rotation de la balle, due à la rayure de l’arme, ne modifie pas la constitution de cet orifice, étant d’ailleurs extrêmement minime pendant la traversée de la peau, puisque, si l’on suppose que celle-ci a un demicentimètre, la balle pendant qu’elle la traverse n’a fait que 1x5= 1/110'» de tour.

Les orifices d’entrée des balles dans la peau peuvent encore varier s’il y a eu un ricochet, la balle basculant et l’axe se trouvant ainsi incliné sur la tangente à la trajectoire. La balle touche alors la peau par une large surface (face latérale) et provoque des blessures considérables, des désordres qui peuvent correspondre à ce qu’on est tenté d’appeler des lésions causées par une balle dum-dum. Or, une notion importante à connaître au point de vue des expertises militaires est que les balles à grande puissance (balle D ou S, par exemple), au-dessus de deux mille mètres ont tendance à faire normalement un angle avec la tangente à la trajectoire, et lorsque cet angle dépasse 2°, les conditions du choc ne sont plus les mêmes : elles touchent la cible par la face latérale et peuvent entraîner des arrachements considérables. On pourrait être ainsi tenté de croire que le coup de feu a été tiré de tout près pour produire de tels désordres, qu’il y a eu par exemple dans une main, mutilation volontaire, alors qu’en réalité il a pu s’agir d’une blessure à très grande distance, par tir indirect de mitrailleuse.

Il peut arriver dans certains cas que, si un objet résistant se trouve appliqué sur la peau, à l’endroit où va se produire l’orifice de sortie d’une balle, l’épiderme se trouve comprimé par la pression de la balle contre cet objet résistant. Il se produit alors une érosion, ou plus exactement, une contusion de l’épiderme qui peut ressembler par certains côtés à la collerette érosive de l’orifice d’entrée. Nous avons étudié expérimentalement la production de cette particularité des orifices de sortie avec M. Bian- CALANi, et avons pu nous rendre compte exactement de ces caractères par des tirs sur l’animal.

Mais l’orifice d’entrée comprend également d’autres zones ; c’est ainsi que lorsqu’un coup de feu est tiré de près, il y a une incrustation des grains de poudre dans la peau, c’est ce qu’il est classique d’appeler « les tatouages », les grains de poudre venant se ficher comme des fléchettes dans l’épiderme. Ces tatouages ont été étudiés au point de vue microscopique, histologique d’une part, et à l’examen microscopique binoculaire d’autre part. Nous avons pu nous rendre un compte exact de la façon dont ils se fichaient dans la peau, constituant de véritables petits projectiles. Ceci a son importance, car les réactifs chimiques permettant de distinguer la poudre noire de la poudre T Ms ou poudre sans fumée, habituellement employée dans les brownings sont souvent infidèles, alors qu’à l’examen microscopique, il est facile de distinguer ces poudres les unes d’avec les autres,

et de permettre ainsi au médecin expert de donner une indication précise sur la variété d’arme dont s’était servi l’agresseur, même si la balle s’est perdue et si l’arme n’est pas retrouvée.

M. Balthazahd a décrit le premier des empreintes quadrillées qui représentent d’une façon assez précise la trame d’un tissu et qui peuvent se produire sur les balles en plomb nu, qui, avant de pénétrer dans le corps, traversent les vêtements. Il a remarqué, fait capital au point de vue de l’experüse, que seule la première étoffe traversée laissait son empreinte sur la partie antérieure de la balle. Nous avons cherché à expliquer le mécanisme de production de ce phénomène curieux et avons d’abord étudié la manière dont les balles transportaient, dans le trajet qu’elles font dans les tissus, les fragments d’étoffe qu’elles avaient arrachés. Or, dans des expériences nombreuses, nous avons pu constater que plus l’extrémité antérieure de la balle est aplatie, plus elle a tendance à découper l’étoffe à l’emporte-pièce, à s’en coiffer, à remporter à distance, le morceau d’étoffe étant plaqué à la face antérieure par la pression et la résistance de l’air.

Nous avons pu approximativement déterminer quelle pouvait être la résistance à l’avancement d’un projecticle cylindrique, en kilogrammes par centimètres carrés ; pour un projectile dont la surface antérieure est circulaire et plate, de 6 millimètres, avançant à une vitesse de 100 mètres à la seconde, la pression serait environ d’une quarantaine de grammes ; or, nous avons pu, en tirant .à travers des étoffes, entraîner sur la partie antérieure d’une telle balle des fragments d’étoffe jusqu’à près de deux mètres.

Si, complétant ces expériences, on tire avec un projectile aplati à travers trois étoffes accolées les unes aux autres, et que l’on reçoive la balle dans une cible molle, qui ne la déforme pas (paraffine), on constate que trois confetti d’étoffe sont restés posés sur la face antérieure de la balle. La première étoffe traversée étant seule en contact avec le plomb, c’est ce qui donne l’explication du phénomène observé par M. Balthazahd ; la balle ainsi chargée reçoit une forte pression. Cette pression, exercée par exemple par le muscle sur la dernière étoffe, se transmet à la seconde qui la transmet à la première. Celle-ci, la première traversée, entre dans le plomb malléable qui se moule sur les fibres et on observe l’impression des fibres sur le plomb.

Ces expériences ont été répétées de nombreuses fois ; elles donnent des résultats analogues avec des balles de plomb plates, rondes, ou cylindro-ogivales. Plus la balle est pointue, moins elle a tendance à découper l’étoffe, et plus les morceaux entraînés sont petits.

Avec le Général Journée, nous avons voulu voir comment les projectiles pointus à grande puissance (balles de guerre D et S) pouvaient transporter des débris de vêtements ; nous avons constaté que ces balles, traversant une étoffe, n’en entraînent que des particules infimes lorsqu’elles pénètrent de plein fouet, l’ogive en

Fig. 4 — Microphotographie d’une coupe de peau avec incrustation d’un grain de poudre T bis (Browning). Le grain de poudre se présente sous l’aspect d’une masse rectangulaire translucide (au centre de la préparation).

Fig. 5 — Aspect histologique d’un tatouage par poudre noire (revolver à poudre

Fig. 6 — Schéma destiné à montrer la position respective de 3 morceaux d’étoffe entrainés par une balle, et plaqués sur sa face antérieure plate.

E, étoffes superposées (1, 2, 3) ; B, balle.

La grande flèche indique le sens de translation ; les petites flèches la résistance de l’air.

avant ; mais lorsqu’il y a eu un ricochet préalable ou lorsque la balle atteint la cible à une grande distance, après avoir fait un angle de 2“ avec la tangente à la trajectoire (voir ci-dessus), elle atteint l’étoffe par la face latérale et découpe des fragments d’étoffe qu’elle entraîne dans le corps dans des conditions identiques à celles des balles à face antérieure aplatie.

Nous avons pu nous rendre compte également de la compression nécessaire pour que l’empreinte de l’étoffe puisse se produire dans les balles de plomb nu. Il faut que la pression soit.au minimum de 2 k. 05 par millimètre carré pour que l’étoffe commence à s’imprimer sur la face antérieure de la balle. Il est possible d’ailleurs qu’il y ait des variations avec les étoffes plus ou moins épaisses, mais elles doivent être très peu marquées. Ces efcpériences, faites au laboratoire d’artillerie navale, ont montré également que si sur cette première étoffe on en applique d’autres, et qu’on mette la presse en action, seule la première étoffe s’imprime sur le plomb.

Enfin, nous avons également voulu voir dans quelles conditions les balles à grande puissance pouvaient entraîner les crasses dont elles s’étaient chargées dans le canon de l’arme et avons pu constater que toutes les balles transportent très aisément ce qui se trouve placé sur leur face antérieure. C’est ainsi qu’en mettant des traces d’éosine sur des balles à grande .puissance, cette éosine était transportée dans une cible en mastic où nous la retrouvions. On aurait pu penser que la force centrifuge due à la rotation de la balle aurait eu pour effet de projeter latéralement toute l’éosine placée sur la face antérieure de la balle. En effet, les balles que nous avons tirées faisaient de 690 à 2.330 tours par seconde, mais il est vrai aussi qu’elles avaient une vitesse, à la distance de 13 mètres, de V 13 = 380 mètres à 700 mètres à la seconde.

Dans ces conditions, la pression sur la face antérieure de la balle était suffisante pour empêcher la projection à l’extérieur des grains de poudre d’éosine déposés.

Nous signalerons à titre de curiosité qu’il en est de même sur les balles à faible vitesse initiale, et que nous avons pu placer sur leur face antérieure de petites ampoules de verre, pleines d’un liquide coloré ; elles ont été transportées sans se briser, ont pénétré dans le corps de cobayes, où elles se sont rompues. Nous avons ainsi réussi à faire des injections à distance. Notre intention était de refaire ces expériences avec des armes à grande puissance ; elles sont en cours.

Enfin, M. Simonin et moi avons été frappés par un détail que nous avons appelé le « tatouage en cercle » et qui est dû à ce que les grains de poudre noire produisent sur les étoffes blanches de petits cercles noirs absolument spéciaux, et laissent ainsi leur signature qui permet même, lorsqu’on ne retrouve plus de grains

de poudre, d’indiquer que le coup de feu a été tiré avec un revolver a poudre noire, lorsque ces grains de poudre ont frappé des vêtements blancs.

Nous avons aussi, dans une série d’expériences faites au laboratoire de Médecine légale et à la Société des Munitions, étudié d une façon précise la pénétration des plombs de chasse et des chevrotines dans le corps humain, avec des cartouches dont nous connaissions exactement la puissance et la vitesse initiale. Nous sommes arrivés à ces conclusions, d’ailleurs purement documentaires, et sans qu’on puisse en déduire une indication de quelque valeur au point de vue médico-légal, que la pénétration des plombs dans le corps humain est de trois à sept fois plus grande que dans le bois de sapin ou de peuplier, et nous nous sommes rendus compte que les blessures faites par les plombs de chasse meme avec une vitesse' relativement faible, c’est-à-dire à une grande distance, peuvent produire des lésions très graves Enfin par des tirs comparatifs sur le cadavre, on peut dans une expertise avoir une idée relativement exacte de la distance à laquelle un coup de fusil de chasse a été tiré.

Frappé avec M. Jude, du fait que la mort était très souvent subite, instantanée, dans les blessures du crâne par coup de feu lorsque la balle de revolve’- avait pénétré, nous nous sommes demandés pour quelles raisons cette mort était brusque, alors qu’on ne trouve pas toujours des lésions nerveuses très graves, tandis que dans certains cas d’hémorragie cérébrale extrêmement marquéej où des zones entières de tissu cérébral sont détruites la mort est lente et quelquefois la survie possible. ’

Nous avons pensé que la vitesse de la balle et par suite la pression qu’elle exerce en pénétrant dans la boîte crânienne, cavité close et exactement remplie, est considérable dans les coups a bout touchant. Ne fallait-il pas voir là la cause de la mort brusque, par compression du cerveau ou choc dans le trou occipital de la région bulbo-protubérantielle ?

En réalité, à la suite d’une série d’expériences sur le chien anesthésié, et qui consistaient à prendre la pression du liquide céphalo-rachidien avec le manomètre de M. H. Claude, lorsqu’on tirait un coup de revolver dans le crâne, nous avons constaté qu en quelques secondes la pression montait jusqu’au maximum du manomètre et qu’en quelques secondes il apparaissait du sang au robinet du manomètre placé en bas de la colonne vertébrale. C’est donc vraisemblablement du fait de la vitesse et de la force de la balle qu’il y a presque à coup sûr, chez le chien du moins, une hémorragie rapide et violente. Ceci suffit pour modifier la pression dans des conditions telles qu’il y a une compression énorme des éléments nerveux, avec inhibition instantanée.

Si au contraire, la balle occasionne un gros délabrement osseux, comme nous avons pu le constater chez certains animaux, la pression, par cela même que la paroi osseuse ouverte.

Fig. 7 ^ Empreintes de deux grains de poudre noire, qui au cours d’un coup de feu tiré de près, ont frappé une étoffe blanche dont on voit la trame. Tatouage en cercle restant après la chute du grain de poudre.

Fig. 8 — Suicide par coup de feu dans la tempe. Mort deux heures après. Afflux de polynucléaires, au voisinage de l’orifice d’entrée.

n’est plus si forte, les gaz sortent et le sang peut couler abondamment à l’extérieur : la tension ne s’élève pas dans les mêmes conditions. Peut-être faut-il voir dans ces faits l’explication de la mort subite, alors que parfois à l’autopsie, on ne trouve pas de lésions susceptibles d’expliquer une telle rapidité d’évolution.

En dernier lieu, l’examen histologique des orifices d’entrée permet-il de résoudre un problème d’ordre médico-légal important ; peut-on indiquer s’il y a eu survie après le coup de feu, et qu’elle en a été la durée ?

La question s’est trouvée posée aux Assises de la Seine, et M. Balthaz.\rd nous a donné l’idée de ces recherches ; la présence des leucocytes peut-elle indiquer plus ou moins approximativement une survie après un coup de feu ?

Nous avons indiqué antérieurement, à propos du diagnostic histologique de l’âge des ecchymoses traumatiques, dans quelles conditions pouvaient apparaître, autour du sang épanché, les pigmentophages. Or, l’arrivée de ces leucocytes dans des plaies faites sur la cuisse de cobayes est extrêmement rapide. Au bout d’un quart d’heure, on voit déjà quelques polynucléaires apparaître. Nous avons fait des expériences analogues en tirant sur la cuisse de cobayes vivants et en étudiant au point de vue histologique l’apparition de ces éléments blancs. Au bout de 10 minutes, on voit déjà apparaître quelques globules. En prenant pour type la coupe provenant de l’animal tué un quart d’heure après la blessure, on constate qu’il existe déjà un afflux de polynucléaires suffisant pour qu’on puisse voir des groupements, particulièrement dans le tissu sous-cutané, entre les fibres musculaires où quelques globules rouges s’étaient extravasés. Par contre, il n’en existe pas au voisinage de l’orifice et du trajet de la balle : ce sont là des tissus morts et les leucocytes doivent être recherchés assez loin de la blessure. Au contraire, dans les coupes provenant d'animaux sacrifiés deux heures après la blessure, les leucocytes se rapprochent du trajet de la balle ; dans une coupe de 16 heures la paroi du trajet est tapissée de globules qui forment une barrière. Très rapidement donc, dans les orifices d’entrée des bailes dans la peau, affluent les leucocytes ; ils sortent des vaisseaux avec une intensité remarquable pour se diriger vers la région blessée ; au début, on en trouve quelquesuns dans le voisinage du trajet où les tissus sont mortifiés, plus tard, ils sont plus nombreux, plus tard encore, ils constituent une barrière sur la plaie : c’est le début de la cicatrisation. On pourra, d’après ces différents aspects, se faire une idée du temps qui s’est écoulé depuis la blessure, en se souvenant que l’apparition des premiers éléments blancs ne demande que quelques minutes de survie et qu’en une heure ou deux, il peut y en avoir des quantités considérables.

Cette leucocytose traumatique d’ailleurs n’est pas assez rapide pour permettre d’indiquer, même si les coups de feu étaient

éloignés de plusieurs minutes, l’ordre de succession des blessures, ni même si un des coups de feu a été tiré après la mort de la victime.

La figure histologique qui est représentée a trait à un suicide par coup de feu dans la tempe, avec mort deux heures après ; on voit l’afflux des polynucléaires au voisinage de l’orifice d’entrée.

De cette longue série d’expériences qui ont duré plusieurs années, il n’est pas douteux qu’il découle un intérêt pratique au point de vue médico-légal ; en effet, nous croyons avoir pu préciser la constitution exacte de l’orifice d’entrée, avoir éliminé des causes d’erreur dans l’appréciation de la distance du tir, avoir précisé dans quelles conditions des empreintes pouvaient se produire sur les projectiles et dans quelles parties des trajets des balles on avait chance de trouver des déhris d’étoffe.

Nous croyons également que l’examen des tatouages au point de vue histologique et microscopique permet des diagnostics sûrs, même lorsqu’on ne trouve plus le grain de poudre mais seulement sa trace. Nous estimons que dans des cas délicats d’expertise, où il s’agit de savoir si à la suite d’un coup de feu dans le crâne certains gestes ont encore été possibles à la victime, il est important de savoir que l’inhibition et la mort sont généralement subites, du fait de l’hyper-pression intra-crânienne considérable, qui se produit dans ces blessures.

Enfin, l’étude des leucocytes et de la réaction leucocytaire près des orifices d’entrée apporte un élément important dans le diagnostic de la survie possible après un coup de feu. Cette recherche peut être utile au point de vue de la pratique médicolégale et apporter un élément à l’instruction d’une affaire criminelle.

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