ENCÉPHALITE ÉPIDÉMIQUE A TYPE DE CHORÉE AIGUE FÉBRILE
Nous insistions dans cette observation sur la fréquence des mouvements choréiques au début de l’encéphalite épidémique. En effet, à côté de formes cliniques, léthargiques et ophtalmoplégiques, myoclonique, myotonique, paraplégique, etc., l’encéphalite épidémique peut revêtir la forme de la chorée aiguë fébrile ; des cas analogues en effet ont été rapportés par d’autres auteurs. Mais le point intéressant est de savoir si parmi les cas de chorées graves survenant en dehors de toute épidémie d’encéphalite, un certain nombre ne relèvent pas d’infection identique ou analogue. Mais lorsqu’il n’y a ni léthargie, ni ophtalmoplégie, le diagnostic devient très difficile avec la chorée de Sydenham rhumatismale ; nous insistions également sur le début aigu fébrile, sur la réaction lymphocytaire possible dans le L. C. R. et sur la présence de glycorrachie. L’examen du sang dans notre cas avait montré une polynucléose, alors que dans la chorée vraie existe généralement une mononucléose légère.
SYNDROME AIGU D’HYPERTENSION ARTÉRIELLE AU COURS D’UNE FIÈVRE TYPHOÏDE (53)
La possibilité de poussées d’hypertension artérielle au cours de la fièvre typhoïde a été mise en lumière en 1920 par P. TeissiER, qui a insisté le premier sur les rapports qui existent entre elles et les hémorragies intestinales. Nous avons eu l’occasion d’observer avec M. A. Lemierre, dans son service de l’hôpital Andral, un malade atteint d’une fièvre typhoïde grave, avec séro-diagnostic positif à 1/50® par bacille d’Eberth, qui a présenté au troisième septennaire une émission d’urine abondante, une grosse élévation de la tension artérielle avec disparition du dicrotisme, alors qu’il n’y avait pas eu d’hypertension auparavant, et une hémorragie intestinale la nuit suivante ; la tension artérielle s’est abaissée, les urines ont diminué, il n’y a plus d’épistaxis, ni d’hémorragie intestinale, mais l’état général s’est aggravé et le malade a succombé 12 jours après ces phénomènes anormaux.
Deux symptômes, comme nous le faisions remarquer, ont caractérisé la crise d’hypertension artérielle : ce sont la polyurie et les épistaxis. Ces deux phénomènes nous ont paru être sous la dépendance de la poussée hypertensive. Joints aux phénomènes antérieurement connus, ils constituent un syndrôme permettant d’affirmer, même sans le secours du sphygmomanomètre, l’existence d’une crise d’hypertension artérielle, avec toutes les conséquences redoutables qu’elle comporte au cours d’une fièvre typhoïde.
SÉROTHÉRAPIE ANTIGANGRÉNEUSE ET TEINTURE D’AIL DANS UN CAS DE GANGRÈNE PULMONAIRE GUÉRISON (54)
L’observation rapportée était celle d’une gangrène pulmonaire typique à évolution subaiguë. Le traitement commencé après le début consista en des injections sous-cutanées de sérum antigangrèneux, chaque jour pendant six jours. A ce moment survint une violente réaction sérique ; mais l’odeur putride de l’haleine avait complètement disparu. La maladie prit alors une allure traînante, caractérisée par des périodes apyrétiques avec poussées thermiques pendant trois à quatre jours. La fin de chacune de ces poussées était marquée par une sorte de vomique purulente. Il n’y eut de réapparition fétide dans l’haleine qu’à deux reprises. Mais des signes cavitaires nets existaient à la partie moyenne et à la base du poumon droit. C’est alors que fut prescrite la teinture d’ail ; la guérison survint alors sans encombre.
Nous n’avions pratiqué d’examen bactériologique de l’expectoration que quand la fétidité de l’haieine avait déjà disparu ; il n’y a pas eu de dislocation de la gélose de Veillon, et l’examen direct des crachats ne nous a pas montré de spirilles. Ces examens seraient intéressants à faire, car si la symbiose fuso-spirillaire devait faire incliner vers l’arséno-benzol, le développement dans les cultures de germes anaérobies disloquant la gélose de Veillon serait en faveur de la sérothérapie antigangrèneuse.
INFECTION MÉNINGOGOGCIQUE A FORME DE FIÈVRE INTERMITTANTE EXTRÊMEMENT PROLONGÉE MÉNINGITE TERMINALE MORTELLE (55)
Cette infection, après avoir été pendant près de 11 mois purement septicémique et s’être traduite uniquement par des accès fébriles intermittents assez espacés les uns des autres, a abouti à une méningite cérébro-spinale à méningocoque B rapidement mortelle.
Lors du premier séjour à l’hôpital, toutes les recherches faites pour isoler ce microbe sont restées sans résultat : hémoculture pendant les accès, recherche du pouvoir agglutinant du sérum vis-à-vis des diverses espèces de méningocoques. La ponction lombaire avait donné un liquide céphalo-rachidien normal et stérile,