SUBMERSION INTRA-UTÉRINE
La possibilité de mouvements respiratoires prématurés du fœtus dans la cavité utérine est admise. Ils se produisent lorsque le fœtus souffre d’une asphyxie lente, à la suite d’insuffisance prolongée de la circulation placentaire et ombilicale. Ces mouvements respiratoires prématurés ont pour effet de faire pénétrer dans les voies aériennes du liquide amniotique pur ou souillé de méconium. Pour caractériser la présence de ces corps étrangers, un examen histologique est nécessaire. Ayant pratiqué, sous la direction du Professeur Balthaz.ard, une série de coupes de poumons suivant une technique spéciale, nous avons fait avec lui d’intéressantes constatations.
Par la méthode de Gr.am, on peut caractériser ainsi, outre les cellules épidermiques plates colorées en violet noir, les cristaux de cholestérine du méconium qui prennent une teinte bleue outremer pâle. Sur d’autres coupes, nous employons le bleu de toluidine phéniqué, qui met en évidence les poils du liquide amniotique, la mucine et les granulations pigmentaires du méconium. Celles-ci prennent la coloration vert-pré de la biliverdine ; la mucine, filamenteuse, se colore en rouge ; les poils sont coupés transversalement et de teinte bleu verdâtre pâle.
Cette technique nous a permis, après avoir fait de nombreuses coupes, d’établir qu’à un degré variable le liquide amniotique pénètre dans les voies respiratoires au moment des premières inspirations. La présence de nombreux éléments du liquide amniotique et surtout celle de débris de méconium dans les poumons d’un enfant mort-né ou d’un nouveau-né n’ayant respiré que d’une façon incomplète permet d’attribuer la mort à une asphyxie intra-utérine, accompagnée de submersion. De pareilles conclusions ne peuvent plus être formulées quand ces débris ne sont trouvés qu’en quantité minime, et seulement dans certains territoires pulmonaires. Il s’agit alors d’une constatation banale.
Ces notions, reprises dans la thèse d’HuMBERx, sont importantes en médecine légale, mais aussi dans la pratique des accouchements, puisque de ce fait, il y a intérêt à en accélérer la marche quand le fœtus souffre.