‹ Titres et travaux scientifiques, supplément 1911Chapitre 3 sur 19 · BOUCHE, PHARYNX · texte numérisé non relu

BOUCHE, PHARYNX

Les Embryomes (« dysembryoplasmomes »).

Embryome de la lèvre supérieure.

{Bull. Soc. anatomique. 1908, p. 452.)

Adénome salivaire, avec formatiens kystiques.

[Tumeur mixte (branchiome) de la lèvre supérieure.j (Bull. Soc. anatomique, 9 octobre 1908.)

Cet embryome est composé de masses ou « bourgeons conjonctivo-épithéhaux » qui ont végété à l’intérieur de cavités kystiques irrégulières. Ces kystes sont tapissés par des épithéliums polymorphes, ici malpighiens, là cylindriques, ailleurs cuboïdes.

La gangue interstitielle londamentale de la tumeur est représentée [par des bourgeons de tissu conjonctif complexe, librillaire, lamelliforme et même muqueux, où sont parsemés, de place en place, des îlots de cellules cartilagineuses.

Kyste séreux congéuital (embryome) de la lèvre : Conjonctivome pur.

(Bull. Soc. anatomique, 25 octobre 1908.)

Contribution à i’étude des branchiomes (tumeurs mixtes) de la lèvre Le « conjonctivome » pur.

(Presse Médicale, 21 novembre 1908, avec 4 figures, p. 755, n" 94.)

En publiant, il y a 26 ans, la première observation microscopique complète de tumeur mixte congénitale de la lèvre supérieure, Reverdin et Mayor (de Genève) ouvraient un chapitre nouveau à la pathologie générale. Ce filon, aussi riche en faits qu’utile à la pathogénie des tumeurs en général, a été, depuis, exploité de la façon la plus large et, souvent, la plus heureuse. De Larabie, Nasse, R. Volkmann, Collet, Landsteiner, Bouisset, Wood, Veau, Lecène, Lenormand, Rubens-Duval et Cottard apportent, tour à tour, à l’aide de leurs observations nouvelles, les preuves décisives

Assurément, il parait impossible d’aBirmer qu’au début de cette malformation, quelque colonie de» épithéliums de 1 embryon n a pas figuré dans l’intimite de l’enclavement défectueux dont nous saisissons, aujourd'hui, les suites- On peut supposer que l’inclusion originelle a été, d’abord, « mixte », à la fois épithéliale et

connective, et que, le temps aidant, la portion ectodefmiquc de la malformation s’est atrophiée, s’est résorbée au centre de la tumeur, en contribuant peut-être à sa dégénérescence kystique.

Quoiqu’il en soit, aucune trace d’« enclavement épithélial », en particulier de kysle muqueux congénital, n’étant visible sur nos coupes, la tumeur, par ce simple fait, représente un « conjonctivome » embryonnaire pur, sans mélange d’aucune autre

envahies, réduites, effritées, jusqu’à disparaître, par une sorte de fonte moléculaire (jamais hémorragipare) des tissus. L’aspect de « bois vermoulu » de la plaie est, souvent, si caractéristique qu’on l’a pu considérer, à juste titre, comme pathognomonique. Aucune infection, autre, de la muqueuse pharyngée ne réalise jamais, sur le vivant, une pareille physionomie. Les « cavernes tuberculeuses de l’amygdale », dans ces cas, ne sont pas non plus très exceptionnelles ; j’en ai pu observer deux exemples bien caractérisés (fig. 24).

Le reste de la muqueuse buccale, en particulier la langue, offre au bacille une résistance autrement énergique.

Le microscope donne dans la « phtisie aiguë du pharynx » l’explication la plus satisfaisante du processus destructif. Les colonies de bacilles de Koch y débutent dans un premier îlot de tissu réticule; de là, elles se disséminent dans l’étendue de la sous-muqueuse, sans la décoller : elles y trouvent un admirable terrain, qui ne leur offrira plus aucun obstacle. La nécrose moléculaire des tissus fera le reste.

L’infiltration des bacilles s’effectue de la façon la plus diffuse, par d’énormes fusées, étalées, exemptes, le plus souvent, de formations nodulaires et de cellules géantes. La proportion des bacilles de Koeb y est excessive, au point que la masse des microbes, soit à l’état libre, soit phagocytés partes leucocytes, l’emporte, de beaucoup, sur le nombre dos éléments cellulaires de la région, et sur les globules blancs plus ou moins altérés qui leur font cortège.

Ces ulcérations suraiguës tuberculeuses sont, de tous points, comparables aux ulcérations diffuses, disséquantes, dues au streptocoque pyogène dans l’angine aiguë pblegmoneuse. La différence, caractéristique en l’espèce, consiste, ici, dans la destruction moléculaire, toxigène, des éléments et des tissus par les bacilles de Koch, et dans l’absence de toute infiltration suppurative : la pyogénie, fondamentale et nécessaire dans « la streptococcie pharyngée », fait totalement défaut dans la bacillose aiguë du pharynx, quelle qu’en soit la manifestation apparente. Les perforations tuberculeuses du voile ne sont que dès « gommes bacillaires » évacuées de part et d’autre.

LA SPOROTRICHOSE DES HUQUEUSES

Sporotrichose de la peau, de la muqueuse bucco-pbaryngée, du larynx et de la trachée.

(En collaboration avec R. Debbé, Bull. Soc. méd. des hôpitaux de Paris, 28 février 1908, p. 579, avec 12 figures.)

Sporotrichose de la muqueuse hucco-pharyngée (diagnostic clinique et anatomo-pathologique).

{Presse Médicale, 18 mars 1908, p. 182, avec 6 figures.)

venu, un ensemble de signes poue ainsi dire palhiigniiiuimn culose, ni la syphilis ne produisent, à la surface de la muq pharynx, de désordres comparahles. Le bacille de Koch s’elTondrent avec une rapidité parfois foudroyante : la luette sent en moignons informes; le bord libre, ogival, du voile s’

iques : jamais, ni la tuberqueuse de la bouche et du h corrode les parties, qui

La syphilis, de son côté, opère en dégradant d’une façon bien autrement brutale cl désordonnée || la muqueuse -des premières voies : scs accidents ^ secondaires, plaques muqueuses et outres, ne parviennent ni à un aussi formidable bourgeonnement dilVus, pulpeux, sans exsudais membraniformes, ni à des pertes de substance aussi superficielles. * Quand le spirochète pâle a entrepris de détruire, il mutile profondément : il laboure la muqueuse en tous sens, de part en part, en perforant les couches sous-jacentes, sans que rien, pas même le ; squelette osseux de la région, le puisse arrêter.

En même temps, d’ailleurs, ses nodules sclérogommeux ont sclérosé, déformé, sténosé même p,,, les voies où ils ont accumulé, par ilôts le plus souvent isoles, les résultats, toujours cicatriciels ^ et atrophiques, de leurs méfaits. La syphilis rcs- i pecte toujours des zones importantes de la muqueuse bucco-pharyngée : elle tend à demeurer îik « insulaire ». La sporotrichosc s’efforce à diffuser en surface, jiar cultures étalées.

La recherche du champignon pathogène donne, ei:

Les couches de la muqueuse atteinte deviennent le siège d’une poussée liyperdiapédélique intense, avec hyperémie marquée, mais sans hémorragies interstitielles, sans dépéts pigmentaires sidérosiques. L accumulation des globules blancs (parmi lesquels les mononucléaires prédominent nettement) ne va jamais jusqu’à la fonte pyogénique ; la suppuration fait défaut dans ces muqueuses mycosiques.

Ce détail a de l’intérêt quand on sait combien les abcès sporotnchosiques sont fréquents dans la peau et les couches profondes de tissu cellulo-adipeux. . .

Enfin, le caractôrc dominant des lésions sporotrichosiques des muqueuses est la formation de « cellules géantes mycosiques », en nombre vraiment extraordinaire. Toutes les couches atteintes sont parsemées de cellules à noyaux multiples offrant les formes et les dimensions les plus variées : ces éléononls se retrouvent même h la surface de la plaie, au milieu de la mince couche de muco-pus qui la liaigne : elles pourraient être enlevées par le grattage et retrouvées, sur le vivant, lors d’un examen microscopique extemporané.

Ces cellules géantes sont, toutes, gorgées de sporotricha, dont les formes et les dimensions varient, depuis la spore jusqu’aux formes « en navette » et « en massue » précitées. En môme temps, les espaces interstitiels sont remplis de macrophages ayant, eux aussi, englobé des éléments mycosiques.

Ce sont, manifcstcincnl. les formes dites « de défense » qui prédominent dans tous les tissus de la muqueuse atteinte.

Enfin, un dernier détail d histopathologu'. (pii a, dans l’espèce, une valeur de premier ordre, est le suivant : Vabsence de caséificalion esl constante dans tonte l'étendue des parties de la muqueuse infiltrée de Sporotrieliose. Inversement, rinnainmation, môme thrombosique, des veinules et des lymphatiques de la région et des zones sousjacentes, (couches musculaires, tissus celliilo-adipcux rétro-pharyngien) n’est pas exceptionnelle. Les phlébites et lymphangites sporolricliosiques sous-muqueuscs fournissent une preuve grossière de rinfection générale de l’organisme au cours de cette mycose.

L’absence de caséification rend singulièrement facile le diagnostic histologique ditîércntiel entre la tuberculose et la sporotrichosc.

L absence de toute reaction sclereuse ou schu'o-gommeuse permet d’éliminer, presque à coup sûr, la syphilis. Enfin, l’énorme proportion de cellules géantes, môme au cas où le champignon pathogène aurait résisté aux techniques colorantes, caractérise d’une manière suffisante la mycose cl la différencie de toutes les infections chroniques coutumières à l’espèce humaine.

Le seul point important, auquel il faut toujours songer, en dernière analyse, est la coïncidence possible, smon frequente, de la sporotrichose d une muqueuse avec la syphilis ou la tuberculose.

Apoplexie de la langue (glossite diffuse hémorragique).

(Soc. anal., 8 octobre 1900.)

Les cas exceptionnels d’apoplexie diffuse des couches musculeuses de la langue s'accompagnent, comme dans l’observation présente, d’une hyperdiapédôse leucocytaire très accentuée : preuve indiscutable de la nature inflammatoire des désordres hémorragiques qui ont infiltre de sang la totalité des tissus constitutifs de l’organe.

L’apoplexie linguale est, en somme, une glossite infectieuse diffuse, d’origine probablement muqueuse, et compliquée de suffusions sanguines « disproportionnées ».

dans les

Angiome de la langue.

(En collaboration avec Dbsfosses.)

(Soc. anatomique, 17 mars 1911.)

'fumeur bénigne, développée dans la partie profonde du cborion et couches musculeuses superficielles sou.s-jacentes.

Page 1