Titres et travaux scientifiques. Supplément 1929
Directeur du Centre anticancéreux de la Banlieue parisienne. Président de la Société Anatomique de Paris.
Secrétaire général de l’Association française pour l’Étude du cancer. Membre et ancien président de la Société de Neurologie.
Membre de la Société de Biologie.
Président de la Société de Pathologie comparée.
Membre de la Société de Chimie biologique.
Membre étranger de l’American Medical Association.
Membre associé de l’Association for the Study of Internai Sécrétions. Membre associé de l’American Neurological Association.
Membre correspondant de l’Académie Royale de Turin.
Membre correspondant de l’Académie de Florence.
Membre correspondant de la Société médicale de Genève.
Membre correspondant de l’Association argentine pour Tétude du ci Membre correspondant de la Société de Médecine de Danemark. Membre honoraire de la Société de Neurologie de Philadelphie. Membre correspondant de l’Académie romaine de Médecine.
AVAxNT-PROPOS
Les travaux que je vais résumer ici font suite à ceux que j’ai exposés dans mes Titres et Travaux scientifiques de 1924. Ils procèdent des mêmes méthodes et sont inspirés des mêmes doctrines.
En prenant possession de la chaire d’Anatomie pathologique, en 1925, j’ai développé les idées générales qui allaient être à la base de mon Enseignement et de mes Recherches. Je rappellerai ici la partie de ma leçon inaugurale qui traite de :
La place qui doit être réservée à V Anatomie - 'pathologique dans la Médecine moderne, et ses perspectives d'avenir.
« Sans doute, — disais-je — depuis Claudé Bernard, la physiologie occupe le premier rang parmi les sciences biologiques; sans doute, depuis les mémorables découvertes de Pasteur, le problème étiologique et pathogénique, laissé dans l’ombre par l’Ecole organicienne, a été éclairé: d’un jour nouveau. L’avènement de la bactériologie, de la sérologie, de l’étude des colloïdes a conduit au concept de 1’ « humorisme moderne », et chaque jour l’étude physico-chimique des humeurs nous apparaît plus importante dans ses conséquences et
« Mais les perfectionnements apportés par les méthodes nouvelles d’observation, les colorations vitales, les' cultures de tissus, permettent d’étûdier, non plus la celMe morte, mais bien la cellule .vivante, et de mieux analyser les causes qui en troublent le rythme normal. Avec le concours de la chimie et de la physique biologiques, l’ancienne histologie statique a fait place à l’histo-physi'ologie normale ou pathologique, qui forme un des chaînons de la biologie.
« Ainsi rénovée, l’Anatomie pathologique reste une des discipunes fondamentales de la Médecine. : ■
« En dépit de ce que prétendent certains, elle nous permet encore d’acquérir des notions nouvelles et d’enrichir le cadre de la nosographie en les appuyant sur les bases Solides du substratum anatomique; Il me sera facile de le démontrer à l’appui ■ de quelques exemples.
et la pathogénie de certains processus morbides nous ont été révélés par ce q-u’oh peut appeler l’iüstogenèse expérimentale.
« Par cette méthode, toute l'édification du follicule tuberculeux a été précisée, et l’on a pu en suivre lés diverses étapes, depuis le moment où l’organisme subit l’attaque du bacille de Koch, jusqu’à célui où, vaincu par les poisons tuberculeux, le tissu succombe à la lutte, se caséifie et meurt.
« Dans l’étude du cancer, l’observation morphologique et expérimentale a posé déjà de nombreux jalons sur la route qui conduira sans doute un jour à la solution de l’angoissant problème.
« Au moyen du cancer expérimental, on a pu saisir le mécanisme de la formation du premier nodule tumoral et de son mode de développement dont les diverses étapes ont été suivies au microscope jour par jour, et presque heure par heure; et l’on peut en même temps apprécier les réactions que l’organisme met en jeu à l’égard du tissu néoplasique envahissant.
« De ces données la chirurgie et la médecine ont tiré d’utiles déductions pratiques. La chirurgie des cancers ne doit-elle pas une partie de ses progrès à la notion de l’ensemencement tissulaire qm commande l’asepsie, cellulaire opératoire? — Et
giques de l’action des rayonnements sur les tissus normaux et pathologiques? Ce sont des observations d’ordre histologique qui' ont conduit Bergonié et Tribondeau à établir cette loi de « corrélation entre la fragilité rœntgénienne des cellules et leur activité reproductrice », loi qui régit en grande partie la radiothérapie des
ments des cancers, on peut voir se dérouler sous le microscope les divers stades de l’action destructive des rayonnements sur la cellule méoplasique, en même temps que s’édifient les phénomènes réactionnels qui concourent aux processus de la guérison. Ainsi la succession des images morphologiques, que l’on peut multiplier à volonté, donne l’impression du phénomène morbide en mouvement.
« L’Anatomie pathologique, par son association avec la Médecine expérimentale et la Clinique, n’est plus seulement une science qmlitoMve et statiqm' elle est devenue
« L’orientation nouvelle de l’Anatomie pathologique s’affirme encore grâce à l’interpénétration de plus en plus intime de la chimie, de la physique et de la biologie. A la lumière de ces sciences, l’ancienne histologie morphologique se trouve en quelque sorte rénovée au profit d’une véritable'histo-physiologie qui nous apparaît non seulement pleine de promesses, mais déjà féconde en résultats.
oérèux se prête plus que tout autre à de telles investigations. Et au moyen de la, culture in vitro de ces tissus, on peut analyser les différents facteurs dont l’action s’exerce sur la forme de la cellule en même temps que sur ses fonctions.
« Il y a lon^emps que l’analogie entre les phénomènes qui président aux développements de l’œuf et de la cellule cancéreuse avait frappé les morphologistes, les images fournies au cours du cycle de ces deux phénomènes étant très sensiblement les mêmes,
«Or, les biologistes abordent aujourd’hui le problème par une autre de ses lacés. Jacques Loeb a émis le premier l’idée que les recherches sur l’activation de l’œuf pourraient fournir des suggestions intéressantes pour l’étude de la cancérisation cellulaire. Et voici que les expériences de parthénogenèse artificielle chez les ceufs d’oursin nous amènent à considérer le déterminisme de la fécondation comme étant d’ordre physico-chimique. Peut-être le mécanisme de la rupture de l’équi-
, « Ce ne sont là, pour le mônient, que d’ingénieuses hypothèses, mais « il faut bien se garder de proscrire l’usage des hypothèses et des idées quand il s’agit d’instituer l’expérience ou d’imaginer des moyens d’observation, nous dit Claude Ber-' nard. C’est l’idée qui est le principe de tout raisonnement et de toute invention, c’èst à elle que revient toute espèce d’initiative ».
« Et voici qu’à l’heure actuelle, l’histologiste ne limite plus son champ d’observation à la cellule considérée comme unité biologique. Ne sait-on pas, en effet,, que
les autres parties du milieu intérieur solide ou liquide, au sein desquelles se déroulent
ff Au moyen de l’expérimentation combinée avec les investigations morpholo- : giques et chimiques, on commence à entrevoir, avec Nageotte, la valeur des interactions qui s’exercent entre la trame conjonctive et les éléments nobles qui l’habitent. Et, il est permis de penser que l’étude des ferments élaborés par les cellules à l’état normal ou à. l’état de maladie, ainsi que celle de leur action sur le milieu interoellulaire solide apportera un jour quelques lumières sur le mécanisme complexe de certains processus, généraux, comme celui des scléroses. Il en sera peut-être de même pour le cancer, où les aspects du tissu interstitiel, si riches, si polymorphes dans les tumeurs épithéliales, ont déjà élucidé plusieurs points de la carcinogenèse, jusque-là restés obscurs.
« Ainsi, l’alliance de la morphologie et de la physiologie nous apparaît de plus en plus intime et aussi de plus en plus nécessaire. La science des formes ne peut être opposée à la science des fonctions. L’ancienne morphologie, purement statique, s’est transformée. Par la morphogénie, qui utilise la méthode expérimentale, s’établit une gradation qui conduit à la conception actuelle de la matière organisée.