I. - RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LA CHIRURGIE DU REIN
En 1884 et 1883 la chirurgie du rein n’avait pas encore été scientifiquement étudiée, et nous avions été frappé de l’incertitude qui régnait sur l’explication des faits cliniques et même sur la démonstration de leur pathogénie.
Âyant pris pour sujet de thèse, sous l’inspiration de M. Guyon, l’histoire du rôle de la congestion dans les maladies de Vappareil urinaire^ j’ai voulu rechercher par quel mécanisme les opérations et les affections de la vessie, même aseptiques, retentissaient sur te rein. La clinique prouvait cette influence; pour la démontrer expérimentalement je travaillai au laboratoire et avec l’aide quotidienne de M.Dastre. Nos expériences, pratiquées pendant plusieurs mois, consistaient à enfermer le rein d’un animal endormi dans l’appareil dit de Eoy. Cet appareil laissait intactesla circulation et l’excrétion de la glande, etpar le mécanisme ingénieux d’une véritable séreuse qui se moulait exactement sur le rpin, il permettait au moyen d’un enregistreur de noter les variations de volume de l’organe. J’ai pu ainsi démontrer par des graphiques que toute distension vésicale, tout tiraillement de la vessie s’accompagnaient d’une congestion rénale. Ces premières recherches m’engagèrent sur cette voie et furent la base des expériences sur la chirurgie expérimentale du rein, dont j’ai publié les résultats pendant les . trois années 1887, 1888 et 1889. Elles ont été consignées dans un volume paru en 1889..
Études expérimentales sur la chirurgie du rein. Néphrectomie. Néphrorraphie, néphrotomie, urétérotomie. Paris, 1889; G, Steinheil, éditeur, in-8«, 167 p.
Action de l’urine aseptique sur les tissus. Comptes rendus de la Soc. de SM., Paris, 1890, 9» sér.; 11, pp. 153, 357, 134.
Lithiase urinaire expérimentale, calculs rénaux, calculs vésicaux d’après la méthode d’Ehstein et de Hicolaïer. Arch. de Physiot. norm. et palhol., Paris, 5” sér., V, 1893, p. 361.
Etude clinique et expérimentale sur l’hydronéphrose. Ann. des Maladies des organes génito-urinaires, Paris, 1894, Xll, pp. 14-40 (flg.).
ertrophie également au point de reprendre en quinze jours envirimitif. Ces résultats de VhypeHrophie compensatrice ont été
yme rénal j’arrivai îi cette con- <.e 50 de parenchyme sêcrélanl
Après les traumatismes l’étude des infections et de leur mécanisme s’imposait. Là logique oblige pour cette étude à rechercher d’abord quels étaient les moyens de défense dit rein normal contre l'infection. L’anatomie nous démontrait bien un sphincter urétéro-vésical ; la physiologie prouvait que l’urine était excrétée par jets, par saccades et faisait une véritable chasse dans la vessie. C’était bien là deux moyens de défense du rein normal. Si, comme je l’ai tait, on sectionne l’uretère transversalement en partant de son orifice vésical 'et en remontant vers le rein, centimètre par centimètre, on constate que cette éjaculation d’urine n’a lieu que dans la moitié inférieure du canal excréteur; dans le quart supérieur elle s'écoule presque goutte à goutte; il en résulte une facilité plus grande d’infection de l’uretère au voisinage du rein. ■
Le second problème.à étudier est celui de l'absorption au niveau du rein et de l’uretère.' C’est mon élève Huber, du laboratoire de M. Dastre, qui a établi les conditions de la résorption au niveau du rein. Si on met une substance comme l’iodure de. potassium dans le'bassinet et si oh laisse l’appareil excrétoire intact, cette substance n’est pas absorbée; si dans les mêmes conditions on lie l’uretère, on voit immédiatement la réaction de Fiodure de potassium apparaître dans la sécrétion salivaire et cela très vile; quelques minutes suffisent! Il suffit donc i'élever la tension intra-urétérale pour voir des phénomènes d’endosmose apparaître; preuve expérimentale de l’importance de la rétention rénale dans les phénomènes biologiques. Ces faits expérimentaux ont leur application directe dans toutes les rétentions rénales aseptiques ou septiques. •
Quant aux infections elles-mêmes, nous avons pratiqué avec mon ami Bresset des injections inlra-urétérales de cultures de staphylocoques et de stréptocoques que m’avait confiées M. le professeur Chantemesse. L'uretère étant lié aussitôt après leur injection, les phénomènes septicémiques étaient d’une violence telle que l’animal succombait dans les quarante-huit heures avec une néphrite suraiguë du
côté malade et des lésions hémorragiques du côté opposé. ’
A côté de ces résultats il était nécessaire de rechercher quelle était Vinfluence des.agents mécaniques sur l’excrétion urinaire et la sécrétion urinaire et de chercher à reproduire deux lésions rénales encore peu connues dans leur pathogénie, l'Hydropéphrose et les calculs.
J’ai répété dix fois l’opération en la variant et en la perfectionnant. J’ai commencé par fixer l’uretère, puis je n’ai fixé que le rein en un siège, anormal^ puis enfin j’ai fait la simple mobilisation. J’ai obtenu ainsi quatre résultats négatifs et cinq hydronéphroses, ce qui cadre bien avec les différences cliniques que nous constatons, car heureusement tous les reins déplacés ne sont pas hydronéphrotiques. J’ai pu également constater que la coudure de l’uretère est redressable avec la plus grande facilité et disparaît complètement quand le rein est fixé.
Nous avons en 1888, dans une série d’expériences pratiquées nu laboratoire de M. le professeur Dastre, établi : 1° que les corfs étrangers aseptigues n’étaient mo-
recouvrent de stalactites rapidement crois:
faites sur l’arbre urinaire |grand avantage à : ment lisses et impénétrables aux liquides.