SUR LA REVIVISCENCE DU CŒUR
De la compression rythmée du cœur dans la syncope chloreformique. Bull, et Mém, de la Soc. de Chir., 2 novembre 1898, p. 937. Bull, et Mém. de la Soc. de Biol., 1898, 29 oct., p. 988.
Il est de notoriété courante dans les laboratoires de physiologie que si le cœur d’un animal cesse de battre dans certaines conditions, il suffit de quelques compressions rythmées pour provoquer de nouvelles contractions cardiaques. Nous avons poursuivi avec M. Hallion l’étude physiologique complète de ce phénomène et ses applications pratiques. Nous avons cherché è, préciser le temps pendant lequel, après cessation de toute contraction, le muscle cardiaque restait excitable. Ce temps est variable, mais peut aller au delà de cinq minutes. Sur un chien chloroformé jusqu’à cessation complète des mouvements respiratoires et cardiaques (des index graphiques placés sur le cœur indiquent la cessation de toute contraction partielle ou totale), on ouvre après une à cinq minutes le thorax, alors que la mort parait évidente, on commence à opérer avec la main des contractions rythmées sur le cœur. (Nos recherches nous font choisir les ventricules comme siège d’élection de cette compression.) Au bout de deux à quinze minules, le rythme cardiaque reprend d’abord sous forme de faibles contractions qui ne persistent pas si on cesse la compression rythmée, puis sous forme de contractions complètes plus fortes et bientôt définitivement persistantes, la circulation est rétablie et la respiration recommence. Le thorax est refermé, les muscles, puis la peau sont suturés et l’animal survit définitivement — et indéfiniment — des animaux sont restés plusieurs mois dans le laboratoire.
Nous avons eu chez l’homme l’occasion d’appliquer ce procédé : il s’agit d’une mort subite au cinquième jour d’une appendicite opérée, mort paraissant due à une embolie. Tous les moyens ordinaires de rappel à la vie restant inactifs, je fis dans le troisième espace intercostal une incision à travers laquelle jé pus, entre le pouce et l’index, exercer des compressions rythmées du .cœur. Vers la
impraticable ou inutile^ et il existe à l’heure actuelle une douzaine d’observations de reviviscence du cœur chez l’homme par la compression rythmée du