VI. - RECHERCHES EXPÉRIIÏIENTALES SUR LA CHIRURGIE DE L’ESTOMAC
Étude expérimentale sur le rétrécissement du pylore. Comptes rendus de la Soc. de Biol, Paris, 2 avril; 1898, p. 377. — Congrès de Médecine, Paris, 1907.
Nous avons fait, en 1898, au laboratoire de M. Dastre, des expériences sur le rétrécissement du pylore et la pathogénie de l’ulcère simple. Dans ces recherches faites d abord avec mon interne M. Bonamy, j’ai cherché à produire : 1° des rétrécissements aigus, brusques, immédiats; 2" des sténoses progressives et
être complets ou partiels, élastiques ou
peuvent
permanents. Le rélrécissèment brusque aigu complet est réalisé par la ligature très serrée du pylore au moyen d’un fil de soie. L'animal mange et vomit constamment, il meurt généralement en sept jours et l’autopsie montre un estomac peu dilaté. Dans un cas, nous avons trouvé un œsophage qui avait plus du double de diamètre d’un organe normal, il est probable que les efforts de vomissements avaient produit cette ectasie. Le fil qui serrait le pylore a pénétré dans l’épaisseur des tuniques et nul doute que si l’animal avait pu résister plus longtemps, le fil ne soit tombé dans sa cavité.
Le rétrécissement élastique était réalisé par un fil de caoutchouc peu serré, passé sous la séreuse. Nous espérions ainsi augmenter l’obstacle h l’évacuation stomacale et dilater sa cavité; après trois semaines, nous ne trouvions aucune dilatation, mais le fil avait profondément pénétré dans l’épaisseur des tissus. La musculature évacuatnce de l’estomac avait suffi à vaincre l’excès de pression pylorique.
Les rétrécissements chroniques peu serrés sont difficiles à obtenir, il faut passer dans l’épaisseur des parois pyloriques des fils de soie en fronçant la paroi et en serrant peu. Si la striction est forte, le fil coupe peu à peu et on le retrouvé sous la muqueuse après huit à dix jours. Mais s’il est peu serré, on obtient d’énormes ectasies; après vingt jours, l’estomac remplit l’abdomen en refoulant les viscères ; il contient un liquide digérant bien et hyperacide. Mais le plus souvent, ces lésions disparaissent quand les fils tombent dans la cavité duodénale.
Dans le même but, nous avons essayé l’excision complète et circulaire de la muqueuse du pylore dans l’étendue de deux centimètres; l’examen, fait dix-huit jours après, ne montrait plus trace de la plaie. Les cautérisations à l’acide chlorhydrique ou au thermocautère donnaient les mêmes résultats négatifs. Un moyen plus efficace? consiste à réséquer une bande longitudinale de toute l’épaisseur du pylore et à suturer les bords de la perte de substance pour rétrécir le calibre du canal, la sténose ainsi obtenue laissant à peine le volume d’un porte-plume. Après cinq semaines, il s’était fait une perméabilité nouvelle et vraiment curieuse : la partie du canal excisé présentait une induration inextensible, mais sa paroi opposée s’était dilatée, elle s’était laissé forcer et distendre, si bien que la perméabilité et les dimensions du canal pylorique s’étaient reconstituées et l’estomac n’était pas dilaté.
11 est nécessaire, pour obtenir une sténose pylorique, de faire une excision profonde circulaire ou une ligature interstitielle peu serrée. Cette sténose chronique incomplète provoque une énorme dilatation de l’estomac qui porte surtout sur le grand cul-de-sac et s’accompagne d’une rétention d’un liquide hyperacide. Les autres procédés, pour déterminer des sténoses, sont infidèles ou, en général, insuffisants.
Les faits méritaient vérification, puisqu’il ne s'agissait de rien moins que de porter directement une substance chimique sur des lésions profondes et à travers la peau saine. En employant pour nos recherches le trypanroth, l’argent et l’acide salycilique, nous avons constaté :
1“ Que des substances chimiques peuvent être introduites à l’aide du courant continu à travers la peau saine dans laquelle elles pénétrent par les glandes, les gaines des poils et même le revêtement épidermique;
2" Que les médicaments semblent pouvoir former dans les protoplasmas cellulaires des combinaisons différentes de celles qu’ils présentent lorsqu’ils sont introduits par la voie sous-cutanée ;
3" Que leur pénétration reste toujours superficielle, et que par conséquent, dans la thérapeutique électro-ionique, il y a lieu de considérer deux actions différentes : l’action médicamenteuse vraie qui reste absolument localisée à la peau, saut pour les médicaments toxiques à, très faible dose qui peuvent produire des effets généraux après leur pénétration dans la circulation; en second lieu, une action due aux phénomènes biologiques et aux modifications osmotiques, provoquée par le déplacement des ions de l’organisme, indépendamment de la solution employée au niveau des électrodes ;
4“ Les faits de guérison immédiate, de roideurs articulaires après ionisation, doivent être analysés; ces prétendues ankylosés ne s’accompagnaient d’aucun épaississement fibreux, mais il s’agissait en général d’impotence fonctionnelle par douleur localisée. L’application du courant électrique en supprimant les accidents douloureux a rendu son libre jeu à l’articulation anatomiquement normale.