ET ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALES
Dégénérescences causées par le phosphore et par l’arsenic. — MM. Cornil et Bergeron ont étudié les dégénérescences graisseuses des cellules des glandes de l’estomac, à la suite de l’empoisonnement par le phosphore chez l’homme (Société de Biologie, 1864, p. 56).
MM. Comil et Brault (Société de Biologie, 1881) ont vu que, dans l’empoisonnement des cobayes par le phosphore, des granulations de graisse apparaissent au bout de douze heures dans les cellules hépatiques voisines des rameaux de la veine porte. Bientôtces cellules se tuméfient, leur protoplasma devient clair, se liquéfie, se détruit, en même temps que des gouttelettes graisseuses s’.y déposent. Il résulte de cet état des cellules de la zone périphérique des îlots, que l’on observe, deux ou trois jours après le début de l’empoisonnement, un tissu alvéolaire réticulé, dont les mailles sont formées par les capillaires sanguins et par la cuticule de quelques cellules conservées. Les cavités de ce tissu réticulé contiennent les noyaux libres des cellules détruites, et de la graisse.
et ne sont jamais aussi altérées, aussi pleines do graisse que les cellules périphériques.
Dans l’empoisonnement par l’arsenic, substance qui est loin de posséder la même puissance stéatogène que le phosphore, la dégénérescence graisseuse occupe tout l’îlot et ne produit pas la lésion des cellules hépatiques que nous venons de décrire.
L’arsenic et le phosphore déterminent tous les deux une dégénérescence graisseuse parfois considérable des cellules épithéliales du poumon, sans qu’il y ait à proprement parler d’inflammation. La desquamation de ces cellules graisseuses paraît être la cause des congestions et hémorrhagies pulmonaires, de l’épanchement des globules
des cellules endothéliales des vaisseaux sanguins.
Fœtus macérés et lithopédions. — L’examen histologique. des fœtus macérés après leur mort dans l’utérus maternel, où ils ont été retenus pendant un ou plusieurs mois, a permis à MM. Cornil et Kanvier de constater que les tissus sont conservés sans qu’il y ait de putréfaction. Le tissu musculaire se laisse très facilement étudier par la dissection, et les sarcodes éléments se voient isolés dans le sens des stries transversales et longitudinales. Le cerveau est réduit en une bouillie composée de granulations et de cristaux de graisse, mais les cellules nerveuses sont reconnaissables bien que leurs noyaux ne se colorent plus par le carmin. Les cellules du foie sont remplacées par des amas de granulations protéiques et graisseuses (Manueld’Histoloyie, p. 62, t. I er , 2' édit.) Les tissus qui forment la charpente de l’organisme, le tissu fibreux, le tissu cartilagineux et osseux, sont bien conservés, sauf la présence de granulations graisseuses dans les cellules.
Les lithopédions,- fœtus dont la surface est recouverte de sels calcaires, et qui restent pendant un grand nombre d’années inclus dans le péritoine, possèdent encore tous leurs organes avec des lésions analogues à celles des fœtus macérés. On peut encore voir, par exemple, des cellules nerveuses dans la bouillie cérébrale,'observer sur des coupes la conservation parfaite des nerfs, sauf la présence de granulations graisseuses et cristallines, la striation des muscles, la conservation de la charpente fibreuse de tous les organes, des cartilages et des os. Seulement les interstices et cavités des organes, comme par exemple les tubuli du rein, sont remplis de cristaux de graisse. Il va sans dire que les noyaux des cellules ne se colorent plus. ( Tlièse de Sarraute. 1885.)
Altérations anatomiques de la goutte, et spécialement du rein, chez les goutteux, en collaboration avec M. Charcot. — Les auteurs
ont décrit, d’une façon générale, les lésions des articulations et des viscères dans la goutte, en rapportant deux observations; mais le point le plus personnel de leur travail a trait au siège précis des dépôts
cartilage. Sur les coupes du rein, comme sur celles des cartilages, l’addition d’acide acétique dissout d’abord les aiguilles libres, puis le
la Société de Biologie, 1863, p. 135, avec une planche). Dégénérescence amyloïde. — M. Cornil a étudié les caractères
(Journal de VAnatomie, dirigé par Ch. Robin, 1866, p, 216). ^
Il a montré le premier que, lorsqu’on colore des coupes d’organes atteints de dégénérescence amyloïde avec une solution de violet de
avec deux planches en chromo-lithographie). M. Cornil a soumis une série de pièces à une étude nouvelle par ce procédé, et constaté en particulier que, dans le rein amyloïde* les cylindres hyalins restaient colorés en bleu et, par conséquent, n’étaient pas formés de substance amyloïde, ce qui était admis jusque-là. Dans cet organe, aussi bien que dans les ganglions lymphatiques, la dégénérescence porte souvent sur les fibres du tissu conjonctif et du tissu réticulé, tandis que'les cellules du tissu conjonctif et lès cellules lymphatiques sont presque toujours indemnes. Les membranes hyalines des tubes urinifères sont souvent très épaissies et en pleine dégénérescence, tandis que les cellules épithéliales des tubuli sont intactes. L’auteur a donné aussi, dans ce mémoire, le .dessin des lésions amyloïdes des capillaires des îlots hépatiques, dans un fait où les cellules du foie n’étaient nullement altérées.
Il est reconnu aujourd’hui que tel est le mode le plus habituel de la dégénérescence amyloïde dans le foie.