HYGIÈNE HOSPITALIÈRE
Prophylaxie des maladies contagieuses et des infections à l’hospice des Enfants-Assistés, 1891-1896.
L’efficacité des mesures d’hygiéne et de prophyla.'cie que Ton dirige con maladies infectieuses des enfants ne peut, nulle part, être mieux appréciée qu un établissement où, par le fait même de sa destination, se trouvent réun fois des enfants bien portants efïes enfants malades. Tel est le cas de Thosp Enfants-Assistés.
Les avortons, les enfants atteints d'œdème et les débiles sont placés dans des couveuses. Ayant observé un assez grand nombre d’infections rapidement mortelles chez les sujets placés dans les couveuses, j’ai pensé que ces infections tenaient en partie à l’impossibilité où l’on se trouvait de désinfecter complètement les couveuses en bois alors en usage, et j’ai fait construire des couveuses en faïence et en verre, faciles à désinfecter, qui nous ont donné des résultats meilleurs.
Les syphüiligues sont placés dans un service spécial, désigné sous le nom de nourricerie (D' Nicolle, La nourricerie de l'hospice des Enfants-Assistés, Thèse de Paris, 1891). Ils y étaient nourris autrefois par dos ânesses ; mais plusieurs enfants prenant successivement le pis de la même anesse, les infections intestinales se propageaient avec une telle rapidité que j’ai dû renoncer à ce mode d’allaitement, et je suis revenu à l’emploi du lait stérilisé, qui ne donne pas non plus des résultats parfaits. En hiver, à cause du froid, les enfants restent confinés dans leurs salles; en été, ils passent lapins grande partie des journées chaudes dehors, sous une tente. Ce système donne des résultats encourageants, les enfants résistent mieux l’été que l’hiver aux causes d’infection qui les assiègent ; néanmoins, la mortalité de ces enfants malades est toujours considérable ; elle atteint presque 80 p. 100.
Mon élève, M. Thiercelin (De tinfection gastro-intestinale chez le nourrisson; Pathogénie et traitement, Thèse, 1892), dans un travail important, basé sur les observations de mon service, a résumé les différents modes do traitement que j’applique aux affections gastro-intestinales. L’histoire résumée de ces infections doit paraître prochainement dans le Traité de médecine et de thérapeutique de M. le professeur Brouardel.
Je signalerai seulement, comme tenant une grande place dans ma thérapeutique hospitalière, l’usage fréquent du lavage de l’estomac et de l’intestin, et les injections sous-cutanées de sérum artificiel.
Le lavage de t estomac, pratiqué tout d’abord par Epstein, ch. ' ' i
atteints do troubles gastro-intestinaux, a été vite adopté ît l’étranger et en France, où j’ai été un des premiers, avec mon maître, M. Grancher, à l’appliquer d’une façon presque méthodique. Il a pour but d’enlever les substances alimentaires en fermentation qui stagnent dans l’estomac, et de favoriser la sécrétion de l’acide
Toutes ces mesures n’avaient qu’un but : isoler le service de la diphtérie et l’empêcher d’infecter le reste de l’hospice. Mais, outre cette protection de la population infantile de l’établissement contre l’infection autochtone, il fallait encore, et surtout, mettre obstacle aux infections venues du dehors et éviter ainsi les épidémies successives. Cette seconde partie du programme ne pouvait être réalisée que grâce à la bactériologie.
Le service d’admission des Enfants-Assistés est encore défectueux. L’insuffisance du lazaret actuel ne permet pas de mettre les entants en observation pendant un
nouveaux cas sont répartis d’une façon intelligente dans les pavillons déjS, occupés.
Résultats. —Les résultats obtenus sont imputables, sans aucun doute, à l’adoption et à l’application des moyens hygiéniques et prophylactiques précédemment décrits, car la thérapeutique n’a jamais eu qu’un rôle très secondaire. Ces résultats sont d’autant plus édifiants qu’ils ont été acquis dans un établissement où l’on ne soigne presque que des enfants très jeunes, et où la rougeole étaitautrefois tellement meurtrière qu’elle avait été dénoncée dans un travail spécial {Sur la gravité de la rougeole à l’hospice des Enfants-Assistés).
Les chiffres relevés dans la statistique de l’hôpital sont les suivants ;
Antisepsie médicale et scarlatine au pavillon d’isolement des Enfants-Malades (En collaboration avec le D' E. Deschamps).
[Rmmd’hygiéne, t. XII, n" 7,1890.)
Les complications de la scarlatine, comme celles de la rougeole, tiennent moins à la nature même de la maladie qu’à l’adjonction d’infections secondaires ; elles reconnaissent très souvent pour cause des agents pathogènes qui n’ont rien de spé-
Étude swr les abcès du cerveau consécutifs à certaines lésions pulmonaires.
Contribution à rétude des lésions viscérales de la syphilis héréditaire. Lésions {Thèse du Hudelo, i890.)
De la gangrène disséminée de la peau chez les enfants.
(Thèse du D' Charmoy, 1890.)
La tuberculose des ganglions périphériques.
(Thèse du Mirinescu, 1890.)
Des accidents méningitiques de la syphilis héréditaire chez les enfants et en parttcu-
Contribution à t étude des énjthèmes infectieux, en particulier dans la diphtérie. (Thèse du J. Mussy, 1892.)
Sur les injections de sérum artificiel chez les enfants, particulièrement dans les diarrhées infectieuses.
(Thèse du D-- Marois, 1893.)
Vinfection bronchique (Médaille d'or).
(Thèse du P. Claisse, 1893.)
De Vinfection intestinale chez le nourrisson. Pathogénie et traitement.
(Thèse du D‘‘ Thiercelin, 1894.)
Infection cVorigine cutanée chez les enfants.
A Sections broncho-pulmonaires chez V enfant rachitique.
(Thèse du D' CadUhac, 1895.)
Diagnostic de la tuberculose infantile par les injections de tuberculine.
(Thèse du D-- Gafflé, 1895.)
Des gangrènes infectieuses disséminées de la peau chez les enfants.
(Thèse du D' Caillaud, 1896.)
Vantisepsie médicale dans les pàmllons de rougeole aux Enfants-Assistés.