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BACTÉRIOLOGIE GÉNÉRALE ET PHYSIOLOGIE

Technique de la colo dation des cils

La méthode de Lœffler pour la coloration des cils microbiens était assez compliquée, en raison des modifications du mordant que l’on pensait nécessaire suivant l’espèce microbienne dont on voulait colorer.les cils.,Nous,avons modifié et. simplifié cette méthode, ce qui nous a permis de faire l’étude comparée des cils de nombreux vibrions, cholériques différents. Nous avons reconnu l’existence de deux types morphologiques différents .Le premier type, est caractérisé par la présence d’un cil unique (vibrion cholérique de Shanghaï, Hambourg, Courbevoie, Finklér, Prior, etc...); le second type comprend les vibrions cholériques de Massaouah, de Calcutta,'de. Paris; il est caractérisé par la présence de quatre cils situés d’ordinaire deux k .deux à chaque extrémité. L’étude comparée du bacterium coli.ei du typhique nous a rr)ohtré que. Je c.oli. possède toujours moins de flagelles quç le typhique.

(M. Nicolle et V. Morax : Technique de la coloration dés cils ; cils dos vibrions cholériques et. des organismes voisins; cils du bacille typhique et du B. coliX.l nnaics de l'Institut Pasteur, 1893, p. 554).

Action ne la-chaleur sèche sur.les spores et la toxine tétanique.

On sait que la chaleur agit de môme façon sur les diâstnscs et sur les toxines microbiennes en solution et qüe dès températures inférieures a 100 e , suffisamment prolongées, détruisent leur activité. Si là diastase est à l’état séo, les températures élevées, comprises entre î6o p et 170°, sont nécessaii'ea* pour les annihiler. Pareilles recherches n’avaient', pas été faites pour U» toxines rnlcrobicrines. Nous avons'choisi la toxine tétànrqûe. Chauffée 10 mimrtes à i2o°, la toxine tétanique désséchée conserve lé mêmu degré d'activité qu’avant le chauffage. Exposée à i5o°, ifo 0 et i54°, la toxine conserve encore une acti-

Si l’on compare l’affinité si grande de la tétanine pour la substance cérébrale et médulaire avec l'attraction élective, mais fugace de cotte toxine pour les neurones périphériques, on se trouve conduit à admettre l’existence de phénomènes de déplacement de la tétanine. dans la substance cylindraxile. C’est une véritable circulation cellulipète dont nous avons démontré l’existence en sectionnant le sciatique au creux poplité. decobayes i heure 1/2 après leur avoir injecté, dans les muscles du mollet,. 10 doses de tétanine. L’un des cobayes sert de témoin ; chez les cinq autres, on sectionne le sciatique i5, 60, 90 minutes, 2 heures ou 24 heures après : 2 heures après la section, le sciatique ne contient plus de tétanine. Il ressort de cetté expérience que le nerf s’est dépouillé de la presque totalité de la toxine qu’il contenait deux heures

le déplacement de la toxine dans le neurone périphérique est cellulipète et, de plus, exclusivement cellulipète, ainsi qu’il est facile de l’établir en injec-

levant son sciatique. Lorsqu’au lieu de prélever le sciatique quelques heures après une injection dans la patte, on attend que l’animal présente des symptômes tétaniques généralisés, on peut constater, par l’inoculation, que le sciatique du côté opposé à l’injection renferme, lui aussi, de la toxine, bien qu’en plus faible quantité.

Puisqu’il n’existe pas de courant nerveux ccllulifuge de la tétanine, on tien dans les humeurs par «es expansions .périphériques ùu par leu étrangle-

mente annulaires disposés le long des filets nerveux. Nous le démontrons en pratiquant chez deux cobayes la section du sciatique gauche, pour l’un au creux poplité, pour le second dans l’échancrure, puis en injectant dans leurs pattes droites 10 doses mortelles de tétanine. Après 2/1 heures, on résèque le sciatique droit et le sciatique gauche. La souris injectée avec le sciatique droit meurt de tétanos, celle qui reçoit le sciatique gauche, sectionné dans l’échancrurc, présente de légers symptômes tétaniques; la troisième, inoculée avec le sciatique gauche sectionné au creux poplité, reste indemne.

L’ensemble de ces expériences nous a conduit à formuler les conceptions suivantes sur l’absorption de la toxine tétanique : injectée dans un muscle, la toxine se répand dans la sérosité qui imprègne les tissus et passe en partie dans le sang où on la retrouve de très bonne heure. Dans la zone d’inoculation, la sérosité chargée de toxine s’est trouvée en contact avec les expansions nerveuses. Les nerfs moteurs et vaso-moteurs l’absorbent et s’en remplissent à tel point qu’en un temps, relativement court, la substance du nerf périphérique en contient des quantités infiniment plus considérables que

La diffusion de la toxine suit une voie centripète. L’absorption par les filets nerveux de la région inoculée est, pendant i!\ heures, supérieure à celle qui sc produit dans les autres régions. Lci neurone moteur correspondant sera, par conséquent, le premier saturé par la toxine, et cette saturation se manifestera par une contracture localisée, par un tétanos local.

Cependant, en d’autres régions, les terminaisons nerveuses auront absorbé une certaine quantité de toxine puisée au sein de. la lymphe, quantité suffisante pour rendre sensible la souffrance de leurs neurones d’origine : c’est alors qu’au tétanos local succédera le tétanos généralisé.

Dans un travail ultérieur, nous avons cherché à savoir si les différentes variétés de fibres nerveuses : fibres motrices, vaso-motrices, sensitives, présentaient la même affinité pour la tétanine. Dans ce but, nous avons prélevé, chez un cheval tué par l’injection de 3 grammes de toxine tétanique, les humeurs, les nerfs rachidiens, la moelle lombaire et dorsale, les bulbes* les pédoncules et le cerveau. Un poids égal de ce tissu nerveux a été inoculé à des souris, line expérience de contrôle a été faite avec des macérations de ces

Le nerf dont les fibres innervent la région inoculée se charge tout particulièrement de toxine. o,o5 du sciatique gauche a tué la souris en deux jours, alors que 0,1 de sang n’a déterminé la mort qu’en trois jours. Le sciatique du côté opposé à l’injection renferme, à dose relativement petite, de la tétanine. Le sympathique cervical renferme une proportion considérable de toxine, ce qui nous paraît démontrer la part très marquée des neurones sympathiques à l’absorption de la tétanine probablement au niveau des parois musculaires. On est frappé aussi de la proportion de toxine contenue dans le nerf massé-

ment mesurée à l’aide d’appareils appliqués sur là cornée (tonomètre) ou mis on rapport avec les liquides intraoculaires (manomètres). Comme cette tension oculaire est fonction de l’élasticité de la coque oculaire, de l’état des vaisseaux ihtraocuiaire-s et de la quantité des milieux liquides contenus dans le kyste oculaire; nous pouvions admettre qu’une variation réalisée dans la quantité de l’humeur aqueuse (par endosmose ou exosmose) pourrait être mesurée par la détermination de la tension oculaire. Dans les conditions normales, la tension oculaire est assez constante et chez le lapin, dont nous nous sommes surtout servi, la tension est toujours comprise entre 20 et 26 mm Hg.

On sait qu’en dehors des osmoses classiques, en rapport avec les concentrations moléculaires des liqueurs que sépare un diaphragme, il existe des phénomènes d'osmose électrique, régis par la différence de potentiel qui existe • ou que l’on provoque, entre deux liquides séparés par une cloison poreuse. Suivant le signe des charges électriques adhérentes aux parois des pores, là veine liquide qui remplit le pore se déplacera dans un sens différent, réalisant

sont les phénomènes d’osmose électrique seuls que nous avons étuas des expériences conduites de la manière suivante : à l’aide d’un dispositif spécial en verre, on crée au niveau du segment antérieur de l’œil

ions actifs au point de vue de l’électrisation de contact. L’un des fils d’un pantostat, pourvu d’un milliampèremètre permettant de régler le débit, aboutit à cette électrode liquide. L’autre électrode métallique, large, était appliquée et maintenue sur la peau rasée du cou du lapin. Le débit du courant doit être faible (3 milliampères au plus) pour éviter les -lésions de l’épithélium, mais la durée de passage du courant doit atteindre 15 à 20 minutes pour que l’on puisse observer des endosmoses ou des exosmoses notables.

Parmi les solutions électrolytiques salines que les lois de l’électrisation de contact nous faisaient prévoir être osmotiquement actives et que nous avons successivement expérimentées, nous n’en avons retenu que quelques-unes dont l’action nocive sur la cornée nous a paru négligeable.

C’est ainsi qu’une solution de sulfate de magnésie à \ % additionnée de saccharose à 6 % (reliée au pôle positif) nous a permis d’obtenir des endosmoses manifestes se traduisant après 20 minutes de durée de passage du courant de trois milliampères, par une hypertension oculaire atteignant !\o mm Hg.

D’autre part, une solution de chlorure de Baryum à h % additionnée de saccharose à 6 % (reliée au pôle positif) nous a permis, dans les mêmes conditions de régime et de durée, de réaliser une hypotonie atteignant 8 mm Hg. Ces expériences ont été répétées un grand nombre de fois sur le lapin. Chez le chat et le chien, les difficultés de l’expérimentation (nécessité de l’anesthésie générale, etc...) ne permettent pas de réaliser l’expérience,

Il résulte de nos recherches qu’il est aisé, par osmose électrique, de modifier la tension de l’œil du lapin vivant, de la doubler ou de la réduire an quart de sa valeur normale. Ces résultats peuvent s’obtenir sans lésion de l'a cornée, La circulation rétablit la tension primitive assez rapidement. Au bout d’une demi-heure, l’œil est revenu à sa tension normale.

Ces données relatives à la perméabilité aqueuse de la cornée par osmose électrique, nous ont oonduit & étudier les conditions dans lesquelles une solution éleotrolytique traverse cette membrane. Après un contact d’une certaine durée de la oornée avec la solution choisie, on recueille l’humeur aqueuse par ponction de la chambre antérieure. L’analyse de ce liquide, faite à l’aide de méthodes empruntées à la microchimie, montre que contrairement à la représentation de Nernst, dans sa théorie de la diffusion d’un électrolyte dissocié, les deux ions d’un sel donné ne franchissent pas la paroi cornéenno en proportions chimiquement équivalentes; l’un de» ions franchit seul la paroi ou tout au moins en proportion nettement prépondérante par rapport à l’ion de signe inverse.

(P. Giuabd et Y. Morax ; Echanges liquides par osmose électrique à travers des tissus vivants. Démonstration des expériences au Congrès de Physiologie, 20 juillet 1920. — Echanges liquides par osmose électrique à travers des tissus vivants. C. R. Académie des Sciences, 1920, t. CLXX, p. 821. — Recherches expérimentales sur

les d'Oculistique, 1920, t. CLVII, p. 5g3). *"

(P. Gibarp, W. Mestrezat et V. Morax : Recherches expérimentales sur la perméabilité des tissus vivants aux ions. C. R, de la Société de Biologie, J922, t. CLXXXVI, p. 69).

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