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DE L’AVORTEMENT

Nous avons étudié l’interruption pathologique de la grossesse au cours des premiers mois, — à propos de l’avortement syphilitique, — au point de vue de la thérapeutique, des menaces ou des suites de l’avortement; — enfin, dans les symptômes et les causes de l’avortement précoce.

L’avortement syphilitique.

Nous avons eu pour but de démontrer que l’avortement du fait de la syphilis avait une physionomie propre, qu’on n’arrive.à bien dégager, que

si l’on sépare l’inlerrupUon au cours des premiers mois de l’accouchement prématuré, se produisant dans les derniers mois de la grossesse. 11 est nécessaire ensuite de faire la part des causes d’avortement, indépendantes de la syphilis, telles que le placenta prævia, l’albuminurie et surtout le traumatisme sexuel. On peut, après avoir établi les faits précédents, rechercher quelle est la proportion d’avortement, relativement à l’accouchement prématuré ou à l’accouchement à terme, quand la syphilis s’est établie dans un ménage.

C’est ce que nous avons entrepris de rechercher sur le conseil de M. le Professeur A. Fournier, qui, en 1893, avait bien voulu nous charger de la surveillance des femmes enceintes de son service, et d’étudier les rapports de la syphilis avec la puerpéralité.

Au moment où nous étudiions cette question, la part de la syphilis n’était pas nettement établie sur un nombre donné d’avortements. Bien plus, alors que la syphilis passait pour la cause la plus fréquente d interruption de grossesse, Brion donnait une statistique, dans laquelle la syphilis n’entrait comme cause qu’en deuxième ligne, après le placenta prævia.

Nous avons réagi contre cette tendance en appelant l’attention sur les caractères cliniques de l’avortement d’origine syphilitique, qui peut être de la sorte dépisté, même lorsque la mère ne présente pas de traces de spécificité, et que le père lui-même est perdu de vue, comme cela se présente si souvent ù l’hôpital. Ces caractères cliniques se trouvent dans la répétition de l'avortement, de plus en plus tardif, avec fœtus mort; de plus, l’avortement syphilitique se fait souvent sans hémorragie maternelle. ' C’est dans l’étude des faits particuliers, plus que dans les statistiques générales, qu’il faut chercher des renseignements sur la fréquence de l’avortement dans la syphilis, et nous étions amené Ji conclure que le plus souvent l’avortement traduit la plus grande virulence de la syphilis dans un ménage, sans qu’il soit possible d’établir de distinction, suivant le procréateur atteint le premier.

Néanmoins, nous avions appuyé ces différentes notions sur l’examen de 52 cas du service de M. Pinard dans lesquels on notait 20 fois des avortements antérieurs, 42 fois le fœtus était né mort et macéré; dans les 52 cas l’avortement s’était fait en 2 temps; 9 fois les suites de couches

avaient été pathologiques, et il y avait eu un cas de mort par infection.

En résumé, à une époque où, mêiîie parmi les spécialistes, la physionomie de l’avortement syphilitique était vague et indéterminée, il nous a été donné d’en préciser les caractères cliniques, et d’essayer d’en faire une véritable entité spécifique.

Thérapeutique dans les menaces d’avortement.

A plusieurs reprises nous avons entrepris dans notre enseignement, de fixer les règles de cette thérapeutique, et de préciser la conduite ù tenir un peu hésitante surtout en présence des menaces d’avortement. Les traitements classiques sont : l’injection chaude, conjointement avec les calmants, et l’immobilisation souvent mal appliquée.

Nous nous sommes demandé s’il était bien rationnel de recourir ù des moyens d’action si divers, d’une façon indifférente, et voici les règles que nous nous sommes imposées dans le traitement de la femme qui saigne, en menace d’avorter.

1“ L’immobilisation au lit, mais absolue, dans le décubitus dorsal, pendant trois ou quatre jours. Ainsi appliquée, elle donne souvent des résultats inattendus.

2“ L'injection chaude, excitant l’utérus déjà mis spontanément en contraction, n’est prescrite, que si ces contractions spontanées se sont manifestées, alors que l’importance de l’hémorragie fait préférer une prompte expulsion de l’œuf. Dans le cas contraire, une injection antiseptique tiède et sans pression, faite à des intervalles assez espacés de plusieurs jours, suffit pour assurer l’antisepsie vaginale.

3“ La médication calmante par les opiacés est très utile, en toutes circonstances, et ne doit être abandonnée que dans les cas où l’expulsion est inévitable. Elle ne servirait alors qu’à ralentir cette expulsion, et à faire durer le travail d’un avortement s’accompagnant d’hémorragies plus ou moins importantes.

Cette règle de conduite parait ainsi se conformer au tableau symptomatique observé, elle cherche suivant les circonstances à accélérer ou à arrêter l’expulsion prématurée de l’œuf.

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