VAISSEAUX LYMPHATIQUES DE L’UTÉRUS
Ces recherches m’ont été inspirées par le désir de vérifier les descriptions classiques des volumineux lymphatiques de l’utérus gravide décrits par Mascagni, J. Lucas-Championnière et Fiouppe.
Ces gros vaisseaux avaient été, jusqu’alors, étudiés sur des utérus de femmes mortes pendant les suites de couches, et présentant de la lymphangite puerpérale; le pus injectant ces vaisseaux, les rendait apparents et faciles à suivre.
Depuis l’antisepsie, il n’est pas fréquent de pouvoir observer ces lymphangites utérines. Tous les utérus de femmes mortes pendant les suites de couches, qu’il m’avait été donné d’examiner, ne présentaient pas de vaisseaux lymphatiques apparents. De même sur les utérus gravides, contenant leur œuf, que j’avais pu regarder soit au cours d’opérations césariennes, soit dans les autopsies, il ne m’avait pas été possible de voir trace apparente de ces gros vaisseaux lymphatiques.
En somme, les vaisseaux lymphatiques de l’utérus n’avaient été étudiés, chez la femme, que sur des utérus malades, atteints de lymphangites, pendant la période des suites de couches; ce mode d’observation a été heureusement mis à profit pour établir le trajet des vaisseaux émanés de l’utérus. 11 me sembla intéressant d’étudier les vaisseaux lymphatiques, non plus seulement dans la période des suites de couches, mais aussi pendant la grossesse sur l’utérus contenant son œuf, comme cela avait été fait chez les animaux par Fridollin, Léopold.
Vinjedion au mercure des vaisseaux lymphatiques, utile pour marquer les troncs importants, devient une méthode sans précision pour indiquer les capillaires lymphatiques, ou les fins réseaux qui leur font suite. Aussi je renonçais à cette méthode d’injection, quand le hasard me fit tomber entre les mains une pièce d’utérus gravide.
C'est h Tinjecdon avec masses histologiques, pouvant pénétrer dans les plus fines ramifications, après réplélion du système vasculaire sanguin, que je résolus de m’adresser, ainsi qn'atiœ nitratations, qui permettent de mettre en évidence le contour caractéristique des cellules endothéliales sur les capillaires lymphatiques. Par ces procédés, on peut à l’étude macroscopique, joindre le contrôle histologique. Cette technique n’avait jusqu’alors été appliquée que chez les animaux à l’étude des lymphatiques de l’utérus.
J’ai pu faire mes recherches sur deux utérus gravides et sur cinq utérus non gravides.
Pour l’étude de la pièce principale, un utérus gravide à terme, une masse de gélatine au carmin fut poussée au préalable dans le système vasculaire sanguin ; cette masse fut assez fine pour pouvoir revenir par les veines après avoir traversé les capillaires. Les injections lymphatiques furent pratiquées avec une masse de gélatine au bleu soluble.
A l’aide des injections et des nitratations au nitrate d’argent combiné au chlorure d’or, j’ai pu arriver aux constatations suivantes sur le système lymphatique sous-séreux de l’utérus étudié chez la femme.
A. — Sur Vutérus non gravide, ce système parait constitué par un certain nombre de réseaux très fins aboutissant à des troncs.
I. — Ces réseaux très fins sont, d’une part, constitués par des capillaires, disposés en mailles fréquemment anastomosées, d’un volume très
cédents y aboutissent, le plus volumineux m( ncontré sur les parties latérales, de la face ai S, et découvert seulement par la dissection.
le. — Le système lymphatique sous-séreux endant la grossesse sur un organe sain che; présentant une augmentation dans le calibre t, ne pas atteindre en volume l’importance qi
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Depuis cette thèse nous avons réussi k préciser les notions précédentes par de nouvelles imprégnations au nitrate d’argent et au chlorure d’or, ainsi qu’on peut en juger par les figures 1, 2, 3 et 4 encore inédites.
C’est de notre travail que date en France la cessation de l’emploi exclusif des injections mercurielles dans l’étude des lymphatiques, pour leur préférer la méthode plus précise des injections histologiques, après réplétion du système vasculaire sanguin.