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RÉACTIONS DE LA MUQUEUSE UTÉRINE DANS LA NIDATION DE L’ŒUF HUMAIN

L’examen de quelques œufs jeunes m’a permis de noter certaines circonstances rendant compte des variétés de réactions déciduales, jusqu’ici complètement inexpliquées.

D’après la plupart des travaux de ces dernières années, l’examen d’une muqueuse utérine est insuffisant è signifier une grossesse, qu’elle soit utérine ou ectopique. Tantôt, en effet, on rencontre, sur la muqueuse, la transformation hydropique des cellules du stroma, tantôt on ne la rencontre pas; parfois les cellules conjonctives sont en pleine vitalité, — d’autres fois, d’après Hitschmann et Adler, la transformation hydropique se montre dans les phénomènes prémenstruels, en dehors de toute grossesse.

J’ai constaté dans mes pièces la même variabilité d’aspect, mais je crois avoir pu proposer une explication plausible de cette diversité de réac-

Dans une observation anatomique et clinique d’avortement précoce, j’ai recueilli un œuf clair, qui est, je crois, le plus jeune œuf clair dont on ait publié la description. Les réactions déciduales montrent les cellules du

stroma muqueux en pleine vitalité, et celles-ci ne présentant que rarement la réaction hydropique, qu’on rencontre, au contraire, sur les pièces d’un autre œuf, embryonné, et vivant encore récemment (fig. 6 et 7).

En rapprochant ce fait des constatations de Delporte, dans ses études sur la nidation de l’œuf humain, on peut arriver à une conception, très

la muqueuse utérine, au voisiuage d’un œuf ectopique vivant, l’absence de réaction, en cas de mort du fœtus, paraissent relever de la même explication.

On peut donc, semble-t-il, émettre l’hypothèse que les réactions déciduales sont passives ou hydropiques, actives ou résistantes, suivant la vitalité de l’embryon ; réaction passive devant un œuf à embryon vivant, — réaction de résistance devant un œuf à embryon mort. Si cette loi se vérifiait, on comprendrait mieux l’origine de la bénignité ou de la malignité dans les tumeurs placentaires, bénignité ou malignité qui dépendraient surtout du degré de réaction de défense dans la caduque.

Les réactions hydropiques inégales, constatées sur une muqueuse utérine expulsée, exprimeraient la grossesse ectopique.

Quant aux cellules choriales de l’œuf clair, leur vitalité est frappante,

La mort de l’œuf n’atteint donc pas la vitalité des éléments choriaux, qui

semblent gagner individuellement un surcroît d’ilnergie, rendant plus nécessaires, plus agissantes, et plus énergiques les réactions de défense de la caduque.

En résumé, àl’encontre de l’opinion courante, la réaction dite déciduale, la transformation hydropique des cellules du stroma de la caduque paraît être vraiment une réaction de grossesse vivante ; réaction uniformément répartie, si la grossesse est utérine, — inégalement répartie, dans la grossesse ectopique.

La mort de l’œuf s’accompagnerait, au contraire, d’une réaction de défense, contre l’envahissement chorial. L’insuffisance exceptionnelle de cette réaction rendrait compte du triomphe des éléments choriaux, de leur infiltration et de leur envahissement constituant le chorio-épithéliome

Ainsi se trouveraient expliquées ces diversités d’aspect de la caduque, qui seraient bien caractéristiques de la présence d’un œuf, mort ou vivant.

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