EXAMEN CRITIQUE DES TRAITEMENTS CHIRURGICAUX DE L’INFECTION PUERPÉRALE
Étant données les récentes tendances à intervenir chirurgicalement dans les accidents de l’infection utérine post-partum, nous nous sommes imposé de vérifier la valeur de ces traitements par l’examen des faits, déjà nombreux, publiés sur cette question. Nous avons entrepris cette enquête non seulement pour nous diriger dans notre pratique personnelle, mais aussi afin de mieux éclairer l’opinion dans nos articles sur la question.
Nous avons posé en principe qu’il était nécessaire d’établir, plus qu’on ne le fait d’ordinaire, une distinction entre l’infection post-abortum, et l’infection post-partum. Cette distinction nous a permis de constater que le plus grand nombre des interventions avait été, d’une façon très accentuée, surtout dirigé contre l’infection post-abortum. Ces interventions sont multiples elles comprennent la laparotomie, la colpotomie, les différents degrés d’hystérectomies, les ligatures et excisions veineuses.
La laparotomie seule ou accompagnée de colpotomie, la colpotomie seule, en somme, l’ouverture et le drainage d’une cavité abdominale, atteinte de péritonite purulente, sont de toutes ces interventions celles qui paraissent les plus justifiées.
En ce qui concerne l’hystérectomie totale ou subtotale, en dehors des cas de rupture utérine ou de perforation, elles présentent le grave inconvénient d’occasionner sur un organisme infecté un grave traumatisme. 11 faut noter aussi que ces interventions sont le plus souvent pratiquées trop tardivement, mais il n’est pas moins à éviter qu’elles ne soient entreprises
moment
d’une façon précoce par rapport au début de l’infection, car à ce la gravité de l’intervention se trouverait hors de proportion avec une infection de gravité encore inconnue.
Quant aux ligatures et excisions veineuses, il suffit de se reporter à l’anatomie des veines du bassin au moment de la gestation, telles qu’elles ont été décrites et figurées par Farabeuf, pour se rendre compte de la difficulté de faire porter sur le système veineux une intervention utile.
Pour se faire une opinion sur la valeur des traitements chirurgicaux de l’infection, il ne faut pas s’adresser seulement aux statistiques, du reste peu encourageantes, mais à l’étude analytique des cas particuliers publiés. Il serait, en effet, difficile ii un seul observateur d’acquérir une expérience personnelle 'suffisamment étendue, à une époque où l’infection puerpérale grave n’est devenue très heureusement dans la pratique d’un seul, qu’un événement exceptionnel, les cas mortels se comptant, même dans le mouvement d’une grande maternité.