PASSAGE DES MICROBES IN UTERO
Pneumocoques.
J’ai eu occasion de 1889 à 1898, c’est-à-dire dans une période oii la question était encore à l’étude, de vérifier, en plusieurs circonstances, la question de la transmission microbienne de la mère au fœtus. Certaines constatations ont pu être faites par nous, dès 1889, sur un nouveau-né dont la mère était, lors de l’accouchement, atteinte pneumonie. L’enfant succomba huit jours après sa naissance. L’examen bactériologique fait avec M. Netter, nous permit de constater l’absence de pneumocoques dans les organes. Ce cas négatif confirmait la notion de la variabilité des transmissions microbiennes in utero. Variabilité, qu’on a, comme on le sait, essayé d’expliquer par la présence ou l’absence d’une lésion placentaire, suivant la conception de Malvoz.
Streptocoques.
Dans un cas de streptococcie, constatée chez la mère avant l’accouchement, nous avons pn, avec M. Widal, constater la présence du streptocoque dans les organes du fœtus. La femme mourut le quatrième jour des suites
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de couches. L’autopsie démontra une infection streptococcique généralisée. L’enfant, mort deux jours après sa naissance, présentait aussi une infection streptococcique; en particulier, au niveau du rein les capillaires sanguins étaient injectés de microbes, qui n’avaient entraîné aucune lésion cellu-
Ce fait présente un double intérêt :
1“ C’est un exemple d’infection à streptocoque.s, dont il est difficile de déterminer la porte d’entrée, étant donné que cette infection a été manifestement antérieure à l’accouchement, ainsi que semblent le prouver d’une part, les symptômes signalés aussi bien avant le travail, qu’immédialement après l’accouchement, et d’autre part la transmission de l’infeclion dans le sang du fœtus.
2° 11 est h noter que l’infection du fœtus n’a pas entraîné chez lui de lésions cellulaires, et qu’elle ne saurait être assimilée aux cas à infection venue du dehors, dans l’oiuf ouvert, au cours d’un travail prolongé, observés par MM. Legry et Dubrisay. Notre cas est un exemple de passage du streptocoque de la mère au fœtus, pouvant être rapproché des faits expérimentaux do M.M. Chambrelent et Sabrazès, et des observations cliniques de M. Auché sur des enfants nés de varioleuses.
Colibacille.
Enfin chez une femme ayant présenté des accidents d’infection appendiculaire, j’ai pu examiner le fœtus expulsé à la suite d’un avortement, et constater dans le sang du cordon la présence de colibacille.
Mais c’est surtout en ce qui concerne la transmission placentaire de la syphilis que nous avons pu en collaboration avec M. Levaditi faire des constatations nouvelles.
Syphilis placentaire.
Nous avons entrepris en 1905, en collaboration avec M. Levaditi, une série de recherches, en vue d’établir si on trouvait, dans le placenta, provenant de procréateurs atteints ou suspects d’infection syphilitique, le spirochète que venaient de découvrir Schaudinn et Hotfmann.
Pendant que nos recherches se poursuivai de 13 placentas, examinés, soit en frottis, soi signalé au niveau du placenta dans quelques et liubens Duval, Schaudinn).
Nous n’avons rencontré les spirochètes s une seule obser
ient, portant sur une série coupes, le spirochète était solés (Paaschen, Ménetrier
lu du placenta que dans
dans laquelle l'enfant mourut deux jours après sa naissance, présentant du pemphipalmaire et plantaire; sur la mère, on ne constatait aucune lésion syphilitique, ni présente, ni passée. Les renseignements sur le père étaient assez vagues.
Nous avons pu préciser la topographie de répartition du spirochète, dans le placenta fœtal et dans le placenta maternel.
Examen du placenta. — Le placenta macroscopique ne présente aucune particularité. 11 n’est pas augmenté de volume, son poids de 450 grammes ne présente rien d’excessif, par rapport à celui du nouveau-né, qui est de 2 300 gram-
Au point de vue histologique, on constate un certain épaississement des parois vasculaires, dans les vaisseaux appartenant aux ramifications intra-placentaires du cordon, et formant le tronc des villosités. On trouve en outre une accumulation de polynucléaires dégénérés, dans les espaces sanguins maternels.
Les spirochètes existent en assez grand nombre. On les trouve, tout d’abord, dans la paroi des gros vaisseaux épaissis, appartenant aux ramifications du cordon (fig. H). Us sont disposés d’une façon concentrique entre les libres conjonctives et musculaires de la paroi vasculaire. .En outre, on les rencontre, en plus grand nombre, dans les villosités (fig. 12). Dans ces
dernières, ils sont disposés, soit en plein tissu muquenx, soit au contact de la paroi des capillaires villeux. Un certain nombre d’entre eux se
Malgré nos recherches minutieuses, nous n’avons pas pu trouver de spirochètes dans le sang des espaces intervilleux. Tout ce qui précède concerne la partie foetale du placenta.
Dans la partie maternelle, sur les nombreuses coupes examinées, nous n’avons trouvé que de très rares spirochètes, disposés entre les grosses cellules de la caduque, notamment dans les piliers de cette caduque, qui pénètrent dans l’intérieur du placenta. Nous n’en avons rencontré en aucun point de la caduque qui forme la surface utérine du placenta.
En résumé, les spirochètes siègent en majorité dans les parties fœtales du placenta, ils affectent comme dans les organes du fœtus une disposition périvasculaire.
Quant aux spirochètes rencontrés dans la caduque, on peut se demander s’ils n’ont pas pénétré cette c.aduque ultérieurement, après la délivrance. Toutefois, les spirochètes villeux sont bien cantonnés dans la villosité, et nous n’en avons point rencontré faisant mine de s’en échapper.
Il est intéressant de noter l’infection spirillienne du fœtus et de son placenta, alors que la mère n’a jamais présenté de spécifité, et que l’état du père reste indéterminé.
En somme, ces constatations nous ont permis de figurer et de décrire la répartition des spirochètes dans le placenta fœtal et dans le placenta maternel.