LA TENSION DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN
La pression du liquide céphalo-rachidien mesurée avec l’appareil de H. Claude est comprise entre 10 et 25 cm d’etfu, dans la position couchée; seule la pression prise dans cette position a de la valeur ; elle peut être déterminée trèsapproximalivement par la mensuration de la tension artérielle diastolique rétinienne avec rophtalmodynamomètre de Bailliart. L’enregistrement graphique de ses variations provoquées est possible en reliant l’aiguille à ponction à un tambour de Marey.
Très influençable la pression rachidienne peut être modifiée transitoirement par un facteur mécanique (position de la tête, hauteur de la ponction, compression abdominale, modifications respiratoires), des facteurs physiologiques (froid, émotion, pression sur le plexus solaire, recherche du réflexe oculo-cardiaque, menstruation, digestion), des facteurs à la fois physiologiques et mécaniques tels l’épreuve de compression des jugulaires. Nous pensons en effet qu’en dehors de la libre communication des espaces sous-arachnoïdiens, la compression des veines du cou est également, en rapport avec l’excitabilité neuro-végétative ; certains malades florides ont des dénivellations énormes sous l’influence d’une pression légère ; d’autres cachectiques,
présentent avec des compressions fortes des dénivelé tions insignifiantes et cela malgré l’absence de cloisonnemen t vérifié à l’autopsie. Les agents pharmacodynamiques peuvent modifier la pression céphalo-rachidienne transitoirement par action vaso-motrice (nitrite d’amyle) ou d’une façon durable par action à la fois vaso-motrice et excitatrice ou inhibitrice, de la sécrétion (théobromine, pilocarpine, adrénaline, hypophyse). Les solutions hypertoniques et l’eau distillée en injection intraveineuse, modifient peu la pression du liquide; l’action est éphémère et de peu d’amplitude.
Il n’y a point de parallélisme entre la pression rachidienne et les pressions artérielle et veineuse, soit générale, soit locale (pression veineuse rétinienne); il y a une indépendance relative de toutes ces pressions ; toutefois une modification brusque de l’une retentit sur l’autre (la ponction lombaire abaisse la tension artérielle, une grosse saignée abaisse la pression céphalo-rachidienne, l’augmentation brutale de la pression veineuse encéphalique réalisée par la ligature d’un sinus élève la pression intracrânienne, etc.). Le rapport des tensions rétinienne et céphalorachidienne sera étudié plus loin (neuro oculistique). La soustraction du liquide céphalorachidien élève passagèrement la tension du globe oculaire ; chez certains sujets à pression rachidienne très basse, la pression du globe oculaire est également peu élevée..La chute brusque de la pression du liquide exerce une action frénatrice éphémère sur la diurèse ; cette action plus marquée dans les différentes formes de diabète (insipide et sucré) est sensible même chez
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les sujets normaux ; dans certaines affections la courbe de diurèse et la courbe de pression céphalo-rachidienne évoluent parallèlement.
La pression rachidienne est troublée au cours de nombreuses affections ; elle est habituellement élevée au cours des accidents sériques et est en rapport avec un processus méningé discret ; elle est également haute chez certains asystoliques et traduit la stase veineuse et l'œdème cérébral ; chez les mélancoliques elle est basse, malgré une pression veineuse élevée ; ce fait montre bien l’indépendance de la pression du liquide vis à-vis de la pression veineuse et montre qu'il faut tenir compte de factehrs sécrétoires ; chez les épileptiques, la pression rachidienne revêt une modalité spéciale, très souvent elle est instable et extériorise le déséquilibre vaso-moteur encéphalique.
De ces recherches sur la pression du liquide, deux faits principaux se dégagent: la pression rachidienne a une valeur constante ; elle fait partie des «constantes physiologiques d’un individu » ; la pression rachidienne a un appareil régulateur ; celui-ci nous semble être une dépendance du système neuro-végétatif.
GLYCORACHIE
La valeur de la glycorachie chez le sujet normal est loin d’avoir les limites étroites fixées par Mestrezat; des chiffres voisins de 1 gramme (méthode de Bertrand, Folin et Wu) ont été trouvés chez des sujets indemnes d’affections générales. Le dosage du sucre sanguin doit
être toujours fait parallèlement au dosage du sucre rachidien ; le coefficient hémo-méningé de Derrien n’a pas de valeur fixe, il esLtrès variable. Il est difficile dans ces conditions d’attacher une importance diagnostique au taux de la glycorachie (sauf dans les méningites aiguës).
Les modifications provoquées de la glycémie (insuline, adrénaline, injection intraveineuse de sucre) ne retentissent qu’assez tardivement sur la glycorachie , il semble que la glycorachie ne suit les variations de la glycémie qu’avec un décalage, comme si l’équilibre hémo-rachidien ne s’établissait qu’au fur et à mesure de la régénération du liquide.
Le complexe glycémie-glycorachie doit être interprété très soigneusement, car les conditions de l’équilibre hémo-rachidien sont plus complexes que ne l’indique la loi de Derrien ; cet équilibre s’établit au niveau des plexus choroïdes, mais les facteurs locaux (glycolyse, circulation) jouent un grand rôle dans la régulation du glucose rachidien.