PLEXUS CHOROÏDE ET PRODUCTION DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN
L’ensemble de nos recherches sur le liquide céphalorachidien nous conduit à faire jouer un rôle capital au plexus choroïde dans la production du liquide céphalorachidien ; nous avons pu constater que c’est presque uniquement au niveau des ventricules que se font les échanges de sucre entre le sang et le liquide céphalo-ra-
chidien ; la valeur fonctionnelle du plexus dans les échanges joue un rôle actif et des modifications semblables de la glycémie, ne produisent point toujours nécessairement les mêmes répercussions sur la glycorachie. En ce qui concerne le métabolisme de l’eau, cellules plexuelles et cellules rénales ont un fonctionnement parallèle, ceci est démontré par nos recherches sur l’action de la théobromine,de l’eau distillée en ingestion et en injection intraveineuse, et leparallélisme de la courbe urinaire et de la courbe de tension du liquide au cours de certaines affections (mélancolie). La production du liquide peut augmenter d’une façon considérable, sous des influences réflexes ou à la suite d’infections légères (méningite séreuse), celle-ci nous paraît être souvent la traduction d’une plexite.
L’HYPERTENSION INTRACRANIENNE
Il ne faut pas confondre hypertension intracrânienne vraie et syndrome subjectif d’hypertension; celui-ci peut existerons hypertension et est dû, soit à une compression par la tumeur, soit à des lésions inflammatoires ou toxiques à distance du foyer tumoral. L’hypertension ne fait pas nécessairement partie du tableau des tumeurs et chaque jour apporte de nouvelles observations où n’existent ni hypertension ni stase papillaire (méningiomes surtout). Avant d’écarter le diagnostic , d’hypertension il faut toujours pratiquer l’épreuve de Queckensteedt pour éliminer la possibilité de cloisonnements.
La méningite séreuse est une véritable entité clinique; diffuse ou circonscrite, elle peut présenter une évolution rémittente; son diagnostic avec les tumeurs cérébrales est délicat ; les coefficients d’Ayala et de Nunéz ont, une certaine valeur, mais ils ne se vérifient pas avec une constance suffisante pour apporter des éléments de diagnostic certains ; l’étude de la glycorachie apporte un appoint important ; dans les cas d’hypertension liés à une hypersécrétion, le taux du sucre rachidien est augmenté à la fois de valeur absolue et par rapport à la glycémie ; dans les tumeurs, la glycorachie est moins élevée et le rapport glycorachie-glycémie est peu troublé ; mais beaucoup plus importante que toutes ces nuances est l’évolution et la guérison définitive par la trépanation décompressive ou les ponctions lombaires répétées,qui permettent d’affirmer la méningite séreuse.
A côté de l’hypertension chirurgicale il faut faire une place à « l'hypertension médicale », hypertension souvent modérée et à tableau symptomatique peu bruyant; les méningites séreuses larvées, éphémères, sont fréquentes; elles réalisent le tableau de l’hypertension relative, simple élévation passagère de la pression du liquide céphalo-rachidien qui, sans atteindre des chiffres nettement pathologiques, se tient cependant à plusieurs centimètres au-dessus de la pression habituelle du sujet. Cette hypertension dont la symptomatologie est constituée par des céphalées, des vertiges,des bourdonnements d’oreille, de l’insomnie, de l’hypertension rétinienne, est sous la dépendance d’irritations réflexes, d’infections atténuées ou de traumatismes crâniens légers.
La thérapeutique des états d’hypertension par les solutions hypertoniques salées ou sucrées, est une thérapeutique incertaine; la chute de la pression du liquide céphalo-rachidien est toujours modérée et de peu de durée; toutefois, exceptionnellement, l’injection de solution glucosée a pu provoquer un abaissement considérable de la tension ventriculaire. L’hypotension aiguë retire plus de bénéfices des injections intraveineuses d’eau distillée, vraiment efficaces, à la suite des accidents de la rachicentèse et dans les fractures du crâne.