INTOXICATIONS
Une statistique portant sur 33 sujets atteints de maladie de Dupuytren en comporte 24 ayant travaillé le plomb ; parmi ces derniers plus de la moitié présentaient ou avaient présenté des stigmates nets de saturnisme ; les rétractions de l’aponévrose sont particulièrement fréquentes chez les sujets porteurs de paralysies radiales saturnines. Chez un seul malade peintre en bâtiment, exerçant encore sa profession lors de l’examen, il a été possible de mettre en évidence les hématies à granulations basophiles, symptomatiques d’une intoxication évolutive. L’apparition de la rétraction de l'aponévrose est tardive chez les saturnins, elle se fait parfois dans le mois suivant la cessation de travail du plomb. Parmi les pathogénies diverses proposées pour la maladie de Dupuytren (traumatisme, syringomyélie, épilepsie, paralysie générale) il faut retenir surtout la névrite du cubital, reconnue par Tinel et Laignel-Lavastine comme une cause fréquente de la rétraction. Il est possible que chez les salurnins, la maladie de Dupuytren soit en rapport avec une névrite toxique du cubital. Cette étiologie saturnine mérite d’être recherchée systématiquement, car elle soulève un problème médico-légal intéressant,
Au syndrome classique du véronalisme décrit par Tardieu il faut ajouter la polynévrite et les troubles trophiques. La polynévrite, apparue après absorption massive de véronâl, se caractérise par des troubles douloureux : fourmillements, brûlures, au niveau des extrémités (mains et pieds) ; la préhension est difficile, la démarche est mal assurée, titubante. Les réflexes achilléens sont très diminués des deux côtés ; la pression des troncs nerveux et des masses musculaires (mollet, éminence thénar et hypothénar) est douloureuse. Quelquefois, plus tard, apparaissent des plaques gangréneuses au niveau des orteils, plaques de gangrène sèche ; les douleurs redoublent. La régression du syndrome polynévritique et la disparition des plaques de gangrène se fait en six semaines environ. Chez le malade qui a fait l’objet de cette observation, diverses épreuves fonctionnelles, hépato-rénales, cardio-vasculaires, neuro végétatives, ont été répétées pendant plusieurs semaines. Elles ont montre que dans les intoxications le retour à l’état antérieur se fait très lentement, bien longtemps après que sont disparus les troubles somatiques et psychiques ; seules les épreuves fonctionnelles permettent d’affirmer la vraie guérison, la guérison humorale.
HÉPATISME ET FATIGUE
L’hépatisme (Glénard) s’accompagne souvent d’un sentiment de fatigue ; celle-ci est discontinue, se manifeste surtout le matin et dans les heures qui suivent les re-
pas ; c’est une sensation d’anéantissement, d’engourdissement, de courbature ; l’effort est impossible et le repos allongé est indispensable. L’état mental n’est pas touché, l’insomnie est fréquente ; on retrouve souvent dans les antécédents de ces malades des affections où le foie a été touché (paludisme notamment). Les investigations biologiques témoignent d’une déficience hépatique : oligurie, urobilinurie, épreuve du salicylate de soude positive, hypercholestérinémie ; parfois on trouve un subictère. L’épreuve thérapeutique est concluante, un traitement parles cholagogues.et l’opothérapie hépatique améliore considérablement les malades. Il est certain que l’insuffisance fonctionnelle du foie aurait intérêt à être recherchée dans la variété si riche du neuroarthritisme et dans les formes pures de la neurasthénie.