SYSTÈME NEURO-VÉGÉTATIF
L’importance sans cesse croissante que prend en pathologie le système neuro-végétatif fait multiplier les moyens d’investigation. Assez récemment, Marinesco a préconisé l’emploi de l’adrénaline en injection intraveineuse ; on utilise des dilutions au 1/400.000*, au 1/300.000 e et au 1/200.000* à la dose de 1 cm 3 . La tension artérielle est prise immédiatement avant l’injection et de 15 en 15 secondes dans les minutes suivant I’injection. Cette épreuve d’une innocuité absolue donne des renseignements intéressants ; on observe une élévation de la tension artérielle maxima qui peut aller de
1 à 8 ; l’importance de l’hypertension ne présente pas grand intérêt dans la discrimination des états dits sympathicotoniques ou vagotoniques ; beaucoup plus importante est la durée de la réaction ; chez les vagotoniques elle est lente, prolongée, durant trois ou quatre minutes, chez les sympathicotoniques elle est rapide, brusque, évoluant en 60 à 120 secondes.
La réaction pupillaire à l’adrénaline locale permet dans une certaine mesure de contrôler l’état d’équilibre vago sympathique ; par exemple dans les états de sympathicotonie habituelle ou passagère (Basedovv, émotion) on note une réaction mydriatique nette. ; il en est de même chez de grands diabétiques hypovagotoniques ; inversement dans l’hypervagotonit on obtient un myosis assez discret. Mais les réactions ne sont pas toujours aussi systématiques, on trouve parfois des réactions paradoxales, contraires de celles que l’examen du système végétatif par le réflexe oculo-cardiaque et le réflexe solaire.faisait prévoir. Cette discordance peut s’expliquer par des troubles d’innervation (tabétiques, syphilitiques cérébraux), mais le plus souvent on se trouve en présence de réactions particulières aux appareils locaux, muscles et terminaisons nerveuses sur lesquelles a porté l’excitation. Une démonstration expérimentale de cette excitabilité locale est donnée par la section du sympathique cervical; dans ces conditions, malgré la suppression des fibres dilatatrices, la pupille sous l’action de l’adrénaline locale présente une mydriase maxima.
GLYCÉMIE
L’importance de l’hyperglycémie adrénalinique semble être en rapport avec l’état du système neuro-végétatif du sujet ; chez les malades présentant des réactions générales très modérées après injection d’adrénaline la glycémie augmente peu, parfois même comme chez les mélancoliques qui supportent admirablement l’adrénaline, la glycémie ne varie pas; au contraire lorsque les effets de l’adrénaline sont marqués,se traduisant par des tremblements, des réactions vaso-motrices vives, de l’accélération du pouls, de l’élévation de la tension artérielle, l’hyperglycémie est très importante. L’hyperglycémie adrénalinique semble bien appartenir au cortège symptomatique de l’hyperexcitabilité orthosympathique dont le réflexe solaire est le meilleur témoin.
D’une façon générale, la glycémie est sensiblement normale dans les maladies mentales ; toutefois, sa recherche systématique réserve quelques surprises. Au cours de l’épilepsie, contrairement à certaines affirmations récentes, le taux de la glycémie se rapproche sensiblement de la normale. Chez deux malades on a constaté une hypoglycémie passagère, mais durant cependant plusieurs jours ; les taux du sucre sanguin, dosés par la méthode de Folin et Wu étaient inférieurs à 0,75. Dans un cas, il s’agissait d’une malade atteinte de démence précoce, fatiguée, et présentant des signes d’insuffisance hépatique. L’hypogtycémie ("entre 0,55 et 0,75) fut constatée par hasard, elle ne se traduisait par
aucun signe clinique, elle disparut en trois semaines en même temps que les signes d’insuffisance hépatique. L’autre observation présente plus d’intérêt : à la suite d’un épisode grippal, s’installe un état de fatigue persistant, de dépression avec malaise grave, les repas améliorent transitoirement cet état ; l’examen révèle une hypoglycémie à 0,61 à jeun et des signes frustres d’insuffisance surrénale. L’ingestion ou l’injection de glucose tranformeen quelques minutes l’état du malade ; l’insuline abaisse la glycémie mais n’aggrave pas les troubles ; l’extrait surrénal dans le cas observé est la médication héroïque, en injection il élève considérablement la glycémie, fait disparaître la fatigue et cela d’une façon assez durable. La guérison ne fut obtenue que par un traitement mixte : absorption d’hydrates de carbone et opothérapie surrénale. En quelques semaines, la glycémie revint à son taux normal et les signes d’insuffisance surrénale disparurent. Cette observation particulièrement démonstrative met bien en évidence le rôle des glandes surrénales dans le mécanisme de la glycorégulation.