LA PILOCARPINE DANS LES RÉTENTIONS D’URINE
André Cain et Oury ont attiré l’attention sur l’intérêt que présente la pilocarpine. pour favoriser l’évacuation urinaire chez les rétentionnistes au cours de certaines maladies nerveuses. Expérimentée sur une vaste échelle cette médication s’est montrée très efficace dans les rétentions des paralytiques généraux, des épileptiques, des tabétiques, des hémiplégiques, des confus, des déments précoces et chez certains intoxiqués, par le gardénal, notamment. Les plus beaux résultats ont été obtenus chez les paralytiques généraux et à plusieurs de ces malades un sondage journalier a pu être évité. Même dans les rétentions d’origine mécanique ou inflammatoire où existe unfacteur réflexe surajouté, la pilocarpine est susceptible d’amorcer une miction, très incomplète il est vrai, ainsi chez des prostatiques en rétention aiguë. Certaines constipations rencontrées en pratique psychiatrique, bénéficient également de l’emploi de la pilocarpine; des succcès au moins passagers, ont été obtenus chez des hébéphréniques, qui parmi d'autres manifestations du négativisme, refusaient d’aller à la sellependant plusieurs jours.
Le chlorhydrate de pilocarpine doit être administré
par voie sous-cutanée, à la dose d’un centigramme ; ce n’est que très exceptionnellement qu’il est nécessaire de recourir à des doses de 15 à 20 milligrammes ; parfois même, un demi centigramme est suffisant; l’injection peut être répétée plusieurs jours de suite, sans qu’il soit nécessaire d’augmenter les doses. La miction et la défécation se produisent 10 à 15 minutes après l’injection.
Aucun incident sérieux ne suit l’injection de piloearpine ; le seul fait vraiment gênant chez certains individus est une sudation abondante jointe à de la salivation. La tension artérielle est à peine influencée. Quelques malades accusent, dans l’heure qui suit l’injection, de la céphalée ; celle-ci nous parait être sous l’influence d’une hypotension rachidienne qu’expérimentalement nous avons toujours rencontrée chez le chien à la suite de l’injection de pilocarpine.
Le mode d’action de la pilocarpine reste à élucider ; l’état neuro végétatif du sujet ne semble pas entrer en ligne de compte ; la pilocarpine a produit les mêmes effets, qu’il s’agisse de sujets a système vague et sympathique hyperexcitable ou de sujets à appareil vagosympathique bouclé, inexcitable.