I. - PATHOLOGIE GÉNÉRALE
lo TRAVAUX ORIGINAUX Gangrène phéniquée (6).
Bans ce travail, nous avons rapporté Tobservation d’une jeune malade qui s’était fait un pansement avec une solution mère d’acide pbénique pendant toute une nuit, et qui eut, à la suite, une gangrène du
à la suite de son emploi. Depuis cette époque, des recbercbes importantes ont été faites sur la même question.
Au point de vue clinique, la gangrène pbéniquée survient à peu près toujours dans des circonstances identiques et elle offre constamment le type d’une gangrène sèebe. Sur une lésion, sur une plaie’insignifiante d’une phalange, d’un doigt ou d’un orteil, quelquefois à la suite d’une contusion simple, la partie blessée est plongée dans une solution forte d’acide phénique déliquescent, ou dans une solution aqueuse plus ou moins étendue ; le plus souvent, le malade ajoute à
‘pathogémque, différentes hypothèses la gangrène phéniquée. Ponr certaii lévroee particniière, remarquable sir robe. Cette hypothèse est d’autant pli
face postérieure du cubitus, la palpation faisait reconnaître l’existence d’une tuméfaction allongée, collée contre Vos, immobile, et présentant tous les caractères d’une périostite. La radiographie montrait ]e squelette absolument normal. La malade avait un bon état général ;
En présence de ces symptômes on fit le diagnostic de tuberculose des gaines de l’avant-bras et de périostite tuberculeuse du cubitus.
L’opération montra que, du côté radial, la tumeur avait perforé l’aponévrose ; le tissu cellulaire était infiltré de granulations miliaires. Audessous de l’aponévrose, les lésions étaient encore plus marquées. Les muscles de la région étaient remplis de petits grains blanchâtres, nacrés, durs, un peu plus gros que des granulations miliaires ordinaires, sur-
TUBERCt
trouva quelques bacilles de Kocb. Il s’agissait donc d’une tuberculose musculaire à type granulique incontestable.
Dans sa thèse récente, faite à notre instigation, le docteur Auzolle, après avoir relaté en détail nos deux observations, a montré qu’au point de vue anatomique la distinction classique des lésions tuberculeuses musculaires en mono et polymyosite n’a qu’un intérêt bien secondaire. Que la lésion frappe un ou plusieurs muscles, que le foyer soit isolé ou multiple, la lésion initiale de la bacillose est toujours la même, et c’est sur les caractères ultérieurs de son évolution qu’il s’est basé pour donner une classification rationnelle des formes anatomiques de la tuber-
On sait que lorsque le bacille de Koch envahit le tissu musculaire, il suit les cloisons intermusculaires ou interfasciculaires qui séparent deux muscles ou deux faisceaux de muscles voisins ; il pénètre avec les capillaires du muscle dans les interstices de premier et de second ordre,
se produit au point d’inoculation : les cellides conjonctives, les cellules lymphatiques, les cellules musculaires même, pour certains auteurs, réagissent, et le tout aboutit à la formation du tubercule, avec ses éléments caractéristiques : petites cellules rondes, cellules épithélioïdes et cellules géantes. Le tubercule ainsi constitué évolue ensuite, soit vers l’enkystement, soit vers la caséification et la formation d’un abcès froid. Quoi qu’il en soit, dans tous ces cas, on est en présence d’une lésion à caractère vraiment spécifique, comme en témoignent à la fois, l’existence dans le pus ou sur les coupes de bacilles de Koch, bien individualisés, et la mise en évidence au microscope de follicules tuberculeux ou de cellules géantes. L’évolution ultérieure des lésions permet
Une forme granulique.
Une forme nodulaire.
Une forme d’abcès froid musculaire.
La cirrhose musculaire tuberculeuse.
Dans d’autres circonstances7 l’infection, moins massive, ou survenant chez des sujets plus résistants, n’arrive pas jusqu’à la production du tubercule. Elle aboutit seulement à la formation d’une forme inflammatoire, bien décrite par Durante, et rappelant en tous points les descriptions données par M. le professeur Poneet et ses élèves. Cette myosite inflammatoire peut, à son tour, laisser après elle, une sclérose tuberculeuse de guérison sans lésions spécifiques.