SCÈNE VI
BLUTEAU, POIBET.
POIRET, heurté par Bluteau qui courait après Marguerite.
Oh!
BLUTEAU
Est-ce que je vous ai fait mal?
POIRET
Tu m’as poussé d'une force.
BLUTEAU
Je n'en mourrai pas, allons! allons! je n'en mourrai pas.
POIRET
De quoi? du coup que j'ai reçu?
Donnez-moi la main, M. Poirel!
rOIRET.
Quelle idée! (Il la lui donne; Bluteau la lu! serre.) Aïe! aïe! aïe! mais vous m’écrasez les doigts. Bluteau !
BLUTEAU
Allons ! la poigne est encore bonne, j’en serai quille pour la peur; merci , M. Poirel!
(Il veut partir.)
POIRET, le relcnauL
J'étais venu pour autre chose : j'avais à vous dire que M. le Baron et M"' la Baronne vous demandent.
BLUTEAU
Encore !
POIRET
Le Baron , après avoir examiné vos papiers qu'on lui a apportés de la mairie , a dit : Je ne in'étais pas trompé, c'est bien lui! j’en tiens un...
BLUTEAU
Un quoi ?
POIRET
Et madame la Baronne a répondu : que que lu feras de ça?
Do ça? je trouve son ça un peu..,
POIRET
Ab! c'est qu’elle emploie de singuliers mots, pour une baronne ; elle a plutôt l'air d’un grenadier que son mari, qui, pourtant, est un ancien brave , à ce qu’il dit.
nLUTEAU.
Le petit? il n'en a pas l'air, en voilà un qui n'en a pas l'air.
POIRET
Qu'il aille se vêtir , a ajouté M. le Baron.
BLUTEAU
Allons ! lion ! me vêtir, à présent ! mais je ne le suis donc pas, vêti ? comment donc qu'y veut que je me vette?
POIRET
Il parait qu’il y a pour vous d'auU'CS habits au château.
BLUTEAU
Ah bah! ils veulent me fournir d’habits...
dites donc, s'ils allaient me les retenir sur mes gages?
POIRET
Allez vous habiller, et revenez vite; c’est ici que vous devez attendre M. le Baron , qui fait un tour de parc,
BLUTEAU
J’y voie... d'ailleurs, après la mort subite que je viens de friser , je ne serai pas fâché de me fouetter le sang et de dilater mes nerfs.
(U sort.)
POIRET
Dépêchez-vous! voilà M** la Baronne et M. le Baron entourés de leurs vassaux.