Togo et Cameroun
Dans un précédent article (1), nous avons exposé le développement de la colonisation allemande et les progrès réalisés dans chacune des possessions allemandes d'Afrique, parmi lesquelles deux nous intéressent directement : le Togo et le Cameroun. Dès le commencement de la guerre actuelle, ces colonies ont été envahies par les troupes alliées. Le Togo, tout entier, fut rapidement conquis; son territoire a été divisé, provisoirement, en deux moitiés, administrées, l'une par les Anglais, l'autre, par nous. Au Cameroun, nos troupes ont repris tout ce que les Allemands nous avaient arraché, en 1911. Français, venus du Congo et du Tchad, et Anglais, venus de la Nigeria, ont occupé Bouea, Douala, Edea, Lomie, Garoua, Ngaoundere, Yaounde, Ebolova, AkonoJinga. Le Cameroun a, désormais, cessé de faire partie du domaine colonial allemand. Après la victoire définitive, le moment viendra où les diplomates auront à décider du sort de ces colonies, et à procéder à des partages ; ils devront, sans
(i) Afrique française, Rens. Col., janvier-février 191o, p. 3.
doute, tenir compte, alors, des droits acquis, des convenances nationales, et, aussi, de la valeur des territoires h partager. Actuellement, donc, il importe, semble-t-il, de connaître, non plus seulement le bilan économique de l'une et de l'autre de ces colonies, considérée dans son ensemble, mais bien l'individualité physique et les ressources propres de chacune des grandes régions naturelles qui la composent. En faisant cette description géographique, l'occasion se présente, naturellement, de marquer les étapes de la formation territoriale. Rappeler cette histoire du Togo et du Cameroun, dont l'expansion fut combattue par nous, c'est, en même temps, remémorer les fécondes initiatives prises par le Comité de V Afrique française, c'est relater certaines conquêtes de nos explorateurs, conquêtes dont le prix nous fut, plus d'une fois, refusé par la diplomatie (sans parler des biens légitimement acquis et possédés, dont elle nous dépouilla), mais dont la valeur est, aujourd'hui, contresignée par le sang de nos combattants.