STATISTIQUE
TOGO
Superficie: 87.200 kilomètres carrés. Longueur du Sud au Nord, environ 525 kilomètres; largeur maxima, de rOuest à l'Est : 220 kilomètres.
Population : 1.300.000 habitants, environ.
Divisions administratives:! districts : Lomé, Anecho, Misahôhe, Atakpame, Kete, Sokode et Sansanne-Mangou.
Voies ferrées, Les 3 chemins de fer (Lome-Palime, 122 kil.; Lome-Atakpame, 175 kil.; et Lome-Anecho, 44 kil.), avec le wharf de Lomé, ont produit, en 1912, une recette nette de 552.236 marks, 133.559 de plus que l'année précédente, ce qui, pour un capital d'établissement de 20.794.000 m., donnait un intérêt de 2,66 0/0.
Etat économique. Confirmant l'appréciation donnée par M. Hupfeld, directeur de plusieurs sociétés coloniales, le capitaine Braitwaite Wallis, consul général d'Angleterre, à Dakar, dans son rapport sur le Togo, en 1913, estime que cette colonie n'est pas très riche, malgré les efforts tentés par le gouvernement allemand, pour en développer les ressources. Ce gouvernement a dépensé, en effet, pour l'agriculture, en 1913 : 220.000 m., dont 80.000, pour l'entretien des stations agricoles.
Les produits les plus importants sont ceux que fournit le palmier à huile. Les chiffres de l'exportation croissent pendant les périodes pluvieuses, et décroissent pendant les périodes de sécheresse. Le sommet de la courbe fut atteint, en 191 1 , après une série de bonnes années. Le Togo exporta, alors, 13.200 tonnes d'amandes, et 4.000 t. d'huile. Mais l'année 1911 marqua le début d'une période sèche, dont l'effet se traduisit ensuite, par un recul dans la production. L'exportation des noix de palme, évaluée pour 1912 à
11.639 t., est tombée en 1913 à 7.139 t. De même, les exportations d'huile descendirent de 3.337 t. à 1.173. Le cocotier, planté dans la région des dunes du littoral, est également très sensible à la sécheresse. L'année 1911 fut, pour le copra, comme pour l'huile de palme, l'année la meilleure (190 t.).
Le caoutchouc vient au troisième rang des exportations, pour sa valeur moyenne (environ 1 million de m.). La quantité exportée a sensiblement diminué, en 1913 (90 t. 8, au lieu de 165 t. en 1912).
La première expédition de coton eut lieu en 1902, avec 14 tonnes et demie. Les chiffres montèrent à 470,44 en 1910, 517,47 en 1911, et 550,69 en 1912. L'année 1913 accusa une baisse dans le poids (503,31). Cependant, cette année-là, le coton fut de qualité supérieure et se vendit plus cher. La valeur dépassa, en effet, 580.000 marks (514.400, en 1912). « Le gouvernement s'est beaucoup occupé du coton, dit le capitaine Wallis, et les résultats ont été satisfaisants, dans l'ensemble, quoiqu'ils n'aient pas répondu à l'attente. Dans les régions à huile et à noix de palme, les indigènes ne se mettent pas facilement à la culture du coton, ce qui se conçoit, étant donné que l'huile et la noix de palme donnent de meilleurs prix, avec moins d'efforts. Dans les districts de Lomé, Anecho, Atakpame, le coton rend très bien, mais il y a beaucoup de place pour son développement, et son amélioration On a augmenté le personnel indigène, pour le coton, et il a reçu une instruction pratique des fonctionnaires européens qui sont au nombre de quatre à six. »
La baisse s'est manifestée aussi, en 1913, dans le commerce du bétail (exportations en 1911 : 4.200 têtes de gros bétail, valant 311.000 marks, et 12.200 têtes de petit bétail, valant 103.000 marks).
Les exportations qui progressèrent en 1913, furent celles du maïs et du cacao. La culture du maïs prit, subitement, en 1905, une extension considérable, les indigènes ayant voulu, sans doute, se créer une nouvelle source de bénéfices, quand le rendement des palmiers à huile déclinait. La production du maïs atteignit jusqu'à 30.000 tonnes, en 1908. Mais elle s'abaissa ensuite, rapidement (1.365 tonnes en 1912), pour s'élever en 1913, à 3.583 tonnes. ■
Les expéditions du cacao, commencées en 1903, pesaient en 1910, 137 tonnes; en 1911 ; 231 tonnes; et en 1912,
283 tonnes. Celles-ci provenaient des indigènes, dans la proportion de 86 0/0, et, pour le reste, des plantations de î'Agou. En 1913, l'exportation de cacao s'est chiffrée par 335 tonnes, représentant une valeur de 324.800 marks.
Le sisal, provenant de la plantation de Kpeme, a figuré, pour la première fois, dans les exportations, en 191 1.
Les exportations totales du Togo valaient, en 1897 : 800.000 marks; en 1902 : 3.600.000 m.; en 1907 : 4millions 600.000 m.; en 1912 : 8.000.000 de marks; et, en 1913 : 5.800.000 m. Sur les évaluations de 1912, 74,5 0/0 étaient fournis par les produits de la cueillette; 24,2 0/0 par les produits de l'agriculture indigène, et 1,3 0/0 seulement par les produits de l'agriculture européenne. Les plantations européennes couvraient 1.343 hectares (cocotiers : 629; chanvre sisal : 263 ; cacao : 183; caoutchouc : 174; bananiers : 96 ; palmiers à huile : 58), et occupaient 840 travailleurs indigènes.
Pour les importations, comme pour les exportations, l'année 1913 n'a pas été prospère, la faculté d'achat des indigènes ayant été réduite par les mauvaises récoltes (4 mil lions 800.000 marks au lieu de 10.400.000 en 1912). Lesimportations les plus notables furent les tissus de coton (2.210.000 marks au lieu de 2.675.000 marks), les fers (998.000 marks), les spiritueux (629.000 marks). L'importation des spiritueux avait atteint, en 1904 : 1.740.000 marks, représentant 25,23 0/0 de l'importation totale.
Commerce total : 9.700.000 marks en 1902; 10 millions 400.000 marks en 1907 ; 18.400.000 marks en 1912, et 10.600.000 en 1913.
Situation financière. — Les recettes douanières ont produit, en 1913-1914, une somme de 1.621.986 marks (1 million 861.296 en 1912-1913). Pendant le premier trimestre de 1914, le montant fut : 362.712 marks (Lomé : 311.275; Ho : 7.402 ; Kpandou : 6.934 ; Noepe : 4.795, etc.). La moitié, environ, des recettes douanières était fournie par les taxes sur les spiritueux. Tandis que le revenu des douanes était, par suite de la crise du caoutchouc, inférieur aux prévisions budgétaires, le produit des impôts (774.500 marks) fut, en 1913, supérieur aux évaluations. Dans les districts de Lomé et de Anecho, l'impôt, payable en argent, était dû par tous les indigènes mâles, aptes au travail. Ceux-ci étaient répartis en classes, d'après leur revenu. La première comprenait les contribuables ayant un revenu annuel
de 3 10 marks; ils avaient à payer une capitationde 6 marks. La taxe s'élevait à 9, 16, 28, 40, 52, 68, 86, 106 marks, etc., pour chacune des classes suivantes, correspondant à une augmentation de revenu de 300 marks. Dans les autres districts, les contribuables avaient à fournir \2 jours de travail, corvée rachetable en argent. Dans le Nord, où la vie économique est encore peu développée et où les indigènes possèdent peu de numéraire, ils préféraient s'acquitter par le travail.
Dans le budget de 1914, recettes et dépenses s'équilibraient à 4.171.341 marks. Les recettes prévues devaient permettre de payer la somme de 790.000 marks, représentant les intérêts du capital de 7.331,000 marks (réduit à 7.042.000 marks), avancé par l'Etat à la colonie pour la construction de la ligne de Lomé à Palime. Le Togo était la seule colonie allemande d'Afrique qui ne recevait de l'Etat aucune subvention.
CAMEROUN
Superficie : 495.000 kilomètres carrés. Avec le « Nouveau Cameroun » : 790.000.
Divisions administratives et population de l'Ancien Cameroun, 10 districts : Rio del Rey, Ossidinge, Johann Albrechtshôhe, Victoria, Bouea, Douala, Yabassi, Edea, Yaounde, Kribi. — 6 stations militaires : Ebolova, Lomie, Doume, Dschang, Bamenda, Banyo. — 3 résidences : Mora (pays du Tchad), Garoua et Ngaoundere (Adamaoua).
Les statistiques officielles évaluaient, en 1908, le nombre des indigènes à 1.300.000; mais, selon M. Passarge, il devait s'élever à 2.700.000, au moins, Parmi les circonscriptions, où un recensement avait eu lieu, les plus peuplés étaient : Yaounde : 228.000 habitants; Ebolova : 180.000; Lomie : 60.000; Johann Albrechtshôhe : 60.000; Douala : 52.000 ;Campo : 40.000; Yoko : 36.000 , Dschang : 36.000; Kribi : 34.000; Doume : 30.000.
Chemins de fer. — La « colonie négligée », comme M. E. Zimmermann qualifiait, en 1913, le Cameroun, est effectivement très arriérée, quant aux voies ferrées, puisque
son réseau n'atteint pas même la 'longueur des rails dû petit Togo. La Nordbahn conduit de Bonaberi, en face de Douala, à Nkongsamba, au pied des monts Manengoubà (160 kilomètres). L'exploitation de cette ligne a produit; en 1913, une recette de 950.700 marks (633.558, en 1912). Les dépenses d'exploitation montaient à 517.170 marks. La Mittellandbahn est destinée à relier à Douala le cours navigable du Nyong. Elle devait être exécutée en 5 ans, de 1908 à 1913. Au 1er janvier de cette dernière année, elle était ouverte à la circulation jusqu'à Edea. Au mois d'octobre 1913, la locomotive arriva au kilomètre 130, et en décembre, fut terminée la section de co point à la station de Bidjoka (environ 150 km. de Douala). Une convention fut conclue, au début de 1914, par le gouvernement avec la Compagnie des chemins de fer coloniaux allemands, pour la construction de la section s'étendant de Bidjoka au Nyong (133 kilomètres). La dépense était évaluée à 26.250.000 m. Les travaux devaient être achevés à la fin de juillet 1916. L'exploitation de la Mittellandbahn a rapporté, en 1913 : 237.118 marks (voyageurs : 79.420 marks ; tonnes transportées : 10.160).
Etat économique. — Le ministre des colonies Soif rapporta de son voyage au Cameroun l'impression que cette colonie était appelée à devenir une des plus riches possessions allemandes d'outre-mer. Elle lui paraissait devoir égaler, et même surpasser un jour, la Nigeria, car le Cameroun a, sur ce dernier pays, disait-il, l'avantage de posséder une riche zone forestière.
Dans l'exploitation des richesses naturelles du Cameroun la place prépondérante a été occupée, jusqu'ici, par lé caoutchouc sauvage. Sur les 23.300.000 marks, exprimant la valeur des exportations en 1912, 11 millions et demi de marks, c'est-à-dire, sensiblement, la moitié, formaient l'apport du caoutchouc. De là venait la prééminence économique exercée par le Sud, et la primauté du port de Kribi, comme débouché de la colonie. Ce caoutchouc provient essentiellement des lianes du Kickxia élastica. L'administration avait pris, à la fin, des mesures pour obliger les indigènes à apporter plus de soin à la récolte, et pour empêcher les fraudes. Ce n'est que par la qualité seule que le caoutchouc du Cameroun peut rivaliser avec celui de Malaisie. La crise du caoutchouc a naturellement porté au commerce du Cameroun un grave préjudice; elle avait du
moins ouvert les yeux des colons sur la nécessité d'étendre à d'autres productions leur activité. Le palmier à l'huile est la richesse d'avenir du Cameroun. L'exportation des amandes et de l'huile valait 4.180.000 marks, en 1907, 6 millions et demi de marks, en 1912. Elle est susceptible de croître considérablement, si l'on adopte les procédés de culture rationnelle et l'emploi des machines. En troisième lieu vient le cacao (4.500 tonnes, valant 4.240.000 marks). Le cacao du Cameroun est estimé beaucoup plus en Angleterre, paraît-il, qu'en Allemagne; aussi les producteurs souhaitaient-ils que l'importation en Allemagne fût favorisée par un abaissement des droits de douane. Après le cacao, on trouve les bois (700.000 marks), et le tabac. En somme, en 1912, les produits de la cueillette ont donné 18.650.000 marks, soit 80,6 0/0 de la valeur des exportations. Les produits de l'agriculture et de l'élevage indigènes ne comptaient que pour 2,2 0/0, tandis que^ceux de l'agriculture européenne atteignaient la proportion de 17,8 0/0. Les plantations européennes s'étendent sur 28.200 hectares et occupent 17.800 indigènes. On y cultive le cacao (13.160 hectares), le caoutchouc (7.400), le palmier à l'huile (5.000), etc. L'administration s'est efforcée de propager parmi les indigènes la culture du cacao; à cet effet, a été créée une inspection spéciale, qui exerce son action sur trois districts, principalement jle district de Yabassi. Une station d'essai pour le coton a été fondée à Garoua, une station d'élevage à Dschang. Mais le grand obstacle au développement de l'agriculture est la pénurie de la maind'œuvre. La situation est telle qu'on a songé à faire venir des coolies de l'Inde.
Les importations, en 1912, eurent une valeur de 34.241. 582 marks. La part de l'Allemagne était de27. 200. 000. En 1913, le chiffre des importations a peu varié, mais celui des exportations a augmenté de près de 6.000 marks (29.151.855 au lieu de 23.336.242). La valeur du commerce total, en 1913, fut 63.768.606 marks. Les statistiques du commerce, relativement aux deux derniers trimestres de 1913, donnent les chiffres suivants, pour les principaux articles. Importations : cotonnades, 1.900.000 marks; vêtements de coton, 1.374. 730 marks; objets en fer, 1.430.000 marks. Exportations: caoutchouc, 5.364.151 marks; cacao, 4.120.769 marks; amandes de palme, 3.448.670' marks; huile de palme, 980.000 marks.
On comptait au Cameroun, en 1913, 39 sociétés coloniales possédant un capital de 95.980.000 marks. Des deux grandes Compagnies concessionnaires créées en 1899, l'une, la Compagnie du Nord-Ouest est en déficit de 2 millions et demi de marks et a vu sa concession révoquée en 1910, pour non exécution de ses engagements; l'autre, la Compagnie du Sud, a renoncé, comme on sait, à ses privilèges fonciers sur les 5/6 de son domaine, mais pour obtenir un droit entier de propriété sur 1 million d'hectares.
Situation financière. — Tandis que, entre 1902 et 1912, la valeur des exportations augmentait de 16.700.000 marks, dans la même période les revenus se sont accrus de 6.900.000 marks, et les dépenses de 4 millions et demi environ. L'impôt de capitation sur les indigènes a été porté, en principe, de 6 à 10 marks et même 18 marks. Les impôts ont produit, en 1912 : 3.180.000 marks; et en 1913 : 4 millions et demi de marks; les douanes : 5 .240.000 marks, et 6 millions de marks. En 1906 et 1907, furent établies des taxes douanières sur l'exportation du caoutchouc et de l'ivoire; elles fournirent, en 1907, 19 0/0, et en 1911, 24 0/0 de toutes les recettes de douane. Le droit de 40 pfennigs le kilogramme sur le caoutchouc a paru très oppressif, quand commença la crise. Celle-ci a entraîné, pour le fisc, une perte de 1 million de marks. A considérer la faible importance des ventes d'ivoire, le peu d'espoir que l'on pouvait avoir dans l'accroissement de production du caoutchouc sauvage, et à considérer le développement des plantations, dont les produits sont exempts de droits, on s'attendait à voir, à l'avenir, baisser les revenus des douanes à l'exportation, même si les taxes sur le caoutchouc n'étaient ni supprimées, ni diminuées. Mais, par contre, l'administration escomptait les plus-values résultant de l'élévation des droits sur l'importation et la contribution fournie par le « Nouveau Cameroun ». Dans le budget de 1914, les dépenses prévues figuraient pour 15 millions de marks, en chiffres ronds, les recettes pour 14 millions, en augmentation de 4 millions sur l'année précédente. La subvention de l'Etat montait à 3.166.318 marks. La dette de la colonie atteignait 49.323.000 marks. Le budget du Cameroun arrivait au chiffre de 15.230.000 marks.