‹ Tolstoï intimeChapitre 15 sur 44 · JE NE VEUX PAS QU ON TOUCHE · texte numérisé non relu

JE NE VEUX PAS QU ON TOUCHE

lasnaïa-Poliana et s'était entretenu longuement avec lui. De nouveau, les détracteurs de Tolstoï parlèrent de le faire entrer dans un couvent oii il lui serait défendu d'écrire.

C'est à cette époque que le comte adressa la lettre suivante à un de ses amis :

(( Le bruit a couru que je venais d'être arrêté. Malheureusement pour moi, heureusement pour mes ennemis, rien de pareil ne m'est arrivé. Je vois qu'on emprisonne mes disciples, qu'on multiplie les vexations dont mes amis sont les innocentes victimes, mais, hélas! moi, on me laisse tranquille! Cependant, c'est moi seul qui suis « dangereux » pour les autorités. Evidemment, elles ne me croient pas digne d^être persécuté. J'en suis honteux. Ah! si l'on consentait à m'emprisonner, moi aussi ! Que j'aurais été heureux de souffrir à mon tour ! . . . »

Une semaine plus tard, un haut dignitaire de la cour écrivit à Tolstoï que le conseil des

ministres s'était occupé de lui dans une de ses dernières séances. Le conseil avait résolu de l'exiler dans un gouvernement éloigné. Mais lorsque cette décision fut soumise à l'approbation du tzar Alexandre III, celui-ci refusa de la signer.

— J'ai lu l'article de Tolstoï, avait déclaré l'empereur. Il est dune violence inouïe. Les accusations qu il porte sont terribles. Néanmoins, je ne veux pas qu'on louche à Tolstoï.

Il paraîtrait que cette parole ne fut jîas oubliée par le fils d'Alexandre III, le tsar Nicolas qui l'aurait rappelée chaque fois qu'un ministre lui demanda d'autoriser des poursuites contre Tolstoï.

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