‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 2)Chapitre 100 sur 163 · LIVRE \I. 25 r · texte numérisé non relu

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les auteurs de ce désordre se retournent et s'agitent dans leurs lits, ne goûtant qu'un léger sommeil sans cesse interrompu, comme si le duv€t même était trop dur pour qu'ils pussent jouir du repos.

Pour me servir d'une phrase plus simple, l'horloge n'eut pas plus tôt frappé sept heures, que les datiies furent prêtes à se mettre eu route; suivant leur désir, le lord irlandais les attendait avec son équipage.

Il s'éleva alors une petite difficulté; c'était desavoir comment le lord lui-même ferait la route. Quoique dans les voitures publiques où les voyageurs sont tout simplement considé rés comme autant de paquets, l'ingénieux cocher ait le talent d'en faire tenir une demi-douzaine parfaitement à l'aise , bien qu'il n'y ait réellement place que pour quatre; quoiqu'il ait calculé que la grasse aubergiste ou l'aiderman bien nourri ne doivent pas tenir plus de place que la mince miss ou le frêle petit garçon, cependant, dans ces sortes de voitures, que par distinction ou appelle carrosses de maîtres, cette méthode d'empaqueter les gens

aSa TOM JONES,

n'est jamais mise en usage, quoiqu'elles soient

souvent beaucoup plus larges que les autres.

Mylord espéra terminer sur-le-champ cette difficulté, en faisant la proposition extrêmement galante de mouter à cheval; mais mistress Fitzpatrick n'y voulut pas absolument consentir. Il fut donc arrêté que les deux Abigails se relaieraient chacune à leur tour sur l'un des chevaux de mylord, qui fut en conséquence équipé avec une selle de femme.

Tout étant réglé à l'auberge , les dames renvoyèreut leurs premiers guides , et Sophie fit un présent à l'hôte , pour le dédommager de la contusion qu'il avait reçue dans la chute qu'elle lui avait fait faire en descendant de cjieval, et de ce qu'il avait souffert de la fureur et des ongles de sa femme de chambre. Ce fut dans ce moment que Sophie s'aperçut pour la première fois d'une perte qui lui causa quelque chagrin; c'était celle d'un billet de banque de cent livres sterling, que son père lui avait douné à leur dernière entrevue , et qui, sauf une somme bien légère, était le «eul trésor (ju'elle possédât pour le moment.

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