LIVRE xri
force à tenir tête à son hôte ou au curé Supple. Il avait pour s'excuser, sans déroger à son honneur, la fatigue violente qu'avait éprouvée son esprit , aussi bien que son corps. Dès la troisième bouteille, il était ivre en effet, et tellement anéanti, que quoiqu'on ne le portât au lit que long-temps après, le curé le considéra dès-lors comme absent ; et qu'après avoir instruit leur hôte de tout ce qui concernait Sophie, il profita de la circonstance pour l'engager à le seconder, lorsqu'il presserait le lendemain matin M. Western de retourner chez lui , ce qui lui fut promis.
Le lendemain matin, en effet, M. Western ne fut pas plus tôt réveillé, qu'il demanda un verre de sa boisson accoutumée et ses chevaux pour recommencer sa poursuite. M. Supple se mit aussitôt à l'eu dissuader, et leur hôte le seconda si utilement qu'ils l'emportèrent enfin, et que M. Western consentit à retourner chez lui; il céda surtout à cet argument : c'est qu'il ue savait quel chemin prendre, et qu'il pouvait tout aussi bien, tt plus probablement en core, s'éloigner de sa- fiîle que s'en rappro-
cher. Il prit alors congé de son confrère le chasseur, et après avoir témoigné une grande joie de ce que la gelée était finie ( autre motif non moins puissant que les autres pour lui faire hâter son retour), il 'se remit en route, ou plutôt il reprit celle du Somersetshire, non sans avoir d'abord dépêché une partie de sa suite à la recherche de Sophie, à laquelle il adressa, par la même occasion , les plus violentes imprécations.