LIVRE xir
arrêter le lecteur sur ce qui est commun à tous les maîtres d'auberge, mâles et femelles, il suffit de lui dire que Jones consentit enfin à rester, et à prendre quelques heures de repos, dont il faut convenir qu'il avait tjrand besoin, ayant à peine fermé l'œil depuis qu'il avait quitté l'auberge où il avait eu le malheur d'avoir la tête cassée.
Aussitôt que Jones eut pris la résolution de ne pas aller plus loin cette nuit, il se retira j)our se coucher avec ses deux compagnons de lit, le portefeuille et le manchon; mais Partiidge, qui s'était rafraîchi de temps en temps par quelques petits sommes, était plus disposé à manger qu'à dormir, et plus encore à boire qu'à toute autre chose.
L'orage que Grace avait fait naître étant alors tout-à-fait passé, et l'hôtesse réconciliée . avec l'homme aux marionnettes, qui de son côlé lui pardonna les réflexions indécentes, qu'elle s'était permises dans sa colère , sur la morale de ses pièces ; une apparence de paix (;t de tranquillité régna dans la cuisine, où liaient assis en rond autour du feu, l'hôte,
3l8 TOM JONES,
riiôtesse, le directeur de marionnettes, le clerc de procureur, le commis de l'excise et l'iiiijénieux M. Partridge. C'est en cette compagnie qu'eut lieu l'agréable conversation qu'on trouvera dans le chapitre suivant.