‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 2)Chapitre 158 sur 163 · I-'.VRK XII · texte numérisé non relu

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éîé prêts siir-le-cliamp, ce (jiii ne pouvait être, il paraissait tellement impossible d'atteindre le carrosse avant qu'il fût arrivé à Londres, que Partridge crut alors avoir. une occasion favorable de rappeler à son ami une* chose quïl semblait avoir absolument oubliée. Le lecteur la devinera sans doute , quaud nous l'aurons instruit que Joues n'avait mangé qu'un œuf poché, depuis son départ du cabaret où il avait rencontré pour la première fois le guide qui avait mené Sophie ; car avec les Égyptiens il n'avait nourri que sou esprit.

L'aubergiste fut de l'avis de M. Partridge. Aussitôt qu'il eut entendu ce dernier inviter son ami à rester pour dîner, il mit son mot dans la conversation, et rétractant la promesse qu'il avait faite de fournir des chevaux sur-le-champ, assura M. Jones qu'il ne perdrait pas de tems en commandant son diner, qui, lui dit-il , pourrait être servi bien long-temps avant qu'on eût ramené les chevaux des champs et qu'ils eussent mangé l'avoine.

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Jones y consentit enfin, déterminé siirtonl par le dernier argument de l'aubergiste. Aussitôt une épaule de mouton fut mise au feu. Tandis qu'elle cuisait, Partridge, admis dans le même appartement que son ami , ou autrement sou maitre , se mit à le haranguer de la manière suivante :

« Certainement, monsieur, si jamais homme mérita une jeune dame, vous méritez la jeune madame Western. Quelle abondante provision d'amour ne faut-il pas avoir en effet, pour pouvoir s'en nourrir, comme vous le faites, sans prendre aucune autre nourriture ! Je suis sûr que j'ai mangé trente fois autant que Votre Honneur dans ces dernières \ingt-quatre heures, et cependant je meurs presque de faim, car rien ne donne autant d'appétit que de voyager , surtout par un temps aussi froid. Et cependant je ne puis dire comment il se fait que Votre Honneur semble jouir dune santé parfaite: jamais vous ne m'avez paru ni mieux portant ni plus frais de votre vie. Il faut absolument que ce soit d'amour que vous viviez. »

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«c Et c'est aussi, Partridge, iin mets trèsnourrissant , répondit Jones. Mais la fortune ne m'en a-t-elie pas envoyé hier un excellent ? T'imagines-tu donc que je n'aie pas de quoi vivre pour plus de vingt-quatre heures avec ce cher portefeuille ? »

« Sans doute, s'écria Partridge, il y a dans ce portefeuille de quoi acheter des provisions pour faire beaucoup de bons repas. La fortune l'a envoyé à Votre Honneur bien à propos, car l'argent de Yotre Honneur doit être bien près de sa fin, »

«Que veux-tu dire.^ répliqua Jones, tu n'imagines pas, j'espère, que je sois assez malhonnête pour cela, même quand il appartiendrait à toute autre personne qu'à miss Western. »

«Malhonnête! reprit Partridge; le ciel me préserve de manquer à Votre Honneur à ce point. Mais où serait donc la malhonnêteté d'emprunter une petite somme pour la dépense courante, puisqu'il n'est pas douteux que vous pourrez la rendre par la suite à la jeune personne ? Sans contredit , je veux que Votre

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