‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 2)Chapitre 40 sur 163 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

tre autres un jeune et riche Squire et beaucoup d'autres personnes du premier rang. » Suzanne répondit que les deux gentilshommes irlandais occupaient rapparlemeot de

l'oiE SAUVAGE.

«' Est-il possible? dit l'hôtesse : pouiquoi donc ne gardez- vous pas quelques-unes des meilleures chambres pour les personnes de qualité, lorsque vous savez qu'il ne se passe pas un jour qu'il n'en vienne ici ? Mais si ce sont des gentilshommes , je ne doute point, lorsqu'ils sauront que c'est pour madame, qu'ils ne se lèvent et ue lui cèdent leur lit. »

« Non, dit la jeune dame, je ne souffrirai pas que l'on dérange personne. Si vous avez une chambre qui soit seulement propre, je m'en contenterai très -bien, quelque simple qu'elle soit. Je vous prie , madame, de ne pas vous donner tant d'embarras pour moi. — Oh! madame, s'écria l'hôtesse, j'ai plusieurs bonnes chambres de cette espèce, mais je n'en ai pas d'assez bonnespour madame. Cependant, puis- <pie vous avez la bonté de vous accommoder de la meilleure de celles qui me restent; Su-

zanne, allez sur-le-champ faire du feu dans la chambre de la rose. Madame veut-elle monter tout de suite, ou attendre que le feu soit allumé ? — J'ai suffisamment chaud, répondit la jeune dame; ainsi, je monterai, si vous voulez. Je crains d avoir été la cause que ces messieurs, et particulièrement monsieur (montrant Partridge), n'aient été trop loug-temps éloignés du feu : il m'est pénible de tenir quelqu'un loin du feu dans une saison si froide. » Elle sortit alors avec sa femme de chambre, précédée de l'hôtesse qui portait une chandelle à chaque main.

Dès que l'hôtesse fut de retour, la conversation s'établit dans la cuisine sur les charmes de la jeune dame. Il faut qu'il y ait dans la beauté, lorsqu'elle est aussi parfaite, un pouvoir irrésistible : l'hôtesse, quoique le refus de souper n'eût pas eu le don de lui plaire, déclara qu'elle n'avait jamais vu une si charmante créature. Partridge prodigua les éloges les plus extravagants à son visage, quoiqu'il ne pût s'empêcher d'en accorder quelques-uns à la broderie d'or qui brillait sur ses vêtements. Le postillon

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